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mardi, février 17, 2026
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Déploiement de soldats français au Groenland : l’Europe soutient le Danemark face aux menaces de Donald Trump

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  • La France confirme l’envoi de militaires au Groenland dans le cadre d’une mission européenne de reconnaissance.
  •  Objectif : afficher un soutien concret au Danemark, alors que Donald Trump revendique le territoire au nom de la sécurité.

    Acté mercredi 14 janvier, le déploiement de petits détachements européens — français, norvégiens, suédois et allemands — s’inscrit dans l’exercice danois Arctic Endurance. Une réponse stratégique à l’offensive verbale de Washington, où Donald Trump assure vouloir s’emparer de l’île, « par la manière douce ou par la manière forte ».

Paris confirme une participation française à l’exercice Arctic Endurance

Le principe d’un déploiement de soldats européens, et notamment français, sur le territoire arctique convoité par Donald Trump a été acté mercredi 14 janvier. Tard dans la soirée, Emmanuel Macron a confirmé que la France participerait à cette mission militaire européenne, présentée comme une mission de reconnaissance entrant dans le cadre d’un exercice danois, Arctic Endurance.

« De premiers éléments militaires français sont d’ores et déjà en chemin, d’autres suivront », annonce le chef de l’État, officialisant une contribution française qui se veut à la fois opérationnelle et politique.

Une coalition limitée en effectifs, lourde de symbole

Outre la France, la Norvège, la Suède et l’Allemagne vont déployer du personnel « en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région », précise le ministère allemand de la Défense. Les chiffres annoncés confirment l’orientation : pas de montée en puissance massive, mais des détachements ciblés.

Le contingent allemand doit atteindre 13 militaires, la Suède évoque « quelques officiers », tandis que la Norvège en déploie deux. Un format réduit qui n’envoie pas moins un message clair : l’Europe entend soutenir Copenhague dans une zone devenue, en quelques jours, un point de crispation diplomatique majeur.

Trump maintient la pression : « priorité de sécurité nationale »

Si la manœuvre est officiellement arrimée à un exercice, elle intervient dans un climat de tension alimenté par la Maison Blanche. Donald Trump continue d’afficher son ambition de s’emparer du territoire et répète que cela pourrait se faire « par la manière douce ou par la manière forte ». Ces derniers jours, il a multiplié les propos méprisants et les menaces à peine voilées, martelant que l’acquisition du Groenland constitue une « priorité de sécurité nationale ».

Ce durcissement change l’équation politique : le soutien européen, même modeste sur le plan des effectifs, prend une dimension stratégique en réponse à une revendication de plus en plus explicite.

Réunion de crise à Washington : « désaccord fondamental »

Mercredi 14 janvier, le ministre danois des Affaires étrangères a confirmé la gravité de la situation à la sortie d’une réunion de crise à la Maison Blanche, où il était accompagné de son homologue groenlandais. Face à eux : le secrétaire d’État Marco Rubio et le vice-président JD Vance, invité de dernière minute à une discussion décrite comme teintée d’hostilité.

« Il est clair que le président américain souhaite conquérir le Groenland », a résumé le chef de la diplomatie danoise. Constat d’autant plus lourd qu’à l’issue de l’entretien, il a évoqué « toujours un désaccord fondamental », tout en confirmant que des discussions allaient se poursuivre « pour répondre aux préoccupations sécuritaires américaines ».

Sécurité, Russie, Chine : l’argument américain contesté par Copenhague

La sécurité reste l’argument central mis en avant par Washington pour justifier ses velléités. La Maison Blanche nourrit le fantasme d’une présence russe et chinoise le long des côtes groenlandaises et affirme que le Danemark ne serait pas en mesure de gérer cette menace.

Pour la première fois mercredi, Donald Trump a même relié ce dossier à un vaste projet américain de bouclier antimissiles, le Dôme d’or, pour réaffirmer son appétit pour « la plus grande île du monde ». Copenhague conteste toutefois le scénario brandi par Washington : « Il n’y a ni navires ni investissements chinois au Groenland », a répliqué la diplomatie danoise, consciente de participer à un bras de fer politique, mais inquiète de s’être retrouvée dans le viseur d’une Maison Blanche peu tendre avec ses alliés traditionnels.

Dans ce contexte, le soutien européen apparaît comme un appui opportun, alors que Donald Trump dit se montrer persuadé qu’une « solution sera trouvée ».

Conseil de défense à l’Élysée : Groenland et Iran au même agenda

La séquence diplomatique s’est doublée d’un volet intérieur. Un Conseil de défense a été convoqué en urgence jeudi matin à l’Élysée, consacré aux manifestations en Iran réprimées par les autorités et aux menaces américaines de prise de contrôle du Groenland.

Ce Conseil de défense, présidé par Emmanuel Macron et réunissant les ministres concernés, se tient alors que Donald Trump laisse planer la possibilité de frappes contre l’Iran, et après la réunion entre le Danemark et les autorités américaines consacrée au Groenland qui s’est conclue sur un « désaccord fondamental », selon le chef de la diplomatie danoise.

À l’issue de ce conseil, le chef de l’État doit se rendre sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône) pour y présenter ses vœux aux armées. Il devrait à cette occasion évoquer le déploiement de militaires français dans le cadre de l’exercice européen au Groenland — une opération limitée en volume, mais devenue, en quelques heures, un marqueur politique majeur face aux pressions américaines.

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