- Avec la mise en service de deux centrales photovoltaïques totalisant 400 MW, Alger franchit une nouvelle étape dans son programme énergétique.
- Le pays vise plus de 1.400 MW supplémentaires dès 2026, dans un contexte de structuration industrielle et de transition bas carbone.
L’Algérie poursuit la montée en puissance de son parc solaire. Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a annoncé la mise en service de deux centrales photovoltaïques d’une capacité cumulée de 400 MW, implantées à Tendla (El Meghaier) et à El Ghrous (Biskra).
Ces infrastructures, chacune dotée de 200 MW, ont été raccordées au réseau national la semaine dernière. Elles constituent les premières réalisations concrètes d’un programme plus large visant à repositionner le mix énergétique du pays, encore largement dominé par les hydrocarbures.
Un objectif de 1.400 MW supplémentaires dès cette année
Au-delà de ces premières mises en service, le ministère anticipe une accélération significative du rythme de déploiement. Plus de1.400 MW de capacités additionnelles devraient être progressivement injectés dans le réseau au cours de l’année 2026.
Ces projets s’inscrivent dans la première phase du programme de 3.200 MWc, lui-même intégré dans la feuille de route nationale qui vise 15.000 MW d’énergies renouvelables à l’horizon 2035. À ce stade, le taux d’avancement des 22 centrales prévues atteint 40 %, signe d’un chantier encore en phase de structuration mais désormais engagé.
Une bascule vers la phase d’exploitation
Le programme entre aujourd’hui dans une phase charnière. « Le programme des 3 200 MWc est entré dans sa phase de raccordement avec l’injection graduelle des premières centaines de mégawatts », a indiqué Mourad Adjal. Le ministre précise que « cette montée en cadence sera assurée par le raccordement de plusieurs centrales solaires photovoltaïques avant l’été 2026.«
Ce passage du stade de construction à celui d’exploitation constitue un test opérationnel pour la capacité du système électrique à intégrer des volumes croissants d’énergie intermittente, dans un contexte de demande domestique en hausse.
Une stratégie à double objectif : souveraineté et diversification
Au-delà de l’augmentation des capacités, la stratégie énergétique algérienne vise une transformation plus structurelle. Selon le Green Energy Cluster Algeria (GECA), elle repose sur « des objectifs à court, moyen et long terme, visant à renforcer la souveraineté énergétique nationale tout en répondant aux défis environnementaux ».
Le programme des 3.200 MWc en constitue l’un des piliers. « Considéré comme un pilier de cette stratégie, il est désormais entré dans sa phase de raccordement », souligne la même source.
Pour les autorités, l’enjeu est double : réduire la dépendance aux hydrocarbures dans la production électrique et libérer davantage de volumes exportables, tout en répondant aux engagements climatiques.
L’émergence d’un tissu industriel local en ligne de mire
Le gouvernement entend également faire de ce programme un levier de développement industriel. « Le succès de la transition énergétique est intimement lié au développement technologique et industriel », a affirmé Mourad Adjal, appelant à structurer une filière nationale capable de soutenir cette dynamique.
Plusieurs axes ont été identifiés : développement d’une industrie locale des équipements renouvelables, mise en place de mécanismes de financement adaptés et diversification vers d’autres segments comme l’éolien, la biomasse et les solutions hors réseau.
Cette approche vise à maximiser les retombées économiques domestiques d’un programme jusqu’ici largement dépendant d’expertises et d’équipements importés.
Un signal positif pour les acteurs industriels
Du côté des industriels, les premiers effets se font déjà sentir. Le président de GECA, Mehdi Bendimerad, souligne que « le programme 3 200 MW a créé une dynamique nouvelle ayant permis aux industriels et acteurs locaux d’investir, de créer de la valeur ajoutée et des postes d’emploi ».
Il ajoute que « les efforts consentis par l’État sont fortement appréciés par l’ensemble des opérateurs activant en Algérie », signe d’un alignement progressif entre politiques publiques et attentes du secteur privé.
Le ministre a par ailleurs affiché « sa disponibilité et celle de son staff à travailler de concert avec GECA », ouvrant la voie à un renforcement du dialogue public-privé.
