- Sans gouvernement arrêté, le Premier ministre multiplie les entretiens avec syndicats, patronat et formations politiques pour arracher un accord budgétaire au Parlement.
- À l’issue d’un rendez-vous jugé insatisfaisant, l’intersyndicale prépare une journée d’action le 2 octobre.
Sébastien Lecornu n’a pas encore composé son gouvernement, mais il avance sur le terrain politique. Mardi 23 septembre, le Premier ministre a réuni pour la troisième fois les partis de son « socle commun » — du centre à la droite — dans l’espoir de sceller une base d’entente avant d’ouvrir la porte à un compromis avec le Parti socialiste. Objectif : sécuriser une majorité d’appoint pour faire adopter le budget au Parlement et écarter le spectre d’une censure.
Dans la matinée, Matignon a reçu l’intersyndicale à 10 heures ; dans l’après-midi, ce sont les représentants du patronat — Medef, CPME et U2P — qui ont été auditionnés, selon l’entourage du chef du gouvernement.
Depuis New York, au micro de BFM TV Emmanuel Macron a apporté son soutien à la stratégie patiente de son Premier ministre. « Il y a un travail qui est fait par le Premier ministre, et il est normal qu’il prenne le temps, il a raison », a déclaré le président de la République.
« Ce travail est fait dans le respect de toutes les forces politiques, dans l’exigence, encore une fois, parce qu’il y a une situation (qui) n’a pas disparu début septembre dernier avec la censure du gouvernement de François Bayrou qui s’était beaucoup engagé pour redresser les choses », a expliqué le président en rappelant le contexte politique du pays.
Les syndicats haussent le ton après la rue
Portée par une journée de mobilisation d’ampleur — 500 000 manifestants selon les autorités, plus d’un million selon les organisateurs —, l’intersyndicale avait posé vendredi dernier un ultimatum au gouvernement : l’abandon de l’ensemble du projet de budget présenté cet été par François Bayrou, ainsi que du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
À la sortie de Matignon, la déception domine. « Nous attendions une réponse claire », a indiqué Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, devant la presse.
« Le Premier ministre n’a apporté aucune réponse claire aux attentes des travailleurs. Nous voulions notamment la copie de départ du projet de loi de finances et du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, que nous n’avons pas obtenue », a-t-elle déclaré
Pour l’intersyndicale, c’est une occasion manquée. Le compte n’y est pas. Conséquence : une nouvelle journée de mobilisation est annoncée pour le jeudi 2 octobre, une date qui doit être confirmée dans la soirée « après consultation d’instances par certaines organisations syndicales ».
Le patronat consulté, la majorité introuvable
Les organisations patronales — Medef, CPME, U2P — sont reçues dans l’après-midi pour faire remonter leurs priorités : visibilité fiscale, stabilité des charges, préservation de l’investissement et de l’emploi. Reste au Premier ministre à transformer cette série de consultations en trajectoire budgétaire lisible et en coalition parlementaire viable.
Le nœud budgétaire
Au cœur des tractations : la trajectoire de dépenses et d’économies, la fiscalité des ménages et des entreprises, ainsi que le financement de la Sécurité sociale. Le tout dans un calendrier resserré où la rue et l’hémicycle se répondent : test social le 2 octobre, test parlementaire lors des premiers votes budgétaires.
