- Après avoir déjà supprimé 27 000 emplois en 2023, Amazon enclenche une nouvelle coupe mondiale de 16 000 postes.
- Le géant du e-commerce invoque la lutte contre « la bureaucratie », une réorganisation interne et la nécessité de financer sa course aux investissements dans l’intelligence artificielle, tout en promettant un accompagnement et des recrutements ciblés.
Le couperet tombe à nouveau chez Amazon. Le géant américain du e-commerce va supprimer 16 000 emplois dans le monde, alors que 27 000 postes avaient déjà été supprimés en 2023. Une décision confirmée par la direction dans un message adressé aux salariés ce mercredi, rapporté par l’AFP.
« Nous travaillons pour soutenir toutes les personnes dont le poste est touché », assure l’entreprise. Et, « dans la mesure du possible », certains employés se verront proposer un poste alternatif, ajoute Amazon, qui affirme vouloir limiter l’impact social de cette nouvelle phase de restructuration.
Une restructuration après les embauches massives de la période Covid
Selon BFM, cette nouvelle réduction d’effectifs s’explique aussi par un contrecoup de la pandémie : l’entreprise aurait trop recruté pendant le Covid-19, avant de devoir aujourd’hui ajuster sa structure. Cette logique de correction pourrait même s’amplifier.
Toujours d’après nos confrères, Amazon pourrait aller plus loin et supprimer jusqu’à 30 000 postes administratifs. Des coupes qui viseraient plusieurs périmètres : ressources humaines, commerce en détail, mais aussi Prime Video ou Amazon Web Services (AWS).
L’orientation avait été annoncée. En juin 2025, le patron d’Amazon avait prévenu qu’il faudrait réduire les coûts, alors que le groupe est engagé dans une compétition d’investissements colossaux dans l’intelligence artificielle. Selon lui, le développement de l’IA « allait dans les prochaines années (…) réduire nos effectifs de bureaux« .
Quelques mois plus tard, l’entreprise passait aux actes. Fin octobre, Amazon annonçait déjà que 14 000 postes allaient être supprimés dans le monde, sans préciser les zones géographiques concernées. La mesure s’inscrivait dans une stratégie de transformation interne, présentée comme une « réduction globale (…) s’inscrivant dans la continuité des efforts pour devenir plus fort encore, en particulier davantage la bureaucratie ».
Amazon nie des licenciements à intervalles réguliers
Ces annonces répétées nourrissent toutefois un climat d’incertitude. La direction a donc cherché à clarifier sa trajectoire.
« Certains d’entre vous pourraient se demander si cela marque le début d’un nouveau rythme – où nous annoncerions des licenciements tous les quelques mois. Ce n’est pas notre plan », a déclaré Beth Galetti, vice-présidente senior de l’expérience des employés et de la technologie chez Amazon.
Mais la dirigeante avait aussi, il y a quelques mois, assumé l’existence d’autres pistes de réduction pour l’année suivante : ces premières suppressions d’emploi permettraient « de continuer à recruter dans des domaines stratégiques clés tout en identifiant d’autres occasions de supprimer des postes » en 2026.
Pour expliquer cette seconde vague, Amazon met en avant plusieurs objectifs : supprimer « la bureaucratie », améliorer l’organisation et « accroître la responsabilisation ». Le groupe insiste néanmoins sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un arrêt des embauches.
Beth Galetti a confirmé qu’Amazon continuerait de recruter dans les « fonctions stratégiques qui sont essentielles à notre avenir », à mesure que l’entreprise réoriente ses priorités autour de l’IA, des services cloud et de l’automatisation.
Amazon demeure l’un des plus gros employeurs privés au monde, avec 1,58 million de salariés. Mais cette nouvelle coupe revêt une dimension sensible : les postes administratifs visés représenteraient environ 10% du total.
Dans un secteur bouleversé par l’essor de l’intelligence artificielle et de la robotique, Amazon fait face à une équation complexe : continuer d’investir massivement dans les technologies du futur tout en simplifiant sa structure, au risque de fragiliser une partie de ses équipes de bureau. Une transformation qui, à ce stade, se traduit par un nouveau plan de suppression de postes — et la perspective d’autres ajustements à venir.
