Devant ses sympathisants à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a fait du logement un chantier majeur d'un éventuel quinquennat. La candidate du Rassemblement national promet de transformer les bureaux vacants, d'encadrer les locations touristiques, de supprimer le ZAN et la loi SRU et de réserver les APL aux Français.
| Bureaux vides estimés | 9 millions de mètres carrés de bureaux videsEstimation avancée dans le discours de Marine Le Pen |
|---|---|
| Potentiel habitable | 6 à 7 millions de mètres carrés habitablesSelon l'estimation de la candidate, pas un volume disponible |
| Éligibilité au parc social | 70 %Proportion de Français éligibles selon Marine Le Pen, source non précisée |
| Bénéficiaires du parc social | 11 %Part réellement bénéficiaire selon la candidate, source non précisée |
Le logement s’installe dans la campagne présidentielle. Devant ses sympathisants réunis à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a promis de faire de l’accès à un toit l’un des grands chantiers d’un éventuel quinquennat.
« Le logement ce n’est pas un dossier parmi d’autres », a déclaré la candidate du Rassemblement national. Pour illustrer les difficultés des ménages, elle a évoqué les jeunes souhaitant quitter le domicile parental, les couples qui envisagent d’avoir des enfants ou les salariés contraints d’habiter loin de leur emploi.
Son objectif affiché : ramener la situation du logement « à la normale » en cinq ans. Pour y parvenir, elle promet notamment une relance de la construction, une amélioration des logements existants, une lutte contre l’habitat indigne et une protection renforcée de la propriété contre les occupations illicites.
Transformer les bureaux vacants en logements
Premier levier mis en avant : la reconversion de surfaces tertiaires inutilisées. Marine Le Pen évoque « 9 millions de mètres carrés de bureaux vides », qui représenteraient, selon elle, un potentiel de « 6 à 7 millions de mètres carrés habitables ». Ces chiffres correspondent à l’estimation avancée dans son discours, et non à un volume de logements immédiatement disponibles.
La candidate propose de modifier les règles comptables applicables aux propriétaires pour encourager ces transformations. Si les incitations ne produisent pas les résultats attendus, elle envisage une mesure contraignante : « Et si cela ne suffit pas, nous assumerons d’en passer par la taxation des bureaux vacants », a-t-elle prévenu.
Marine Le Pen estime que cette politique permettrait de rééquilibrer la place respective des activités économiques et de l’habitat dans les grandes villes. Elle en attend également une détente des loyers et une réduction des trajets entre domicile et travail. Les éléments du discours fournis ne précisent toutefois ni les modalités de la taxation envisagée ni le calendrier des conversions.
Les locations touristiques de courte durée dans le viseur
Autre cible : les meublés touristiques proposés sur des plateformes comme Airbnb, sans que l’entreprise soit expressément nommée.
« Nous mettrons un terme aux abus liés à la location courte durée qui transforme certaines villes en cités-hôtels au détriment de ceux qui y vivent et des professionnels de l’accueil touristique », a déclaré Marine Le Pen.
La candidate entend ainsi remettre des logements à disposition des habitants permanents dans les secteurs soumis à une forte pression touristique. Elle cite notamment la Corse et les zones littorales, où elle dénonce une spéculation immobilière qui éloigne les résidents du marché.
Les instruments de cet encadrement restent à préciser : les propositions présentées ne détaillent pas les restrictions ou les obligations supplémentaires qui seraient imposées aux propriétaires.
Construction : une offensive contre le ZAN et la RE2020
Pour relancer l’offre, Marine Le Pen plaide également pour un allègement des contraintes réglementaires. « Faisons tomber les normes dès lors qu’elles ne sont pas indispensables, réduisons les délais à rallonge, simplifions les procédures décourageantes», a-t-elle lancé.
Elle promet notamment de supprimer le « zéro artificialisation nette » (ZAN), auquel elle reproche de réduire l’accès aux terrains constructibles. Issu de la loi Climat et résilience de 2021, ce cadre vise à atteindre l’absence d’artificialisation nette des sols en 2050, comme le rappelle le ministère de la Transition écologique.
La réglementation environnementale des bâtiments neufs, dite RE2020, concentre aussi ses attaques. Marine Le Pen l’accuse d’avoir « fait exploser le coût de la construction en France » et affirme que certains logements se sont transformés en « bouilloires thermiques » durant la canicule.
Cette critique doit être distinguée des objectifs du dispositif. Selon la présentation officielle de la RE2020, cette réglementation vise à réduire les consommations d’énergie et l’empreinte carbone des constructions, tout en améliorant leur confort lors des fortes chaleurs.
DPE : remettre en cause les restrictions de location
Marine Le Pen souhaite également revenir sur les restrictions locatives liées au diagnostic de performance énergétique (DPE). Elle accuse les gouvernements successifs d’avoir retiré du marché des logements existants alors que l’offre est déjà insuffisante.
« Des centaines de milliers de logements sont déjà concernés par ces restrictions de location », a-t-elle affirmé, avant d’évoquer plus d’un million de logements supplémentaires menacés à l’échéance de 2028. Ce volume correspond à son évaluation, sans constituer une prévision certaine de retraits effectifs du marché.
Le calendrier réglementaire détaillé par Service Public prévoit que les logements classés G ne peuvent plus être loués en France métropolitaine depuis le 1er janvier 2025, y compris lors du renouvellement ou de la reconduction tacite du bail. Cette exigence doit s’étendre aux logements classés F en 2028, puis E en 2034.
La candidate promet de « cesser cette politique absurde et terriblement dommageable », sans détailler, dans les éléments présentés, le dispositif qui remplacerait ces obligations.
Logement social et APL : la « priorité nationale » au cœur du projet
Au-delà de l’offre immobilière, Marine Le Pen entend modifier les conditions d’accès aux aides et au parc social. « Nous devons donner la priorité d’accès au logement social aux Français et leur réserver le bénéfice des APL, aides personnelles au logement », a-t-elle déclaré.
Elle souhaite appliquer une logique similaire au logement étudiant, en donnant la priorité aux jeunes Français. Pour défendre cette orientation, elle avance que 70 % des Français seraient éligibles au parc social, mais que seuls 11 % en bénéficieraient. La source et le périmètre de ces proportions ne sont pas précisés dans le texte de son intervention fourni.
La candidate promet parallèlement d’abroger la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU). Elle critique les sanctions visant les communes qui n’atteignent pas les proportions de logements sociaux requises, notamment lorsqu’elles manquent, selon elle, de foncier disponible.
Comme l’explique le ministère chargé du Logement dans sa présentation de l’article 55 de la loi SRU, les obligations de 20 % ou 25 % de logements sociaux concernent certaines communes, selon leur population et leur appartenance à une agglomération ou une intercommunalité. Elles ne s’appliquent donc pas uniformément à l’ensemble des municipalités.
« Il ne s’agit pas d’arrêter une politique sociale du logement mais au contraire, grâce à la priorité nationale, de lui donner sa pleine mesure », a soutenu Marine Le Pen. Entre transformation du parc existant, allègement des normes et changement des critères d’attribution, les propositions présentées laissent encore à préciser leur financement, leurs modalités juridiques et leurs objectifs chiffrés de production de logements.
Questions fréquentes
Que propose Marine Le Pen pour le logement ?
Relancer la construction, transformer les bureaux vacants en logements, améliorer l'existant, lutter contre l'habitat indigne et protéger la propriété contre les occupations illicites, avec l'objectif de revenir « à la normale » en cinq ans.
Marine Le Pen veut-elle supprimer le ZAN ?
Oui. Elle promet de supprimer le « zéro artificialisation nette », issu de la loi Climat et résilience de 2021, qu'elle accuse de réduire l'accès aux terrains constructibles.
Que prévoit Marine Le Pen sur le DPE et les logements ?
Elle veut revenir sur les restrictions locatives liées au DPE. Les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis le 1er janvier 2025, une exigence étendue aux F en 2028 puis E en 2034.
Qui aurait la priorité pour les APL et le logement social ?
Marine Le Pen veut réserver les APL et donner la priorité d'accès au logement social aux Français, au nom de la « priorité nationale », et appliquer cette logique au logement étudiant.
