- La mise en service d’une centrale photovoltaïque de 50 MW à Tozeur marque une nouvelle étape dans la stratégie énergétique tunisienne.
- Porté par des investissements internationaux, le programme vise à réduire la dépendance au gaz et à atteindre 35 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.
La Tunisie poursuit la diversification de son mix énergétique. Le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a annoncé que la part des énergies alternatives dans la production électrique nationale a atteint 9 %, à la faveur de l’entrée en exploitation de plusieurs projets.
Cette progression reste encore modeste, mais elle s’inscrit dans une trajectoire de montée en puissance, alors que le pays demeure largement dépendant du gaz naturel pour sa production d’électricité.
Tozeur, vitrine d’un programme de 500 MW
L’inauguration d’une centrale solaire de 50 mégawatts à Tozeur constitue l’un des jalons de ce déploiement. Le projet s’inscrit dans un programme plus large de 500 mégawatts, réparti sur cinq gouvernorats : Tataouine (200 MW), Kairouan (100 MW), Gafsa (100 MW), Sidi Bouzid (50 MW) et Tozeur (50 MW).
Structuré dans le cadre du régime de concession, ce programme vise à accélérer les capacités installées tout en mobilisant des financements privés et internationaux. Pour le PDG de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz, Fayçal Trifa, cette centrale constitue un projet « structurant et emblématique« .
« La nouvelle centrale solaire de Tozeur, d’une capacité de 50 mégawatts, permet désormais de couvrir près de 70 % des besoins en électricité de la région« , a-t-il précisé.
Au-delà de l’effet local, l’installation participe à l’augmentation des capacités de production et à une meilleure répartition géographique des ressources énergétiques.
Un montage financier international
Le projet illustre également l’ouverture croissante du secteur énergétique tunisien aux investisseurs étrangers. Il a été développé par le groupe norvégien Scatec, en partenariat avec Aeolus SAS, affiliée au groupe Toyota Tsusho.
Le financement a mobilisé plusieurs institutions internationales, dont la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement et Proparco, ainsi que des fonds dédiés aux technologies propres. « Cette réalisation illustre un modèle de coopération réussie entre la Tunisie et ses partenaires, fondé sur une vision commune du développement durable« , a souligné Fayçal Trifa.
Un enjeu central : réduire la dépendance au gaz
La montée en puissance du solaire répond à un impératif structurel : limiter la dépendance du pays au gaz naturel, qui reste la principale source de production électrique. La centrale de Tozeur doit également contribuer à absorber les pics de consommation, dans un contexte de demande en hausse, notamment en période estivale.
L’intégration de ces nouvelles capacités pose toutefois la question de la robustesse du réseau électrique. La Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz a assuré le raccordement de la centrale et engagé un programme de renforcement des infrastructures. Celui-ci inclut le déploiement de nouvelles lignes, la modernisation des installations existantes et la montée en compétence des équipes techniques. « Le travail se fait au quotidien », a insisté Fayçal Trifa.
Plusieurs projets doivent être finalisés d’ici à fin 2026, avec pour objectif d’améliorer la résilience du système et de limiter les perturbations.
Objectif 2030 : un changement d’échelle
À moyen terme, les autorités entendent changer d’échelle. Comme l’a rappelé Wael Chouchane, la Tunisie vise une part de 35 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique à l’horizon 2030. Un objectif ambitieux qui suppose une accélération des investissements, mais aussi une transformation en profondeur du système énergétique national.
