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Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann officialise sa candidature et dévoile ses priorités

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  • Le coprésident de Place publique a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 et confirmé sa participation à la primaire organisée avec le Parti socialiste.
  • Raphaël Glucksmann entend incarner une alternative sociale-démocrate, écologiste et proeuropéenne, sans alliance avec La France insoumise.

   Raphaël Glucksmann entre officiellement dans la course à l’Élysée. Invité du journal de 20 heures de TF1, dimanche 23 août, l’eurodéputé de 46 ans a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.

« Si je suis candidat aujourd’hui, c’est pour relever la France (…) Je me prépare depuis des mois », a déclaré le coprésident de Place publique. Il assure ne pas vouloir se limiter à une candidature symbolique : « Je suis candidat à l’élection présidentielle, pas pour faire une candidature de témoignage, mais pour la gagner. »

Le responsable politique souhaite construire « une alternative à l’extrême droite et au macronisme ». « Nous pouvons ensemble construire une alternative et nous pouvons gagner », a-t-il martelé sur TF1.

Une candidature soumise à la primaire sociale-démocrate

Raphaël Glucksmann participera à la primaire coorganisée en octobre par Place publique et le Parti socialiste (PS). Il y affrontera notamment les députés socialistes Philippe Brun et Jérôme Guedj, ainsi que l’ancienne ministre Ségolène Royal. Une éventuelle candidature du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, reste également attendue.

Les modalités définitives du scrutin doivent être précisées avant les journées d’été du Parti socialiste, organisées à Blois les 28 et 29 août. Le premier tour devrait se dérouler le week-end du 10 octobre, avant un éventuel second tour une semaine plus tard.

Raphaël Glucksmann part avec l’ambition de s’imposer largement afin de devenir le candidat de référence du courant social-démocrate. Une victoire nette lui permettrait également de peser face aux candidatures situées hors de cette primaire, à commencer par celle de l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, tandis que François Hollande continue d’entretenir le doute sur ses intentions.

En cas de défaite, l’eurodéputé a toutefois promis de respecter « les règles » du scrutin et de soutenir la personne qui l’emportera.

Une ouverture aux écologistes et aux communistes, mais pas à LFI

Le candidat de Place publique a une nouvelle fois exclu toute alliance avec La France insoumise. « Il n’y aura plus jamais d’accord » avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon s’il remporte la primaire, a-t-il affirmé.

Raphaël Glucksmann a, en revanche, tendu la main aux Écologistes, « qui ont eu raison avant tout le monde sur la catastrophe climatique que nous sommes en train de vivre ». Il souhaite également travailler avec les communistes, avec lesquels il estime partager « un objectif commun (…) la réindustrialisation du pays » et la volonté de « remettre les travailleurs au cœur du contrat social ».

Cette stratégie doit lui permettre d’élargir son socle électoral au-delà du Parti socialiste et de Place publique, tout en affirmant une ligne distincte de celle de LFI.

Quinze milliards d’euros transférés vers les salaires

Sur le terrain économique, Raphaël Glucksmann place le pouvoir d’achat des salariés au centre de son projet. Son « obsession » sera d’augmenter « la rémunération nette des travailleurs », notamment par une diminution des prélèvements sociaux pesant sur les salaires.

Cette mesure serait financée par un renforcement de la fiscalité sur les transmissions de patrimoines les plus élevées. « En taxant davantage les méga-héritages, les 1 % les plus gros, ça nous permettra de récupérer 15 milliards d’euros que nous transférerons directement sur la fiche de paie des travailleurs », a-t-il expliqué.

Le candidat devra encore préciser les modalités de cette baisse de prélèvements et de la taxation envisagée, notamment les seuils concernés et son articulation avec les dispositifs successoraux existants.

Raphaël Glucksmann a également promis un « plan de sauvetage de l’école publique ». Les orientations détaillées de son programme devraient être présentées progressivement au cours de la campagne de la primaire.

Le PS salue une clarification de l’offre à gauche

L’annonce a été favorablement accueillie par Arthur Delaporte, député PS du Calvados et porte-parole du Parti socialiste. Sur franceinfo, celui-ci a évoqué « évidemment une forme de satisfaction ».

« Il y aura Raphaël Glucksmann, et tant mieux, parce que ça va permettre de réduire l’offre de candidatures à gauche » au premier tour de l’élection présidentielle, a-t-il déclaré.

Pour Arthur Delaporte, la primaire doit permettre une véritable « confrontation des projets » et créer « du débat » autour des propositions défendues par la gauche, notamment « sur la question écologique » et « sur la question de l’école ».

Le député reconnaît néanmoins que le vainqueur devra dépasser le seul périmètre socialiste. « Il faudra que celui ou celle qui gagne soit en capacité de rassembler plus largement que le camp des socialistes », a-t-il prévenu. Selon lui, le candidat désigné devra s’adresser « aux écologistes, aux communistes, à tous les déçus de La France insoumise ».

D’une « machine à perdre » à une primaire jugée acceptable

La participation de Raphaël Glucksmann marque une évolution notable de sa position. Dès juin 2025, l’eurodéputé rejetait le principe d’une primaire commune à gauche. « Je ne participerai pas à un truc d’appareils qui produit une synthèse molle, car ça ne fonctionnera pas », avait -il indiqué

Le 4 juin 2026, interrogé sur franceinfo au sujet d’un processus en deux étapes proposé par Olivier Faure, il se montrait encore très critique : « Je n’ai toujours pas compris de quoi il s’agit. J’étais opposé à la primaire parce que je pense que c’est une machine à perdre. Désormais, au lieu d’une, on nous en propose deux. »

La décision des militants socialistes a modifié la donne. En juillet, ceux-ci ont choisi, à 55,5 %, une primaire sociale-démocrate fermée, réservée au périmètre du PS et de Place publique, écartant le scénario d’une primaire unitaire élargie à l’ensemble de la gauche non insoumise. « Nous y voyons une main tendue des adhérents du Parti socialiste à celles et ceux de Place publique(…) Cette main tendue, nous la saisissons », avait alors réagi le parti de Raphaël Glucksmann, selon Le Parisien.

Place publique cherche désormais à encadrer le scrutin par une charte de valeurs portant sur les questions sociales et écologiques, la politique internationale — notamment le soutien à l’Ukraine — ainsi que la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Pour Raphaël Glucksmann, l’enjeu sera autant de gagner la primaire que de démontrer sa capacité à rassembler une gauche fragmentée à l’approche de 2027.

 

La Rédactionhttps://echosplus.com
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