Dans un entretien à Ouest-France, Christine Lagarde alerte sur un choc énergétique durable lié à la guerre au Moyen-Orient. Avec une inflation à 3,3 % dans la zone euro, la BCE a relevé ses taux d'un quart de point, portant la facilité de dépôt à 2,5 %.
| Inflation zone euro | 3,3%en août dans la zone euro |
|---|---|
| Inflation zone euro juillet | 2,9 %contre 3,3 % en août |
| Objectif d'inflation BCE | 2%sur le moyen terme |
| Taux de la facilité de dépôt | 2,5 %après une hausse d'un quart de point le 10 septembre |
| Prévision d'inflation 2027 | 2,5 %prévision relevée par la BCE |
L’inflation s’installe de nouveau au cœur des préoccupations de la Banque centrale européenne (BCE). Dans un entretien accordé à Ouest-France, Christine Lagarde met en garde contre les conséquences prolongées de la guerre au Moyen-Orient et des perturbations de l’approvisionnement énergétique. Un contexte qui conduit l’institution à resserrer sa politique monétaire, malgré la fragilité de certaines économies de la zone euro.
« La mission de la BCE, c’est d’assurer la stabilité des prix », rappelle sa présidente. « On a un objectif d’inflation de 2% sur le moyen terme. Aujourd’hui, l’inflation est nettement au-dessus de ces 2%, à 3,3% dans la zone euro, avec un choc important dont la durée sera probablement plus longue que ce que nous avions escompté ».
Un choc énergétique qui se diffuse aux prix
Pour Christine Lagarde, la poussée inflationniste trouve d’abord son origine dans les tensions géopolitiques et les difficultés de production des carburants. « Ce choc résulte de la guerre au Moyen-Orient mais aussi des destructions de capacités de raffinage dans le monde, notamment en Russie », explique-t-elle à Ouest-France.
« Il a entraîné une hausse des coûts de l’énergie, qui pousse tous les prix à la hausse », ajoute la présidente de la BCE. L’enjeu, pour la banque centrale, est d’éviter que le renchérissement de l’énergie ne s’installe durablement dans les prix des autres biens et services.
Dans sa déclaration de politique monétaire du 10 septembre, la BCE confirme que l’inflation a atteint 3,3 % en août dans la zone euro, contre 2,9 % en juillet. Elle souligne également le risque d’une transmission progressive des coûts énergétiques à l’inflation hors énergie et aux prix alimentaires.
Le taux de dépôt relevé à 2,5 %
Face à ces pressions, la BCE a relevé ses taux directeurs d’un quart de point jeudi 10 septembre. Le taux de la facilité de dépôt, qui constitue sa principale référence monétaire, atteint ainsi 2,5 %.
L’institution maintient sa prévision d’inflation moyenne à 3,0 % pour 2026 et relève celle de 2027 à 2,5 %. Le retour vers l’objectif de 2 % reste donc un processus graduel, soumis à l’évolution des marchés énergétiques et des conflits.
Ce resserrement peut peser sur le financement des ménages et des entreprises. Pour la France, confrontée à une croissance atone et à une inflation plus faible que chez ses voisins, il ajoute une contrainte à une conjoncture déjà fragile.
Christine Lagarde défend toutefois une décision prise à l’échelle de l’union monétaire. « La BCE doit travailler pour toute la zone euro », souligne-t-elle. « Elle ne peut pas regarder la France, la Lituanie ou l’Allemagne séparément. Par ailleurs, la France fait partie des pays qui envisagent des réformes structurelles, qu’il serait très important qu’elle engage ».
Simplification et marchés de capitaux : les leviers de croissance
Au-delà des taux d’intérêt, la présidente de la BCE insiste sur les réformes susceptibles de soutenir l’activité. Des initiatives européennes, « comme l’union des marchés de capitaux », auront « un impact en France », assure-t-elle.
Christine Lagarde plaide également pour « une simplification de la réglementation administrative à l’échelon européen, mais aussi à l’échelon français ». L’objectif est de faciliter le développement de l’activité économique et de réduire les obstacles qui freinent les entreprises.
« Il faut passer au peigne fin le cadre réglementaire dans lequel l’activité économique se développe », insiste-t-elle. Elle souligne que « la France a fait des progrès dans la flexibilisation du marché du travail, qui a bien réussi à l’Allemagne ou à l’Espagne, mais réformer est un processus constant ».
Les retraites s’invitent dans le débat budgétaire
Christine Lagarde inclut aussi les retraites parmi les chantiers à poursuivre. « Et il y a évidemment la réforme des retraites, quelle qu’elle soit. On ne peut pas maintenir le cadre des dernières décennies avec une espérance de vie qui augmente de manière systématique », affirme-t-elle dans cet entretien.
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement prépare le budget 2027. Comme le rapporte La Tribune, Sébastien Lecornu a chargé trois membres de son gouvernement de consulter les groupes politiques sur une éventuelle contribution des retraités au redressement des finances publiques.
Parmi les pistes évoquées figurent une désindexation partielle des pensions et une modification de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions de retraite. Ces options restent à arbitrer. La déclaration de Christine Lagarde ne précise pas quelle mesure elle privilégierait.
Face à une inflation à 3,3 % dans la zone euro, nettement au-dessus de l'objectif de 2 %, la BCE a relevé ses taux directeurs d'un quart de point le 10 septembre. Selon Christine Lagarde, le choc résulte de la guerre au Moyen-Orient et des destructions de capacités de raffinage dans le monde, notamment en Russie, poussant tous les prix à la hausse. Elle estime qu'on ne peut maintenir le cadre des dernières décennies avec une espérance de vie qui augmente. Elle ne précise pas quelle mesure elle privilégierait.Questions fréquentes
Pourquoi la BCE a-t-elle relevé ses taux ?
Quelle est la cause du choc énergétique selon Lagarde ?
Que dit Lagarde sur la réforme des retraites ?
