18.5 C
Paris
mercredi, avril 29, 2026
AccueilActualitéTotalEnergies : 5,8 milliards de dollars de bénéfice au premier trimestre, dopé...

TotalEnergies : 5,8 milliards de dollars de bénéfice au premier trimestre, dopé par le pétrole et le trading

Date:

  • Porté par la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies a publié des résultats trimestriels en forte hausse.
  • Le groupe a dégagé un bénéfice net IFRS de 5,8 milliards de dollars entre janvier et mars, tout en confirmant la solidité de son modèle intégré dans le pétrole, le gaz et l’électricité.

   TotalEnergies a signé un premier trimestre particulièrement solide. Le géant français de l’énergie a publié un résultat net IFRS de 5,8 milliards de dollars, tandis que son résultat net ajusté atteint 5,4 milliards de dollars. Le groupe a également généré un cash-flow de 8,6 milliards de dollars.

Pour Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, ces résultats démontrent la « capacité à capturer la hausse des prix grâce à un portefeuille intégré de business performants et diversifiés dans le pétrole, le gaz et l’électricité ».

Une production en hausse malgré la guerre au Moyen-Orient

Le conflit au Moyen-Orient a pourtant pesé sur les opérations du groupe. TotalEnergies estime ses pertes de production dans la région à environ 100.000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne sur le trimestre, soit près de 15 % de son activité pétrogazière régionale.

Mais cette baisse a été compensée par la progression de la production ailleurs dans le monde. La production Oil & Gas s’est établie à 2,553 millions de barils équivalent pétrole par jour, en hausse organique de 4 % sur un an, portée notamment par les projets Lapa SW au Brésil et Mabruk en Libye.

Le trading profite de la volatilité

La forte volatilité des marchés a également soutenu les résultats. Les activités de négoce de brut, de produits pétroliers et de gaz naturel liquéfié ont enregistré une très bonne performance. « TotalEnergies a pleinement profité des avantages de la hausse des prix du pétrole brut, ainsi que d’une solide performance commerciale« , a écrit Barclays dans une récente note.

Selon le groupe, ses traders ont pu tirer « parti de la volatilité des marchés », dans un contexte marqué par les tensions autour du détroit d’Ormuz.

Le gaz naturel liquéfié et l’aval soutiennent les comptes

Le secteur Integrated LNG a dégagé un résultat opérationnel net ajusté de 1,3 milliard de dollars et un cash-flow de 1,8 milliard de dollars, porté par une hausse de 12 % de la production de GNL.

L’aval a lui aussi contribué à la performance, avec un résultat opérationnel net ajusté de 1,9 milliard de dollars et un cash-flow de 2,1 milliards de dollars. Les raffineries ont retrouvé une pleine efficacité opérationnelle, avec un taux d’utilisation supérieur à 90 %, permettant au groupe de capter les marges exceptionnelles observées en mars.

Des prix élevés attendus au deuxième trimestre

TotalEnergies ne prévoit pas de détente rapide sur les marchés. « Compte tenu du délai de remise en service des installations de production au Moyen-Orient (2 à 3 mois), les prix devraient se maintenir à un niveau élevé durant le deuxième trimestre », indique le groupe.

La compagnie estime également que l’impact du conflit sur les stocks mondiaux d’hydrocarbures conduit à écarter, pour l’heure, le scénario d’un surplus en 2026.

De leurs côtés, les analystes anticipent eux aussi des effets durables. Selon Morgan Stanley, « il est peu probable que le marché pétrolier revienne à la situation qui prévalait avant le récent conflit ».

« Quelle que soit la tournure que prendront les événements à partir de maintenant, les quatre dernières semaines ont modifié la façon dont les investisseurs doivent envisager le détroit d’Ormuz, les capacités de production de réserve et l’importance d’un approvisionnement pétrolier sûr », ajoute la banque américaine.

L’électricité et les renouvelables poursuivent leur montée en puissance

Au-delà des hydrocarbures, TotalEnergies poursuit sa diversification dans l’électricité. Le secteur Integrated Power a généré un résultat opérationnel net ajusté de 0,5 milliard de dollars et un cash-flow de 0,6 milliard de dollars.

Le groupe indique avoir mis en service 8 GW d’énergies renouvelables sur les douze derniers mois. La finalisation de la transaction avec EPH doit aussi accélérer sa stratégie d’intégration gaz-électricité en Europe.

En revanche, ces bénéfices élevés pourraient raviver le débat sur les superprofits dans le secteur énergétique. Alors que les prix à la pompe restent sous pression, la performance des majors pétrolières nourrit de nouveau les discussions sur la contribution exceptionnelle des groupes ayant profité de la crise.

Les plus populaires