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Frappes américaines contre l’Iran : Washington et Téhéran replongent dans l’affrontement

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  • Le cessez-le-feu conclu mi-juin entre Washington et Téhéran a volé en éclats.
  • Les États-Unis ont mené des frappes contre des positions iraniennes après des attaques visant des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, tandis que l’Iran affirme avoir frappé 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
  • Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi, avec une envolée de plus de 5 % des cours du brut.

    La crise s’intensifie de nouveau au Moyen-Orient. Les forces américaines ont lancé, mardi 7 juillet, une « série de frappes puissantes » contre des positions iraniennes, en représailles aux attaques ayant visé trois navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz.

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a justifié cette opération en dénonçant « l’agression iranienne », qualifiée d’« injustifiée, dangereuse et constituant une violation flagrante du cessez-le-feu ». Washington assure vouloir « faire payer le prix fort » à Téhéran.

Selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, trois navires ont été frappés en l’espace de vingt-quatre heures dans cette zone stratégique. Le Qatar et l’Arabie saoudite attribuent deux de ces attaques à l’Iran, malgré le cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran.

Les médias iraniens ont, de leur côté, fait état d’explosions à proximité du détroit d’Ormuz après les frappes américaines.

Les sanctions pétrolières américaines rétablies

Quelques heures avant ces frappes, les États-Unis avaient annoncé le rétablissement des sanctions économiques visant le pétrole iranien. Un responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré que « les agissements de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis ».

Le ministère américain des Finances a ainsi interdit toute « nouvelle transaction » portant sur les hydrocarbures iraniens à compter du mardi 7 juillet.

Cette décision marque une rupture majeure avec le protocole d’accord signé le 17 juin entre les deux pays, qui prévoyait notamment la levée des sanctions sur le pétrole iranien et la réouverture complète du détroit d’Ormuz.

Un cessez-le-feu déjà fragilisé

Le protocole conclu le 17 juin avait mis fin aux hostilités déclenchées le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.

L’accord prévoyait la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Sa fermeture temporaire avait provoqué une forte tension sur les marchés de l’énergie et alimenté les craintes d’un choc économique mondial.

La navigation avait progressivement repris, malgré plusieurs incidents. Fin juin, les États-Unis avaient déjà bombardé des positions iraniennes après des accusations d’attaques contre deux navires. L’Iran avait alors riposté en visant des installations au Koweït et à Bahreïn avant que les deux pays ne réaffirment leur volonté de respecter le cessez-le-feu.

L’Iran revendique une vaste riposte contre des bases américaines

La réponse de Téhéran n’a pas tardé. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé mercredi 8 juillet avoir mené une opération militaire d’envergure contre des installations américaines au Koweït et à Bahreïn.

Selon un communiqué diffusé par la télévision officielle Irib, « en première riposte à cette agression, la Marine et la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont mené une opération conjointe à l’aide de missiles et de drones, frappant 85 installations militaires américaines stratégiques ».

L’IRGC affirme également avoir détruit un drone américain MQ-9. Quelques heures plus tôt, le ministre iranien des Affaires étrangères avait dénoncé une « violation » du protocole d’accord et averti que l’Iran « prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale ».

Le Koweït et Bahreïn placés en état d’alerte

Le Koweït a confirmé avoir subi des attaques aériennes. L’armée koweïtienne indique avoir détecté deux missiles balistiques et treize drones hostiles ayant pénétré dans son espace aérien.

Le porte-parole du ministère de la Défense, le colonel d’état-major Saoud Abdoulaziz Al-Atwan, a précisé que « les forces armées koweïtiennes ont détecté à l’aube deux missiles balistiques et 13 drones hostiles ».

Selon l’armée, « ils ont été interceptés et traités avec succès, sans entraîner de dommages matériels ni de blessés ».

À Bahreïn, le ministère de l’Intérieur a annoncé le déclenchement des sirènes d’alerte aérienne, sans communiquer davantage de précisions.

Oman appelle à la retenue face au risque d’embrasement régional

Le sultanat d’Oman a condamné les nouvelles attaques visant Bahreïn et le Koweït ainsi que les incidents ayant touché deux navires marchands, l’un saoudien et l’autre qatari, dans le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, Mascate estime que « l’escalade des tensions militaires dans la région constitue une menace pour sa sécurité, la sécurité de la navigation, la fluidité du commerce international et l’approvisionnement en énergie ».

Le sultanat appelle l’ensemble des acteurs à « la retenue » afin d’éviter un embrasement régional.

Le pétrole bondit de plus de 5 %

Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi à cette nouvelle escalade militaire. Quelques instants après les déclarations de Donald Trump, les cours du brut ont progressé de plus de 5 %.

Vers 10 h 30, le Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 5,26 %, à 78,06 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en août progressait de 5,32 %, à 74,19 dollars.

Cette hausse traduit les inquiétudes des investisseurs quant à une possible perturbation durable des approvisionnements énergétiques mondiaux si les tensions devaient s’intensifier autour du détroit d’Ormuz, l’un des principaux corridors pétroliers de la planète.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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