- Face à la flambée des prix à la pompe provoquée par les tensions au Moyen-Orient, le gouvernement demande aux administrations d’adapter temporairement l’organisation du travail des agents publics.
- Télétravail accru, réduction des déplacements et recours systématique à la visioconférence figurent parmi les mesures préconisées par Bercy.
L’exécutif ajuste l’organisation de la fonction publique à la crise énergétique. Dans une circulaire adressée jeudi aux administrations de l’État, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, appelle les ministères à limiter l’exposition des agents publics à la hausse des coûts de carburant.
Le document, diffusé dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés pétroliers après l’escalade au Moyen-Orient, prévoit une série de mesures temporaires destinées à réduire les déplacements et à alléger les dépenses contraintes des agents utilisant leur véhicule personnel.
Bercy demande aux administrations d’examiner des « possibilités d’augmentation individualisées du recours au télétravail », en particulier pour les agents contraints d’utiliser leur voiture pour les trajets domicile-travail.
Le ministère rappelle néanmoins que cette adaptation devra respecter le plafond réglementaire actuellement fixé à trois jours de télétravail hebdomadaires pour un agent à temps plein. Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de contenir les effets de la hausse des carburants sans ouvrir, à ce stade, un chantier plus large sur la rémunération des fonctionnaires.
La circulaire demande également de « réduire immédiatement les déplacements professionnels évitables ». Réunions, formations, séminaires ou jurys devront désormais être organisés à distance lorsque cela est possible.
Les déplacements physiques devront être réservés aux « seules missions qui ne peuvent être ni différées ni assurées à distance » et qui « conditionnent directement la continuité de l’action de l’État ». Le texte cite notamment les interventions urgentes, les missions de sécurité et certaines opérations d’inspection parmi les activités prioritaires.
Cette doctrine de sobriété opérationnelle rappelle les pratiques largement généralisées pendant la crise sanitaire, lorsque les administrations avaient massivement recours aux outils numériques afin de limiter les déplacements.
Une communication renforcée autour de l’indemnité carburant
Le gouvernement demande par ailleurs aux administrations de mieux relayer les dispositifs d’aide existants auprès des agents. Le ministère insiste notamment sur l’indemnité carburant de 50 euros destinée aux travailleurs modestes effectuant d’importants trajets avec leur véhicule personnel.
L’exécutif cherche ainsi à amortir une partie du choc inflationniste sans engager, pour l’heure, de mesures générales de compensation salariale dans la fonction publique.
La CGT critique une réponse jugée insuffisante
Ces annonces ont suscité des réactions immédiates du côté syndical. Dans un communiqué, la CGT, première organisation de la fonction publique, estime que « l’exercice des missions de service public de l’État va être réduit de manière inacceptable en limitant les déplacements professionnels ».
Le syndicat considère également que les mesures annoncées demeurent insuffisantes face à l’érosion du pouvoir d’achat des agents publics. « Le versement de l’indemnité carburant et les trois jours de télétravail ne sauraient être constitutifs d’un solde de tout compte », affirme la CGT, qui réclame à nouveau un dégel du point d’indice servant de base au calcul des rémunérations des fonctionnaires.
