- À moins de huit mois du premier tour de l’élection présidentielle, Amir Reza-Tofighi appelle les candidats à présenter des programmes économiques crédibles.
- Le président de l’organisation patronale Les Entrepreneurs réclame des mesures en faveur de la croissance, une fiscalité stable et un budget 2027 sans hausse des cotisations.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les représentants des entreprises entendent peser sur le débat public. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Amir Reza-Tofighi, président de l’organisation patronale Les Entrepreneurs, anciennement Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), a exhorté les candidats à préciser leurs orientations économiques.
« Le sujet économique doit être un angle central des débats présidentiels », a-t-il plaidé, regrettant que les prétendants à l’Élysée soient « nombreux sur la ligne de départ », mais que « très peu parlent d’économie ».
Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le 18 avril 2027, avant un éventuel second tour le 2 mai, selon le ministère de l’Intérieur.
Redonner aux entreprises les moyens de créer de la croissance
Pour Amir Reza-Tofighi, la priorité consiste à restaurer la capacité des entreprises à soutenir l’activité. « Il faut redonner aux entreprises les capacités de créer la croissance parce que c’est comme ça qu’elles pourront mieux payer leurs salariés, qu’on pourra diminuer la dette de l’État et investir dans les dépenses d’avenir », affirme-t-il.
Le constat intervient dans un environnement économique fragile. Le produit intérieur brut français n’a progressé que de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, après une contraction de 0,1 % au trimestre précédent, selon les premières estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques.
Cette reprise modeste a été soutenue par la consommation des ménages et le commerce extérieur. L’investissement a toutefois continué de reculer, avec une diminution de 0,3 % de la formation brute de capital fixe au cours du trimestre.
Afin d’élaborer ses propositions, l’organisation patronale prévoit par ailleurs de lancer, à partir d’octobre, un tour de France destiné à recueillir les attentes des entrepreneurs.
Fiscalité et coût du travail au centre des préoccupations
La fiscalité constitue un autre axe majeur des revendications patronales. Le président de Les Entrepreneurs estime que le niveau des prélèvements supportés par les employeurs limite leur capacité à revaloriser les rémunérations.
« Le travail ne paye plus assez parce que les entreprises n’ont pas les moyens de payer plus. Le poids de la fiscalité sur les entreprises et des charges sur les salaires fait que les actifs sont sacrifiés », juge Amir Reza-Tofighi.
L’organisation, qui représente notamment les très petites entreprises, les PME, les artisans, les commerçants et les indépendants, a officiellement adopté le nom Les Entrepreneurs en juin 2026, en remplacement de la CPME.
Son président demande désormais aux candidats de présenter une trajectoire permettant à la fois de soutenir la compétitivité des entreprises et d’améliorer le revenu du travail, sans créer de nouveaux prélèvements.
Une mise en garde sur la dette et les taux d’intérêt
Amir Reza-Tofighi alerte également sur la dégradation des finances publiques. Selon lui, l’augmentation de la dette et du coût de son financement pourrait placer la France dans une situation particulièrement délicate.
« On est à l’aube d’une crise économique majeure si les taux d’intérêt et la dette augmentent encore », prévient-il.
Le dirigeant patronal critique en particulier la multiplication de promesses électorales dépourvues, selon lui, de financement crédible. « À force de faire croire que l’argent magique existe, on est rentrés dans une situation où tous les candidats espèrent gagner en faisant de nouvelles promesses qui ne seront pas réalistes financièrement », estime-t-il.
Cette prise de position intervient alors que la préparation du budget 2027 s’annonce difficile, dans un contexte de croissance faible, d’endettement élevé et de tensions persistantes sur les dépenses publiques.
Un budget 2027 sans hausse des cotisations
Pour les entreprises, le prochain projet de loi de finances devra avant tout garantir de la visibilité. Amir Reza-Tofighi souhaite que le budget 2027 assure « une stabilité totale pour les entreprises ».
Il formule également « une exigence très forte : pas d’augmentation non plus des cotisations salariales et patronales ». Une ligne rouge destinée à préserver les capacités d’investissement et d’embauche des entreprises, tout en évitant une nouvelle hausse du coût du travail.
À quelques mois du scrutin présidentiel, les arbitrages budgétaires devraient ainsi constituer l’un des premiers tests économiques pour les candidats. Les organisations patronales entendent, de leur côté, les pousser à préciser le financement de leurs engagements et les mesures prévues pour relancer durablement l’activité.
