- Les tensions entre Washington et Madrid s’intensifient. Donald Trump menace désormais l’Espagne de sanctions commerciales, l’accusant de refuser de porter ses dépenses militaires à 5 % du PIB, une exigence fixée par l’Otan.
- Une nouvelle escalade qui fragilise les relations transatlantiques au moment où l’Alliance tente de préserver son unité face aux défis sécuritaires.
Donald Trump durcit le ton contre Madrid. Le président américain a de nouveau ciblé l’Espagne ce mercredi, la qualifiant de « cause perdue » et annonçant que les États-Unis allaient « cesser tout échange commercial » avec le pays. Une déclaration spectaculaire qui s’inscrit dans un conflit diplomatique de plus en plus marqué autour du financement de la défense au sein de l’Otan.
Depuis plusieurs mois, le locataire de la Maison Blanche reproche à Madrid de refuser de porter ses dépenses militaires à 5 % du PIB, un objectif fixé par Washington pour les membres de l’Alliance atlantique.
Présent aux côtés de Donald Trump avant l’ouverture officielle du sommet de l’Otan à Ankara, le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, a tenté de désamorcer la polémique. Il a souligné le « grand pas réalisé l’an dernier » par l’Espagne en matière de dépenses militaires, prenant ainsi la défense du gouvernement espagnol.
De son côté, Madrid a réagi avec retenue, affirmant accueillir « avec calme » les déclarations du président américain.
Un différend qui s’envenime depuis plusieurs mois
Les critiques de Donald Trump envers l’Espagne ne sont pas nouvelles. Fin juin déjà, le président américain avait menacé de faire « payer » économiquement Madrid pour son refus d’augmenter son effort de défense.
« C’est le seul pays qui refuse » d’atteindre 5 % du PIB consacrés aux dépenses de sécurité d’ici 2035, avait-il déclaré. « Je trouve ça terrible », avait-il ajouté, estimant que l’économie espagnole « pourrait être complètement détruite ».
Le président américain était allé jusqu’à évoquer de futures négociations commerciales : « Vous savez, on va négocier un accord commercial avec l’Espagne. On va leur faire payer le double. »
Ces déclarations interviennent alors que l’Union européenne poursuit des négociations avec Washington afin d’éviter un relèvement des droits de douane. Par ailleurs, des échanges de courriels internes du Pentagone, révélés en avril par la presse américaine, indiquaient que les États-Unis envisageaient également de suspendre l’Espagne de l’Otan.
Les dépenses militaires au cœur du conflit
Depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine, les relations entre Washington et Madrid se sont nettement détériorées.
Le principal point de friction demeure la politique de défense. Lors du sommet de l’Otan à La Haye en juin 2025, Donald Trump avait exigé que tous les alliés consacrent 5 % de leur PIB aux dépenses militaires.
Le gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sánchez s’est opposé à cette demande, jugeant cet objectif « disproportionné » et incompatible avec les contraintes budgétaires du pays.
Madrid entend maintenir ses dépenses militaires autour de 2,1 % du PIB, un niveau conforme à ses priorités nationales mais très éloigné des attentes américaines. Cette divergence a progressivement fait de l’Espagne l’un des principaux sujets de tension au sein de l’Alliance atlantique.
Le dossier iranien a aggravé la crise diplomatique
Les relations bilatérales se sont encore détériorées au début de l’année 2026 avec le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
L’Espagne avait refusé d’autoriser l’utilisation des bases militaires de Rota et de Morón pour des opérations offensives américaines contre l’Iran, estimant qu’une telle intervention ne reposait pas sur une base juridique internationale suffisante.
Cette décision avait provoqué la colère de Donald Trump, qui avait dénoncé un manque de solidarité de la part de Madrid.
Un bras de fer aux conséquences économiques potentielles
Au-delà de la question militaire, les menaces commerciales formulées par Donald Trump pourraient ouvrir un nouveau front entre les États-Unis, l’Espagne et, plus largement, l’Union européenne.
Si aucune mesure concrète n’a encore été annoncée, ces déclarations renforcent les incertitudes entourant les négociations commerciales transatlantiques et illustrent la volonté de Washington de faire pression sur ses alliés européens en liant davantage les questions de défense aux relations économiques.
