- Le Premier ministre Sébastien Lecornu a prévenu, mardi à l’Assemblée nationale, que les six milliards d’euros de gels de crédits déjà annoncés pourraient être révisés à la hausse.
- En cause : l’impact durable de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques, l’énergie et plusieurs filières économiques exposées.
Le gouvernement se prépare à durcir encore son effort budgétaire. Interpellé mardi 19 mai à l’Assemblée nationale par le député Horizons de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli, Sébastien Lecornu a reconnu que les économies déjà prévues pourraient ne pas suffire à absorber les conséquences économiques et financières de la guerre au Moyen-Orient.
« Malheureusement, cette géopolitique s’est installée dans le réservoir des Françaises et des Français », a déclaré le Premier ministre, estimant que cette pression sur les prix et les comptes publics allait « durer ».
Six milliards d’euros d’économies déjà sur la table
Mi-avril, l’exécutif avait annoncé six milliards d’euros d’économies sur les dépenses publiques en 2026, sous forme de gels de crédits ou d’annulations ciblées. Mais cette enveloppe pourrait être revue.
« Les six milliards d’euros que nous avons documentés devront être remis à jour », a prévenu Sébastien Lecornu, promettant d’y revenir « en transparence », sans préciser à ce stade la nature des coupes supplémentaires envisagées.
Une inflation importée par l’énergie
Le chef du gouvernement a distingué cette crise de celle provoquée par la guerre en Ukraine. Selon lui, le choc actuel relève moins d’un problème de volume que d’une « inflation importée sur l’énergie », liée notamment aux tensions sur le transport maritime et aux dépendances françaises.
« Nous payons cash nos dépendances en la matière », a-t-il insisté, évoquant également le surcoût des opérations extérieures des forces armées dans la région.
Agriculture, logement et chimie sous surveillance
Face à la flambée des prix, l’exécutif entend maintenir des aides ciblées pour les secteurs les plus exposés, comme la pêche ou le BTP. « Mon obsession, c’est que des pans entiers de l’activité économique du pays ne se mettent pas à l’arrêt », a affirmé Sébastien Lecornu.
Le Premier ministre a cité deux secteurs en « tangente » : l’agriculture et le logement. Le coût des intrants, des engrais, du GNR et des matériaux dérivés du pétrole pourrait, selon lui, nourrir une inflation « contagieuse ».
Autre filière jugée vulnérable : la chimie, « très fortement exposée en ce moment ». Sébastien Lecornu a indiqué avoir demandé aux ministres Roland Lescure et Sébastien Martin de formuler rapidement des propositions.
Un arbitrage budgétaire politiquement sensible
Le gouvernement avance sur une ligne étroite : financer les conséquences d’un conflit extérieur tout en évitant de fragiliser les secteurs économiques les plus dépendants de l’énergie. « À chaque crise, ce sont toujours les mêmes qui paient », a reconnu le Premier ministre, alors que les nouvelles économies à venir pourraient relancer le débat sur la répartition de l’effort budgétaire
