17.2 C
Paris
lundi, août 24, 2026
AccueilEconomieEPR2 à Gravelines : EDF autorisé à lancer les travaux préparatoires

EPR2 à Gravelines : EDF autorisé à lancer les travaux préparatoires

Date:

4 min de lecture
  • Le gouvernement a donné son feu vert aux premières opérations préparatoires à l’implantation de deux réacteurs EPR2 sur le site nucléaire de Gravelines, dans le Nord.
  • Cette autorisation ouvre une nouvelle étape administrative, sans permettre à ce stade la construction des installations nucléaires.

EDF peut désormais engager les premiers travaux nécessaires à l’accueil de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération sur le site de Gravelines. Le décret publié au Journal officiel samedi 22 août autorise l’énergéticien à réaliser une série d’aménagements préparatoires, avant l’éventuel lancement du chantier nucléaire proprement dit.

Selon EDF, le texte « permet à EDF d’engager progressivement les premières opérations destinées à préparer le site à l’accueil du futur chantier ». Il « ne constitue pas l’autorisation de création des deux réacteurs EPR2 et ne permet pas d’engager la construction des bâtiments destinés à recevoir des matières nucléaires ou à abriter des équipements nécessaires à la sûreté nucléaire », a précisé le groupe auprès de l’AFP.

Des terrassements et des travaux de viabilisation

Le décret autorise notamment la viabilisation des futures plateformes, la relocalisation du terminal ferroviaire de la centrale et la réalisation de terrassements. EDF pourra également renforcer les sols et créer une enceinte étanche sous l’emprise des bâtiments du futur bloc usine.

Les opérations comprennent aussi des premiers travaux de génie civil, ainsi que les aménagements nécessaires à l’organisation et à la logistique du chantier. Leur réalisation restera soumise aux différentes réglementations environnementales et administratives applicables.

« Un suivi environnemental sera effectué pendant toute la durée des travaux, sous le contrôle des autorités compétentes », a indiqué EDF.

Cette autorisation constitue donc une étape intermédiaire. La construction des bâtiments nucléaires, notamment ceux appelés à accueillir des matières radioactives ou des équipements indispensables à la sûreté, nécessitera une autorisation de création distincte.

Deux réacteurs de 1 600 MW chacun

Le projet prévoit l’installation de deux réacteurs EPR2 d’une puissance de 1 600 mégawatts chacun. Ils viendraient compléter les six réacteurs à eau pressurisée de 900 MW actuellement exploités sur le site.

En 2025, la centrale nucléaire de Gravelines a produit 32,27 térawattheures d’électricité faible en CO₂, selon EDF. Ce volume représente l’équivalent de 60 % de la consommation électrique annuelle des Hauts-de-France.

EDF et Réseau de transport d’électricité (RTE) sont les deux maîtres d’ouvrage du projet. L’énergéticien public porte la construction des futurs réacteurs, tandis que RTE est chargé de leur raccordement au réseau public de transport d’électricité. L’arrivée de nouvelles capacités de production nécessitera notamment une adaptation des infrastructures électriques existantes.

Un programme national estimé à 72,8 milliards d’euros

La paire de Gravelines s’inscrit dans le programme de relance du nucléaire annoncé par Emmanuel Macron en février 2022. Celui-ci prévoit la construction de six réacteurs EPR2, avec une option portant sur huit unités supplémentaires.

Les trois premières paires doivent être implantées à Penly, en Seine-Maritime, à Gravelines, dans le Nord, et au Bugey, dans l’Ain. La mise en service du premier réacteur de Penly est désormais visée pour 2038. Les unités suivantes devraient entrer en exploitation à un rythme de 12 à 18 mois.

En décembre 2025, EDF a évalué à 72,8 milliards d’euros, aux conditions économiques de 2020, le coût prévisionnel de construction des six EPR2. La décision finale d’investissement reste attendue d’ici à la fin de 2026.

Un enjeu industriel pour le Dunkerquois

À Gravelines, le projet dépasse la seule question de la production électrique. Il s’inscrit dans la transformation industrielle du Dunkerquois, où plusieurs activités fortement consommatrices d’énergie cherchent à réduire leur dépendance aux combustibles fossiles.

La future capacité nucléaire doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement électrique de ce bassin industriel, marqué par le développement de projets dans la sidérurgie décarbonée, les batteries et les nouvelles technologies énergétiques. Le chantier pourrait également soutenir l’activité des entreprises locales et de la filière nucléaire, même si son calendrier dépend encore de plusieurs autorisations et de la décision définitive d’investissement d’EDF.

La Rédactionhttps://echosplus.com
La Rédaction d’Echos Plus propose une information indépendante, rigoureuse et accessible sur l’actualité économique, financière et géopolitique en France, au Maghreb, en Europe et à l’international. À travers des analyses, décryptages et mises en perspective, nous couvrons les grands enjeux qui transforment les économies et les sociétés : énergie, finance, entreprises, marchés, innovation et commerce international. Signés « La Rédaction », nos articles reflètent l’engagement d’Echos Plus en faveur d’un journalisme de qualité, au service de la compréhension des mutations du monde et du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

Les plus populaires