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jeudi, mars 12, 2026
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Shein : l’UE ouvre une enquête sur la vente de produits illégaux et l’opacité des recommandations

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  • La Commission européenne a ouvert mardi une enquête contre Shein après la mise en vente sur sa plateforme de poupées sexuelles d’apparence enfantine.
  •  Bruxelles soupçonne le géant du e-commerce d’infractions au règlement sur les services numériques (DSA), qui pourrait lui valoir une amende allant jusqu’à 6% de son chiffre d’affaires annuel.
  •  Au-delà des produits illégaux, l’UE cible aussi des fonctionnalités jugées « addictives » et le manque de transparence de l’algorithme de recommandation.

   L’Union européenne a annoncé l’ouverture d’une enquête contre Shein, dans le sillage d’un scandale lié à la commercialisation sur le site de poupées sexuelles d’apparence enfantine. La Commission européenne, chargée de la procédure, soupçonne la plateforme d’avoir commis plusieurs manquements à ses obligations de contrôle, de prévention et d’information des utilisateurs.

Bruxelles ne se limite pas à la question des produits : l’enquête vise également des aspects liés au fonctionnement même de la plateforme, notamment des mécanismes pouvant encourager un usage intensif — qualifiés d’« addictifs » — ainsi que la transparence de l’algorithme qui recommande des produits aux consommateurs.

Ces manquements, s’ils sont confirmés, pourraient constituer des infractions au règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act, DSA). Entré en vigueur pour encadrer les grandes plateformes, le DSA impose de renforcer la lutte contre les contenus et produits illégaux ou dangereux, et prévoit un régime de contrôle accru pour les très grandes plateformes en ligne, catégorie dans laquelle Shein est considérée.

Dans ce cadre, la Commission rappelle l’égalité de traitement entre commerce physique et numérique.

« Dans l’UE, les produits illégaux sont interdits à la vente, que ce soit dans un magasin ou en ligne », a souligné la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen.

La responsable européenne a aussi défendu la philosophie de la réglementation, régulièrement critiquée à l’étranger. Le DSA « protège les consommateurs, veille à leur bien être et leur donne des informations sur les algorithmes avec lesquels ils interagissent », a-t-elle insisté, alors que ce texte est parfois accusé — notamment par les États-Unis — d’entraver la liberté d’expression et de cibler des entreprises étrangères.

Shein promet coopération et renforcement des contrôles

Face à l’ouverture de l’enquête, Shein affiche une posture de coopération. « Nous prenons très au sérieux nos obligations au titre du DSA. Nous avons toujours pleinement coopéré avec la Commission européenne et continuerons de le faire tout au long de cette procédure », a déclaré un porte-parole du groupe.

La plateforme affirme avoir renforcé ses outils de détection de produits illégaux et mis en place des mesures supplémentaires pour les produits interdits aux mineurs, dont « un dispositif de vérification d’âge ».

« Nous partageons l’objectif de la Commission consistant à garantir un environnement en ligne sûr et fiable et continuerons à coopérer de manière constructive dans le cadre de cette procédure », a ajouté le porte-parole.

La France à l’offensive contre la marketplace de Shein

Cette initiative européenne intervient après plusieurs semaines de signaux venus de Bruxelles et dans un contexte de pression politique croissante, particulièrement de la part de Paris. La France demandait à l’Union européenne de sévir depuis la découverte fin octobre de produits illégaux en vente sur Shein.

Les autorités françaises ont multiplié depuis novembre les actions contre la plateforme — fondée en Chine en 2012 mais désormais basée à Singapour — pour la mise en vente de poupées sexuelles ressemblant à des enfants et d’armes. Après avoir échoué à obtenir une interdiction totale du site, l’État français a saisi la justice et demandé le blocage de la section dédiée aux vendeurs tiers, la marketplace. La justice doit se prononcer sur cette requête le 19 mars.

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