- Le Livret A, placement préféré des Français, va rapporter moins dès le 1er février.
- Le gouvernement assume une baisse “encadrée” et met en avant la protection du pouvoir d’achat, dans un contexte de nette décrue de l’inflation.
Le taux de rémunération du Livret A passera de 1,7% à 1,5% à compter du 1er février, a annoncé jeudi 15 janvier le ministre de l’Économie Roland Lescure. La baisse, directement liée au ralentissement de l’inflation, a été “limitée” par rapport à la formule de calcul. Le Livret d’épargne populaire (LEP), destiné aux ménages modestes, est maintenu à 2,5%, afin de préserver un avantage marqué pour les épargnants éligibles.
Le Livret A recule à 1,5% dès le 1er février
C’est une annonce qui concerne des millions d’épargnants. Le taux du Livret A passera de 1,7% à 1,5% à partir du 1er février, a indiqué le ministre de l’Économie Roland Lescure, ce jeudi 15 janvier. Dans un communiqué, le locataire de Bercy a défendu une décision présentée comme un compromis entre rendement de l’épargne et contexte économique :
« Le Livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé », a-t-il déclaré.
Le ralentissement de l’inflation au cœur du calcul
Le taux du Livret A, référence de l’épargne réglementée en France, est déterminé à partir d’une formule qui prend en compte, d’une part, un taux lié à la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et, d’autre part, l’inflation hors tabac du deuxième semestre 2025.
Or c’est précisément cette composante inflation qui pèse aujourd’hui sur la rémunération : la hausse des prix a fortement ralenti ces derniers mois. Roland Lescure s’est appuyé sur les derniers chiffres disponibles : « Afin de rester au plus près de la réalité économique du pays, en particulier, évidemment, du niveau d’inflation, ce que l’Insee a fait ce matin, 0,8% sur un an. Il y a un an, le même chiffre était aux alentours de 1,4%. »
Un “arrondi à la hausse” pour limiter la baisse
Si la formule de calcul avait été appliquée strictement, le taux du Livret A aurait été plus bas. C’est l’argument du pouvoir d’achat qui a conduit le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à proposer de « limiter la baisse » en recommandant un taux de 1,5%, alors que la formule donnait 1,4%. Le gouverneur dispose en effet d’un pouvoir de dérogation lorsqu’il le juge nécessaire, exercé en concertation avec Bercy.
« Sur cette base et dans la suite de ces recommandations du gouverneur de la Banque de France, j’ai décidé de fixer le taux du livret A à 1,5% à compter du 1er février. Nous avons appliqué la formule en l’arrondissant à la hausse, a indiqué le ministre de l’Économie lors d’un brief presse ce jeudi en précisant que « la formule stricte donnait plutôt 1,4% »
« J’ai souhaité qu’on puisse arrondir à 1,5%. Mais c’est une information importante. Il reste au-dessus de l’inflation puisque l’inflation est à 0,8% sur un an », a-t-il ajouté.
Ce pouvoir dérogatoire n’est pas inédit. Il avait déjà été utilisé entre août 2023 et janvier 2025, mais dans un sens défavorable aux épargnants : le taux du Livret A était resté pendant 18 mois inférieur à celui qu’aurait produit l’application stricte de la formule.
Un levier pour le logement social, selon Bercy
Au-delà du rendement servi aux ménages, l’exécutif insiste également sur l’impact de l’épargne réglementée dans le financement de l’économie, notamment du logement social, largement adossé aux fonds centralisés. Roland Lescure met en avant cet effet indirect : « Ça permet évidemment aussi de donner un petit coup de pouce au financement du logement social. L’industrie de la construction en a bien besoin. »
LEP à 2,5% : “un avantage marqué pour les plus modestes”
Dans le même temps, le gouvernement choisit de maintenir un différentiel clair pour les épargnants modestes : le taux du LEP sera fixé à 2,5%. Le ministre insiste sur la volonté de préserver l’écart d’un point avec le Livret A : « Un point important sur le livret d’épargne populaire. J’ai tenu à conserver un avantage marqué pour les plus modestes », a-t-il déclaré.
« Le livret d’épargne populaire sera de 2,5% en rendement annuel. On garde 1% d’écart. Il est exonérant d’impôts, est accessible aux foyers les plus modestes (…) C’est un peu plus de 11 millions de personnes qui en possèdent. Il y a 30 millions de Français qui sont éligibles », précise Roland Lescure
“Je les engage à se rapprocher de leur banque” : appel aux éligibles
Dernier message adressé aux ménages concernés : le LEP reste encore souscrit par rapport au nombre de personnes éligibles. Roland Lescure appelle donc les Français répondant aux critères à entreprendre les démarches :
« Évidemment, j’engage les Français qui sont éligibles, qui sont sous des conditions de revenus qui permettent d’y avoir assez, à peu près 22 000 euros par personne et un peu plus de 30 000 par foyer, de se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret », recommande -t-il.
