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mercredi, avril 15, 2026
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Exportations françaises : l’aéronautique tire la reprise malgré un accroc de septembre

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  • La dynamique exportatrice française s’est confirmée au troisième trimestre 2025, portée par l’aéronautique et une meilleure tenue des ventes vers les États-Unis.
  • En septembre, un léger trou d’air apparaît, mais la tendance de fond reste favorable.

   Malgré un déficit commercial qui remonte à 6,1 milliards d’euros en septembre, la France voit ses exportations rester le moteur du redressement au T3 2025. L’aéronautique retrouve son niveau d’avant-crise, soutient la croissance et compense en partie les tensions commerciales avec Washington.

Sur douze mois, le déficit commercial recule de 2,1 milliards d’euros, signe d’un amélioration structurelle tirée par les ventes à l’étranger. En septembre, l’équilibre mensuel se dégrade — importations +200 M€, exportations –100 M€ — mais l’image d’ensemble reste positive :

« Le déficit énergétique de la France a atteint 3,9 milliards d’euros en septembre », précisent les douanes, confirmant que l’énergie demeure l’angle mort qui masque la vigueur exportatrice hors énergie.

T3 2025 : un trimestre porté par le rebond des ventes

Au troisième trimestre 2025, le solde FAB/FAB s’est redressé de 4,5 milliards d’euros pour s’établir à –17,4 milliards. Cette amélioration s’explique avant tout par le dynamisme des exportations, « due à une hausse des exportations (+4,1 %) plus vive que celle des importations (+0,9 %) ».

En clair, la demande internationale pour les produits français progresse plus rapidement que la demande intérieure pour les biens importés.

Aéronautique : la locomotive qui tracte l’ensemble

Le cœur de la reprise se situe dans l’aéronautique, dont les exportations bondissent de 24 % sur le trimestre.

« Les exportations aéronautiques sont en nette hausse et retrouvent leur niveau d’avant crise sanitaire« , soulignent les douanes.

Ce sursaut profite pleinement au marché américain : +17 % vers les États-Unis sur les neuf premiers mois de l’année. Mieux, ce dynamisme a contribué à la croissance du PIB à hauteur de 0,9 point au T3, confirmant l’effet d’entraînement du secteur sur l’économie.

États-Unis : des ventes qui résistent aux droits de douane

Malgré une série de droits de douane additionnels imposés depuis le printemps par l’administration Trump — 25 % sur l’acier et l’aluminium, 15 % sur l’automobile, 10 % sur l’ensemble des produits européens, avant un accord de plafonnement en août —, les exportations françaises tiennent la ligne. Les douanes observent que « les exportations de la France vers les États-Unis semblent mieux résister aux effets des droits de douane que celles de ses partenaires européens ».

Sur les trois premiers trimestres de 2025, les exportations françaises vers les États-Unis progressent de 2 % sur un an, un résultat « tributaire du dynamisme des exportations aéronautiques ». Sans l’apport déterminant de ce secteur, le bilan serait bien moins favorable, puisque « les exportations totales de la France diminuent de 2 % ».

Luxe et boissons : talon d’Achille des ventes à l’étranger

La performance globale reste contrastée : certaines filières exportatrices souffrent. Les vins, champagne et cognac reculent de 12 % sur un an, quand les parfums et cosmétiques cèdent 17 %. Ces segments, sensibles aux prix et aux arbitrages des distributeurs, absorbent plus durement l’effet des tarifs et des taux de change.

Change et géopolitique : des vents contraires… et quelques appuis

Les annonces tarifaires américaines ont également eu un impact notable sur le change : « un effet collatéral très important des annonces de mesures tarifaires du président Trump a été la dépréciation très significative du dollar », qui a perdu plus de 13 % face à l’euro entre janvier et septembre.

Cette évolution a atténué pour les importateurs américains le renchérissement lié aux droits de douane, contribuant ainsi à la résilience de certaines exportations françaises.

Parallèlement, la guerre commerciale entre Washington et Pékin redessine les flux mondiaux : la Chine a réduit de 26 % ses exportations vers les États-Unis et « semble avoir réorienté une partie de ses exportations destinées aux États-Unis vers le reste du monde », notamment vers l’Europe et l’Asie du Sud-Est, un jeu de vases communicants qui reconfigure la compétition sur plusieurs marchés clés pour les exportateurs français.

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