- Fitch et Moody’s viennent de saluer la trajectoire budgétaire espagnole en relevant la note du pays à A et A3 — un niveau inédit depuis plus d’une décennie.
- Madrid récolte ainsi le fruit d’une politique budgétaire rigoureuse et d’une croissance supérieure à la moyenne européenne.
En l’espace de deux semaines, l’Espagne a enregistré trois relèvements de sa note souveraine. Grâce à un déficit public maîtrisé, une dette en repli et une croissance dynamique, Madrid regagne la confiance des marchés internationaux. Un contraste saisissant avec d’autres grands pays européens à la trajectoire plus incertaine.
Le vendredi 27 septembre, Fitch Ratings a relevé la note souveraine espagnole à A, suivie de Moody’s avec une notation A3, la meilleure depuis 2012. Deux semaines auparavant, S&P Global Ratings avait déjà procédé à une amélioration similaire.
En clair, les trois principales agences de notation internationales reconnaissent l’amélioration structurelle de l’économie espagnole. « Les trois relèvements de notation en à peine deux semaines témoignent de la confiance dans notre croissance et des bonnes perspectives de notre économie », s’est félicité le ministre de l’Économie Carlos Cuerpo, soulignant que cette dynamique « attirera beaucoup plus d’investisseurs vers nos émissions de dette ».
Des fondamentaux budgétaires en nette amélioration
L’un des piliers du redressement espagnol réside dans la solidité retrouvée de ses finances publiques. Après plusieurs années de déséquilibres persistants, Madrid est parvenue à ramener son déficit public sous la barre des 3 % du PIB en 2024, respectant ainsi les critères européens de stabilité budgétaire. Parallèlement, la dette publique a poursuivi sa décrue pour s’établir à 101,8 % du PIB, un niveau nettement inférieur à celui de nombreux pays de la zone euro.
Cette trajectoire favorable s’appuie sur une croissance économique particulièrement vigoureuse : le produit intérieur brut a progressé de 3,5 % l’an passé, soit près de trois fois le rythme enregistré en France (+1,2 %). Cette combinaison — croissance soutenue, maîtrise du déficit et désendettement — constitue un signal fort envoyé aux marchés financiers et aux agences de notation, qui y voient la preuve d’une gestion économique crédible et d’une trajectoire soutenable à moyen terme.
Madrid séduit à nouveau les investisseurs
Cette amélioration des fondamentaux se traduit déjà par un regain tangible de confiance des investisseurs internationaux. En retrouvant une notation souveraine de catégorie « A », l’Espagne renforce sa crédibilité sur les marchés obligataires. Une meilleure note signifie concrètement un coût de financement plus faible pour l’État espagnol, car la prime de risque exigée par les investisseurs diminue.
Cette situation attire de nouveaux acheteurs de dette souveraine, notamment des fonds institutionnels étrangers qui privilégient les signatures solides et stables. Elle facilite également la réussite des émissions obligataires, y compris sur des maturités longues, dans un contexte où la Banque centrale européenne réduit progressivement ses interventions. Pour Madrid, il s’agit d’un cercle vertueux : la confiance accrue des marchés abaisse les coûts d’emprunt, ce qui à son tour libère des marges de manœuvre budgétaires pour poursuivre les réformes et consolider la croissance.
Cette amélioration intervient à un moment clé : la Banque centrale européenne réduit progressivement ses achats de dette, rendant cruciale la confiance des marchés privés.
L’Espagne, longtemps perçue comme un maillon fragile lors de la crise de la dette souveraine (2010–2012), se distingue aujourd’hui par sa résilience économique. Son taux de croissance surpasse celui de l’Allemagne, de la France et de l’Italie, tout en respectant les règles budgétaires européennes.
