GNL russe : la Commission européenne veut avancer à 2027 l’interdiction des importations dans un 19ᵉ paquet de sanctions visant aussi flotte fantôme, crypto et banques.
La Commission européenne s’apprête à proposer l’interdiction des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance de Russie au 1er janvier 2027, soit un an plus tôt que le calendrier jusque-là évoqué. Selon Reuters, la mesure doit figurer dans un 19ᵉpaquet de sanctions contre Moscou lié à la guerre en Ukraine et être présentée aux États membres dans la journée.
Un paquet qui s’attaque aussi aux contournements
Au-delà du GNL, Bruxelles vise un ensemble de canaux utilisés pour éroder les sanctions : flotte “fantôme” de pétroliers, activités en cryptomonnaies, banques russes et d’Asie centrale, ainsi que raffineries chinoises et zones économiques soupçonnées de faciliter l’importation par la Russie de biens à double usage. Objectif : colmater les brèches constatées sur le pétrole et les équipements sensibles.
L’accélération du calendrier a gagné en priorité après un appel mardi entre la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le président américain Donald Trump, qui presse l’UE de tarir plus vite ses achats d’énergie russe. Bruxelles avait déjà limité les transbordements de GNL russe en Europe ; elle franchit désormais un cap en visant les importations elles-mêmes.
Dépendance en recul, mais le GNL reste la faille
La part du gaz russe dans les importations de l’UE a chuté depuis 2021 : pour le gaz par gazoduc, elle est passée de plus de 40 %à ~11 % en 2024 ; pour l’ensemble gazoducs + GNL, la Russie pesait moins de 19 % en 2024. Cette baisse tient à la sobriété et à la montée du GNL alternatif (États-Unis, Qatar, etc.).
En 2024, l’UE a toutefois encore importé 52 milliards de m³ (bcm) de gaz russe, dont 20 bcm de GNL. Et au T2 2025, la Russie fournissait encore ~14 % des importations européennes de GNL, avec la France et la Belgique parmi les principaux points d’entrée.
Ce que changerait une interdiction au 1er janvier 2027
Approvisionnement : l’UE a fortement augmenté ses capacités de terminaux GNL depuis 2022 et diversifié ses contrats, mais devra remplacer les volumes russes (États-Unis, Qatar, Algérie, Norvège) et maintenir la maîtrise de la demande.
Marché & prix : un retrait accéléré du GNL russe pourrait tendre les prix en cas d’hiver rigoureux, même si les arrivées américaines ont déjà pris le relais d’une partie des volumes.
Application : le ciblage accru de la flotte fantôme et des circuiteries financières vise à rendre l’embargo opérationnel, en limitant les reventes via pays tiers.
Les sanctions européennes exigent l’unanimité des Vingt-Sept. La proposition de la Commission ouvrira une négociation express entre capitales, avec des États encore très exposés au gaz russe cherchant des garanties sur la sécurité d’approvisionnement et la transition contractuelle des énergéticiens.
