- CMA CGM franchit une nouvelle étape stratégique en mettant la main sur Freightliner UK Intermodal Logistics, leader du fret ferroviaire au Royaume-Uni.
- Cette acquisition, attendue début 2026, propulse l’armateur marseillais au rang d’acteur incontournable de l’intermodalité en Europe
En misant sur le rail pour consolider ses chaînes logistiques, CMA CGM renforce sa stratégie d’intégration verticale. L’armateur français, troisième transporteur maritime mondial, a annoncé lundi le rachat de Freightliner UK Intermodal Logistics, leader du fret ferroviaire outre-Manche. L’opération, dont le montant n’a pas été communiqué, doit être bouclée début 2026.
Un périmètre concentré sur le Royaume-Uni
La transaction porte exclusivement sur les activités intermodales de Freightliner au Royaume-Uni. Les autres entités du groupe Freightliner — présentes aux Pays-Bas et en Pologne (fret ferroviaire), ainsi qu’en Allemagne (trains de marchandises et de voyageurs) — ne sont pas concernées.
Sur le périmètre acquis, le chiffre d’affaires de Freightliner atteint environ 300 M£ (soit 344 M€). En 2024, l’opérateur a transporté 770 000 conteneurs sur le marché britannique.
Pour le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, cette opération dépasse largement le simple rachat d’un acteur ferroviaire. Elle s’inscrit dans une logique de continuité et d’intégration des différents modes de transport.
« L’acquisition de Freightliner, un opérateur majeur du fret ferroviaire, renforce notre présence intermodale au Royaume-Uni, un marché stratégique pour CMA CGM », explique-t-il.
Avant d’ajouter que cette alliance permettra de « connecter mer, rail et route plus efficacement » et qu’elle constitue aussi « une étape concrète vers le développement des transports à faible émission de CO₂ pour le commerce mondial ».
Intermodalité : un levier de compétitivité et de décarbonation
Avec ce rapprochement, CMA CGM devient un acteur-clé du rail britannique et étoffe son offre porte-à-porte. La combinaison mer–rail–route doit fluidifier les flux entre les grands ports du pays et l’hinterland, tout en réduisant l’empreinte carbone des chaînes d’approvisionnement.
Cette orientation répond aux attentes des chargeurs, pressés par les objectifs ESG, et s’inscrit dans la volonté de l’armateur de diversifier ses revenus pour amortir la cyclicité du maritime.
Une stratégie assumée
Cinquième acteur mondial de la logistique, CMA CGM veut contrebalancer les aléas du transport océanique. L’année a été marquée par des incertitudes sur les droits de douane et un contexte géopolitique tendu, notamment en mer Rouge, perturbant les routes et les délais.
Au deuxième trimestre, le groupe a enregistré un bénéfice net en baisse de 21 %, à 521 M$ (soit 442 M€), pour un chiffre d’affaires stable de 13,17 Md$ (environ 11 Md€). Basé à Marseille, CMA CGM exploite plus de 650 navires et 60 terminaux portuaires dans 30 pays, seuls ou en coentreprise.
