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LVMH : un premier semestre 2025 difficile marqué par un recul des ventes mondiales

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  • Le leader mondial du luxe subit un coup d’arrêt.
  • LVMH a vu son chiffre d’affaires et son bénéfice plonger au premier semestre 2025, dans un climat économique tendu et face à une demande mondiale en berne.
  • La division mode et maroquinerie, pilier du groupe, est particulièrement touchée, tandis que certaines branches résistent mieux. Décryptage d’un semestre de turbulences.

   Le numéro un mondial du luxe accuse le coup. LVMH a dévoilé jeudi soir des résultats en nette baisse au premier semestre, confirmant les craintes nourries depuis plusieurs semaines par les analystes. Dans un contexte mondial incertain, marqué par le ralentissement de la consommation et les tensions géopolitiques, le groupe piloté par Bernard Arnault subit le contrecoup d’une demande en perte de vitesse.

   C’est sa division phare, mode et maroquinerie, qui plombe les comptes. Au deuxième trimestre, elle a vu ses revenus reculer de 9 % en données comparables, après déjà une baisse de 5 % au trimestre précédent. Une performance en net retrait par rapport aux attentes du marché, qui tablait sur un repli de 7 %.

Un signal préoccupant pour le portefeuille de marques du groupe dans le « soft luxury », selon la Royal Bank of Canada.

Des vents contraires sur tous les marchés

La conjoncture mondiale n’a rien arrangé. La demande en produits de luxe reste affectée par la prudence des consommateurs chinois, la baisse des dépenses des touristes américains en Europe, et l’incertitude persistante autour des droits de douane entre les États-Unis et l’Union européenne.

Par zones géographiques, les ventes ont plongé de 28 % au Japon, conséquence directe de la remontée du yen, moins favorable aux achats touristiques. En Asie hors Japon, la baisse atteint 6 %, tandis que l’Europe et l’Amérique du Nord résistent mieux, avec respectivement -1 % et une stabilité.

Repli du chiffre d’affaires, mais maîtrise des coûts

Au total, le chiffre d’affaires de LVMH s’établit à 39,8 milliards d’euros, en baisse de 3 % en organique sur le semestre. Le résultat net, lui, chute de 22 %, à 5,7 milliards d’euros, contre 7,3 milliards un an plus tôt. Le résultat opérationnel courant recule de 15 %, à 9 milliards, mais dépasse légèrement les attentes grâce à une bonne gestion des coûts.

« Le résultat opérationnel a surpris positivement, ce qui témoigne d’une certaine résilience dans un contexte défavorable », souligne le cabinet Bernstein.

Des divisions en meilleure forme

Si la mode souffre, d’autres divisions du groupe tirent leur épingle du jeu. Les pôles vins et spiritueux, ainsi que la distribution sélective (Sephora, duty-free), affichent des performances au-dessus des prévisions. Des signes encourageants, mais insuffisants pour compenser les faiblesses du cœur de métier.

Optimisme prudent du management

Malgré ces résultats mitigés, Bernard Arnault s’est voulu rassurant : « Nous abordons la seconde partie de l’année avec une grande vigilance, mais je suis confiant dans le formidable potentiel de LVMH à long terme. »

La directrice financière, Cécile Cabanis, estime de son côté que des avancées sur le dossier des droits de douane américains pourraient redonner de l’élan au secteur, tout en soulignant que l’environnement actuel constitue une opportunité pour optimiser la structure de coûts du groupe.

En parallèle, le groupe poursuit son développement en Amérique du Nord. Un nouvel atelier Louis Vuitton verra le jour au Texas, annonce Bernard Arnault dans Le Figaro. Objectif : répondre à une demande toujours soutenue sur le marché américain.

Marché prudent, réaction en demi-teinte

À Wall Street, l’ADR de LVMH cédait 2,6 % jeudi en fin de séance. La réaction des marchés parisiens ce vendredi donnera la mesure de la confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à redresser la barre.

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