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États-Unis–Iran : un accord de paix annoncé pour mettre fin à la guerre

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  • Après plus de 100 jours de conflit, Washington et Téhéran ont annoncé un accord de paix destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
  • Le texte, dont la signature est prévue à Genève, doit notamment permettre la réouverture progressive du détroit d’Ormuz.

    Un tournant majeur se dessine -il au Moyen-Orient ?  Les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord destiné à mettre fin à la guerre qui oppose les deux pays depuis le 28 février dernier. L’annonce a été faite lundi 15 juin par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays a joué un rôle central dans les efforts de médiation.

La signature officielle du document est attendue le 19 juin à Genève. Selon plusieurs sources diplomatiques, la présence du président américain Donald Trump, attendu auparavant au sommet du G7 à Évian-les-Bains, demeure possible. L’accord couvre l’ensemble des fronts du conflit, y compris le Liban, et a été confirmé par Washington comme par Téhéran.

Téhéran confirme la fin immédiate des hostilités

Côté iranien, le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a confirmé la finalisation du texte. Selon lui, le mémorandum d’accord « met fin immédiatement à la guerre ».

Les autorités iraniennes restent toutefois prudentes quant aux intentions américaines. « Ce protocole d’accord ne signifie pas que nous faisons confiance à l’ennemi (…) Nous surveillerons la mise en œuvre des engagements pris par les États-Unis », a déclaré Kazem Gharibabadi.

Cette méfiance illustre les profondes divergences qui subsistent entre les deux pays malgré l’annonce du cessez-le-feu.

Les contours d’un compromis aux multiples enjeux

Les détails du texte restent pour l’heure largement confidentiels. D’après l’agence iranienne Mehr, l’accord s’articule autour de quatorze clauses couvrant aussi bien les aspects militaires que les questions énergétiques et diplomatiques.

Parmi les mesures évoquées figurent l’arrêt immédiat des combats, la levée progressive du blocus naval imposé dans le Golfe, le retrait des forces américaines positionnées autour de l’Iran et l’assouplissement des restrictions frappant les exportations de pétrole iranien.

Le document comporterait également un engagement renouvelé de Téhéran à ne pas développer l’arme nucléaire dans le cadre du Traité sur la non-prolifération. Le dossier nucléaire demeure néanmoins l’un des principaux sujets de friction. L’Iran affirme que les futures négociations dépendront du déblocage de plusieurs milliards de dollars d’avoirs gelés, une condition contestée par Washington.

Le détroit d’Ormuz s’apprête à rouvrir

L’un des principaux effets de l’accord concerne le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.

Fermée depuis plus de trois mois en raison du conflit, cette artère essentielle du commerce énergétique mondial devrait progressivement retrouver son activité.

Donald Trump a salué cette avancée dans un message triomphal sur son réseau Truth social: « Navires du monde entier, mettez vos moteurs en marche ! Que le pétrole coule à flots. » Le président américain affirme que l’accord permettra « l’ouverture sans péage du détroit d’Ormuz ».

Selon les modalités actuellement envisagées, la navigation commerciale pourrait reprendre quelques jours après la signature officielle, le temps de procéder aux opérations de déminage et de sécurisation de la zone.

Paris et Londres prêts à sécuriser la reprise du trafic maritime

La France et le Royaume-Uni se sont déjà positionnés pour accompagner le retour à la normale dans le Golfe. Dans un message publié sur X, Emmanuel Macron a indiqué que « la mission internationale mise en place avec le Royaume-Uni est prête à accompagner » la réouverture du détroit. Le chef de l’État a précisé que les moyens nécessaires, « notamment militaires », étaient « en place et prêts à être engagés ».

Quelques heures plus tard, le président français a salué l’accord, qu’il considère comme le « fruit d’un effort diplomatique auquel ont contribué plusieurs partenaires ». « J’appelle à sa mise en œuvre rapide et complète par tous les belligérants », a-t-il ajouté.

Les marchés pétroliers réagissent immédiatement.

L’annonce du compromis a provoqué une réaction rapide des marchés de l’énergie. Les investisseurs anticipent désormais un retour progressif des exportations pétrolières iraniennes et une normalisation du trafic maritime dans le Golfe.

En début de séance asiatique lundi, les contrats à terme sur le pétrole ont reculé d’environ 4 %. Le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, abandonnait 4,4 % à 83,45 dollars le baril, tandis que le WTI américain cédait plus de 5 % à 80,62 dollars.

Avant l’annonce de l’accord, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) estimait pourtant qu’il faudrait probablement plusieurs mois pour retrouver les volumes de transport observés avant le conflit.

L’organisme anticipait également un maintien durable des prix à des niveaux élevés. Selon ses projections, le pétrole pourrait s’établir en moyenne à 79 dollars le baril en 2027, soit environ 9 dollars de plus qu’avant le déclenchement de la guerre.

Un soutien international unanime

L’accord a été accueilli favorablement par les principales puissances internationales. Le Premier ministre britannique Keir Starmer y voit « une avancée majeure pour mettre fin à la guerre, garantir la stabilité régionale et rouvrir le détroit d’Ormuz ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé l’ensemble des parties à éviter « toute rhétorique, toute provocation et toute action susceptible d’aggraver les tensions » avant la signature officielle du texte.

De son côté, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exprimé sa « profonde gratitude » aux parties prenantes.« Il s’agit là d’une étape décisive vers le règlement pacifique du conflit », a-t-il déclaré.

La présidente de la Commission européenne a également indiqué que les dirigeants du G7 réunis à Évian rencontreront leurs partenaires du Golfe et du Moyen-Orient afin d’accompagner la mise en œuvre du processus de paix. « L’Europe est prête à jouer son rôle », a-t-elle assuré.

Vers une nouvelle phase diplomatique au Moyen-Orient

Les prochains jours seront consacrés à une série de réunions techniques destinées à préparer l’application concrète de l’accord. « Maintenant que l’accord est conclu, les médiateurs faciliteront une série de réunions cette semaine. Ces discussions préalables à la mise en œuvre de l’accord jetteront les bases des pourparlers techniques et de la cérémonie officielle de signature », a indiqué le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Si la signature prévue à Genève marque une étape historique, la réussite du processus dépendra désormais de la capacité des deux parties à respecter leurs engagements et à surmonter les nombreux contentieux encore ouverts, notamment sur le nucléaire iranien et la levée des sanctions économiques.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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