- L’Algérie veut faire de l’aval pétrolier un levier de coopération énergétique africaine.
- À Alger, Mohamed Arkab et l’ARDA ont examiné les moyens de renforcer les partenariats dans le raffinage, la pétrochimie, le stockage et la distribution des produits pétroliers.
La coopération énergétique africaine était au centre d’une rencontre tenue au siège du ministère des Hydrocarbures entre Mohamed Arkab et Anibor Kragha, secrétaire exécutif de l’Association des raffineurs et distributeurs africains (ARDA). Les discussions se sont déroulées en présence du PDG de Naftal, Djamel Cherdoud, et du vice-président de Sonatrach chargé du raffinage et de la pétrochimie, Slimane Slimani.
Selon le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, les échanges ont porté sur « les moyens de renforcer les relations entre les institutions et entreprises du secteur, notamment entre le groupe Sonatrach avec ses filiales et l’ARDA ».
Raffinage, GPL et sécurité industrielle au menu
Les deux parties ont examiné les perspectives de coopération dans l’aval pétrolier, notamment le raffinage, la pétrochimie, le stockage et la distribution des produits pétroliers en Afrique. Le gaz de pétrole liquéfié (GPL), la sécurité industrielle, la protection de l’environnement ainsi que les cadres réglementaires et juridiques ont également figuré parmi les principaux axes abordés.
Les discussions ont aussi porté sur « l’évolution des marchés mondiaux des produits pétroliers et ses répercussions sur les pays africains », dans un contexte international marqué par de profondes mutations énergétiques.
Mohamed Arkab a insisté sur la nécessité, pour l’Afrique, de mieux valoriser ses ressources naturelles. Le continent, a-t-il déclaré, est appelé à passer « d’une logique de rente à une logique de développement intégré », fondée sur « l’industrialisation locale, le transfert de technologie » et la création de chaînes de valeur nationales et régionales.
Le ministre a également mis en avant l’expérience algérienne dans la gestion et la valorisation des industries extractives, en rappelant « le principe de souveraineté nationale sur les ressources » et le rôle central des entreprises publiques, en particulier Sonatrach, dans la sécurité énergétique nationale et la stabilité des marchés.
L’Algérie met en avant son cadre réglementaire
Mohamed Arkab a souligné que le cadre juridique algérien vise à encourager l’investissement, garantir la transparence et préserver les intérêts stratégiques de l’État, tout en accompagnant la transition énergétique et la protection de l’environnement.
Il a également insisté sur « l’importance de l’investissement dans le capital humain », citant notamment l’Institut algérien du pétrole et la Sonatrach Management Academy comme leviers de formation, de transfert d’expertise et de coopération Sud-Sud.
L’ARDA souhaite capitaliser sur l’expérience algérienne
De son côté, Anibor Kragha a exprimé « l’intérêt de l’Association pour le renforcement de la coopération avec l’Algérie et la mise à profit de sa longue expérience dans les domaines du raffinage, de la pétrochimie et de la distribution des produits pétroliers ».
Fondée en 2006 à Cape Town, en Afrique du Sud, l’ARDA est la première organisation non gouvernementale africaine dédiée au raffinage et à la distribution du pétrole et des carburants sur le continent. Elle regroupe plusieurs entreprises et organismes actifs dans la chaîne d’approvisionnement pétrolière africaine.
Un positionnement africain renforcé pour l’Algérie
Cette rencontre confirme la volonté de l’Algérie de consolider sa place dans la coopération énergétique africaine, au-delà de l’amont pétrolier et gazier. En misant sur le raffinage, la pétrochimie, le GPL, la formation et les chaînes de valeur régionales, Alger entend promouvoir une approche intégrée de l’énergie, au service de la sécurité énergétique et du développement industriel du continent.
