- Réunis à l’Élysée jeudi 4 septembre, 26 pays de la « Coalition des volontaires » se sont formellement engagés à soutenir militairement l’Ukraine après un cessez-le-feu avec la Russie.
- Moscou a répliqué vendredi en rejetant toute garantie occidentale et en brandissant la menace de frapper d’éventuels déploiements alliés.
À l’issue du sommet coprésidé par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, la coalition — France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, mais aussi Canada, Australie, Japon, entre autres — a acté le principe d’une force de réassurance.
« La coalition s’est formellement engagée à déployer comme force de réassurance des troupes en Ukraine ou à être présents sur le sol, en mer ou dans les airs, le jour où le conflit s’arrête », a déclaré le président de la République.
« Cette force se déploiera dans le cadre d’un cessez-le-feu – pas sur la ligne de front, mais dans des géographies en train d’être définies – et elle vise à prévenir toute nouvelle agression majeure », a-t-il précisé, martelant qu’il ne s’agit pas « de mener quelque guerre contre la Russie ».
Des contributions à préciser, Rome temporise
Emmanuel Macron n’a pas détaillé les contributions pays par pays mais a cité l’Allemagne, l’Italie et la Pologne parmi les « contributeurs importants ». Dans le même temps, Giorgia Meloni a répété que l’Italie n’enverrait pas de troupes en Ukraine à ce stade. Berlin, Rome et Varsovie conditionnent d’ailleurs un engagement à un « filet de sécurité » robuste de Washington.
De son côté, le Royaume-Uni a appelé à intensifier l’effort pour ramener Moscou à la table. Il est « nécessaire d’augmenter la pression » sur Vladimir Poutine, qui « continue à repousser des négociations de paix et à mener des attaques scandaleuses sur l’Ukraine », a indiqué un porte-parole de Downing Street.
La contre-attaque du Kremlin : « cibles légitimes »
Dès vendredi matin, le Kremlin a opposé un veto à toute garantie militaire occidentale. « Les étrangers, en particulier les contingents militaires européens et américains, peuvent-ils fournir et garantir la sécurité de l’Ukraine ? Absolument pas, ils ne le peuvent pas », a déclaré Dmitri Peskov, estimant que la Russie devait elle aussi bénéficier de garanties et accusant les Européens d’entraver le règlement du conflit.
Depuis Vladivostok, Vladimir Poutine a durci le ton : « Si des forces, quelles qu’elles soient, y mettent les pieds, surtout maintenant au moment où des combats sont en cours, nous partirons du principe qu’elles seront des cibles légitimes » pour l’armée russe.
« Et si des décisions sont obtenues pour aboutir à la paix, à une paix durable, je ne vois tout simplement pas de sens à leur présence » sur le territoire ukrainien.
Sanctions : l’option européenne sur la table
Emmanuel Macron a affirmé que les Européens prendraient de nouvelles sanctions, « en lien avec les États-Unis », si Moscou persistait à refuser la paix. Paris évoque un « travail conjoint » avec Washington pour viser les pays qui soutiennent l’économie russe ou contournent les mesures punitives existantes.
Kyiv plaide pour un réseau industriel de défense
Dans un message vidéo, Volodymyr Zelensky a appelé à structurer une base industrielle de défense paneuropéenne :
« L’Europe a besoin d’un nouveau réseau de production de défense moderne, où les pays se soutiennent mutuellement et produisent une protection non seulement pour eux-mêmes, mais pour toute l’Europe. »
Interrogé sur l’ampleur de la future présence alliée en Ukraine, le président ukrainien a laissé entendre un dispositif significatif. Ces militaires devraient se compter « en milliers. C’est un fait, mais il est encore un peu tôt pour en parler », a-t-il déclaré.
Rappelons que l’option d’une force de réassurance était envisagée depuis la rencontre du 18 août à la Maison-Blanche entre Donald Trump, Volodymyr Zelensky et des alliés européens, selon l’Élysée.
