Le ministre de l'Économie Roland Lescure estime l'effort demandé aux entreprises dans le budget 2027 à 10 milliards d'euros, soit la moitié des 20 milliards avancés par le Medef. Le projet prévoit une réduction à 5 milliards de la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés.
| Effort chiffré par le Medef | 20 milliards d'eurosChiffrage jugé inexact par Roland Lescure |
|---|---|
| Effort évalué par Lescure | 10 milliards d'eurosEffort demandé aux entreprises selon le ministre |
| Surtaxe sur l'impôt sur les sociétés | 5 milliards d'eurosProduit attendu en 2027 |
| Montant de référence de la surtaxe | 7,3 milliardsMontant cité dans les informations rapportées sur le projet |
Le gouvernement et le patronat s’opposent sur la facture du budget 2027 pour les entreprises. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, récuse le chiffrage présenté par le Mouvement des entreprises de France (Medef). « La somme avancée par le Medef de 20 milliards d’euros est inexacte », affirme-t-il.
Pour le ministre, « l’effort demandé aux entreprises » est de l’ordre de 10 milliards d’euros. Soit la moitié du montant retenu par la première organisation patronale, qui dénonce une accumulation de prélèvements et de taxes.
Une surtaxe sur les bénéfices ramenée à 5 milliards d’euros
Roland Lescure précise que le projet prévoit « une réduction à 5 milliards d’euros de surtaxe dans le cadre de l’impôt sur les sociétés et une contribution pour des grandes entreprises de fret maritime ».
Les plus grandes entreprises bénéficieraient ainsi d’une baisse de la surtaxe sur leurs bénéfices, avec un produit attendu de 5 milliards d’euros en 2027, contre un montant de référence de 7,3 milliards cité dans les informations rapportées sur le projet. Cet allègement ne suffit toutefois pas à apaiser les inquiétudes du patronat face aux autres mesures envisagées.
Les déclarations des deux parties ne fournissent pas de rapprochement détaillé entre leurs calculs permettant d’expliquer, poste par poste, l’écart de 10 milliards d’euros.
Patrick Martin alerte sur la production et l’emploi
Invité de Radio Classique vendredi 2 octobre, le président du Medef, Patrick Martin, a mis en garde le gouvernement de Sébastien Lecornu contre les conséquences économiques de ses choix budgétaires. Les mesures envisagées risquent, selon lui, d’« affaiblir encore la production française, donc potentiellement l’emploi, l’investissement et la croissance ».
Le dirigeant patronal fonde cette alerte sur une appréciation particulièrement pessimiste de la conjoncture. « Il faut partir de la situation exacte de l’économie à ce jour : elle n’est pas bonne. Il n’y a pas de croissance, et mon pronostic est même qu’on est en légère récession dès à présent », a-t-il déclaré.
Ce diagnostic de récession constitue le pronostic de Patrick Martin, et non un constat statistique établi dans les éléments cités.
Une accumulation de taxes dénoncée par le Medef
Dès jeudi, le Medef avait estimé « qu’affaiblir encore les entreprises, c’est affaiblir le pays ». L’organisation dénonçait notamment « la multiplication des taxes » dans plusieurs secteurs : autoroutes, produits transformés sucrés, transport maritime, conventions d’assurance automobile et complémentaires santé.
Questions fréquentes
Combien coûte le budget 2027 aux entreprises selon Lescure ?
Roland Lescure évalue l'effort demandé aux entreprises à 10 milliards d'euros, soit la moitié des 20 milliards avancés par le Medef, qu'il juge inexacts.
Quelle est la surtaxe sur les bénéfices prévue en 2027 ?
Le projet prévoit une réduction à 5 milliards d'euros de surtaxe dans le cadre de l'impôt sur les sociétés, contre un montant de référence de 7,3 milliards.
Que dit Patrick Martin sur l'économie française ?
Le président du Medef estime que les mesures risquent d'affaiblir la production, l'emploi et l'investissement, et pronostique une légère récession dès à présent.
Quelles taxes le Medef dénonce-t-il ?
Le Medef dénonce la multiplication des taxes dans plusieurs secteurs : autoroutes, produits transformés sucrés, transport maritime, conventions d'assurance automobile et complémentaires santé.
