Roland Lescure privilegie le debat parlementaire et souhaite eviter les ordonnances pour le budget 2027, tout en les gardant comme dernier recours. Le ministre de l'Economie se dit ouvert aux compromis, a condition de respecter une limite de 5 % de deficit.
| Limite de deficit fixee | 5 %Plafond de deficit defendu par le gouvernement pour le budget 2027 |
|---|---|
| Delai de carence pour etrangers | un anAvant acces a certaines prestations (aides au logement, prestations familiales) dans le bu |
| Delai defendu par le RN | cinq ansDelai de carence reclame par le Rassemblement national |
Laisser les parlementaires débattre, sans renoncer à l’objectif budgétaire du gouvernement. Invité dimanche 11 octobre sur France Inter et France 2, Roland Lescure a défendu cette position à deux jours de l’arrivée du projet de loi de finances dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. « Je préférerais éviter les ordonnances », a déclaré le ministre de l’Économie, qui souhaite préserver le « débat parlementaire ».
À l’approche de l’élection présidentielle, le locataire de Bercy voit aussi dans cette discussion une occasion de confronter les orientations économiques. « Moi je trouve important qu’on en débatte », a-t-il insisté, « parce qu’on est en période présidentielle et que ça permettra sans doute de mettre certaines options sur la table ».
Les ordonnances présentées comme un dernier recours
Si Roland Lescure affiche sa préférence pour une adoption par le Parlement, il n’écarte pas le recours aux ordonnances en cas de blocage.
« Il y a trois manières d’adopter un budget en France. Il y a le vote, ce que j’appelle la voie naturelle. Il y a le 49-3, on en a connu un certain nombre ces dernières années, et il y a les ordonnances », a-t-il détaillé.
Le ministre présente cette dernière possibilité comme un dispositif de secours destiné à éviter une dégradation des finances publiques. « Pour moi, c’est la glissière de sécurité de l’autoroute budgétaire, c’est-à-dire que si on n’arrive pas à rester sur la route et qu’on risque la sortie de route, la glissière, ce sont les ordonnances », a-t-il expliqué.
Son message associe ainsi une volonté de négociation à la possibilité d’un recours institutionnel si les discussions n’aboutissent pas.
Un budget négociable, sous réserve de respecter les 5 %
Sur le fond, Roland Lescure assure que les arbitrages peuvent encore évoluer. « Le débat parlementaire va suivre son cours », a-t-il souligné, en affirmant que « tout peut évoluer à condition qu’on garde les 5 % ou mieux ».
Le ministre se dit attaché, « quoi qu’il en coûte », à « un budget avec 5 % de déficit ». Cette cible constitue la limite qu’il entend imposer aux compromis parlementaires.
« Si l’Assemblée nationale ou le Sénat veulent améliorer le déficit budgétaire, je suis preneur, mais je ne dépasserai pas les 5 % », a-t-il prévenu, tout en assurant que « tout est ouvert ».
Les modifications apportées aux dépenses ou aux recettes devront donc préserver cet équilibre d’ensemble. Bercy laisse une marge de discussion sur les mesures, mais pas sur le plafond de déficit défendu par le gouvernement.
Prestations sociales : Lescure défend un compromis avec la droite
Le ministre a également été interrogé sur le délai de carence que le gouvernement souhaite instaurer pour les étrangers dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027. Selon le dispositif décrit dans le texte fourni, un délai d’un an serait imposé avant l’accès à certaines prestations, notamment les aides au logement et les prestations familiales.
Alors que le Rassemblement national défend un délai de cinq ans, Roland Lescure récuse l’idée d’une concession à l’extrême droite. « Cette mesure est issue de conversations que nous avons eues avec la droite républicaine et absolument pas avec le Rassemblement national », a-t-il affirmé.
Le ministre reconnaît néanmoins que cette disposition n’est pas celle avec laquelle il « est le plus à l’aise ». Il assure cependant qu’il « soutient pleinement ce budget qui est un budget de compromis entre différentes sensibilités ».
À l’ouverture des débats, le gouvernement devra donc défendre à la fois sa trajectoire de déficit et des mesures issues de compromis politiques, dont certaines suscitent des réserves jusque dans ses propres rangs.
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