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Dette française : Emmanuel Moulin alerte sur le risque de hausse des taux immobiliers

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Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, alerte sur une possible hausse des taux immobiliers, aujourd'hui autour de 3,30 %, si la dette publique continue de se dégrader. Celle-ci atteint 3 595,5 milliards d'euros, soit 119 % du PIB, et la charge d'intérêts grimperait à 92 milliards en 2027.

Faits clés
Dette publique fin T2 2026 3 595,5 milliards d'eurossoit 119 % du PIB, selon l'Insee
Hausse de la dette au T2 59,6 milliards d'eurosen trois mois, après 75,8 milliards au T1
Taux immobiliers évoqués 3,30 %niveau cité par le gouverneur
Charge d'intérêts 2027 92 milliards d'eurosen augmentation de plus de 10 milliards
Cible de déficit public 2027 5 % du PIBavec un effort budgétaire de 43 milliards d'euros

   La dégradation des finances publiques menace de peser davantage sur le portefeuille des Français. Invité de France Inter mercredi 7 octobre, Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, a mis en garde contre les conséquences d’un endettement toujours plus coûteux. Au-delà des comptes de l’État, le risque concerne les conditions de financement des ménages, notamment pour l’achat d’un logement.

Cette alerte intervient alors que la dette publique a atteint 3 595,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026, soit 119 % du produit intérieur brut (PIB), selon les données publiées par l’Insee. Elle a augmenté de 59,6 milliards d’euros en trois mois, après une progression de 75,8 milliards au premier trimestre.

Crédit immobilier : des taux susceptibles de remonter

Pour les emprunteurs, le niveau de la dette publique peut sembler éloigné des préoccupations quotidiennes. Emmanuel Moulin souligne pourtant le risque d’une transmission des tensions financières aux crédits accordés par les banques.

« Deuxièmement, le risque c’est que les taux d’intérêt qui sont appliqués aux Français, notamment pour leur crédit immobilier, augmentent », explique-t-il. Le gouverneur évoque des taux immobiliers autour de 3,30 % et invite les ménages à comparer les offres : « Il faut faire jouer la concurrence, mais ils peuvent augmenter fortement. »

Son avertissement porte donc sur un risque de renchérissement du crédit, et non sur une hausse déjà généralisée. Pour les ménages qui souhaitent acheter un bien, une telle évolution pèserait sur la capacité d’emprunt et le coût du financement.

Une charge de la dette qui réduit les marges budgétaires

L’autre menace concerne directement les dépenses publiques. Dans la retranscription de l’entretien publiée par la Banque de France, Emmanuel Moulin chiffre la charge d’intérêts à 92 milliards d’euros en 2027, en augmentation de plus de 10 milliards.

Une part croissante des recettes fiscales serait ainsi absorbée par le paiement des intérêts, au détriment des autres politiques publiques. « Concrètement, cela voudrait dire qu’on consacrerait de plus en plus de nos recettes fiscales à la charge de la dette et donc on ne pourrait pas financer d’autres priorités », explique le gouverneur dans les propos rapportés.

L’éducation, les investissements d’avenir et la défense figurent parmi les domaines dont le financement pourrait être contraint. La hausse du coût de l’endettement complique ainsi les arbitrages budgétaires, même lorsque des efforts sont engagés pour maîtriser les dépenses.

Budget 2027 : un déficit de 5 % considéré comme une limite haute

Dans ce contexte, le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 constitue un rendez-vous décisif. La copie présentée par le gouvernement de Sébastien Lecornu prévoit de ramener le déficit public à 5 % du PIB, avec un effort budgétaire annoncé de 43 milliards d’euros.

Emmanuel Moulin juge cette cible nécessaire pour restaurer la confiance. « Ce n’est pas très ambitieux, mais c’est réaliste », estime-t-il, considérant ce niveau comme la limite haute acceptable du déficit.

L’adoption d’un budget avant la fin de l’année doit, selon lui, donner un premier signal de maîtrise des finances publiques. Mais elle devra s’accompagner d’une réduction effective du déficit. « Nous sommes déjà dans une zone de risque », avertit le gouverneur.

Le risque d’un « étranglement » des finances publiques

La difficulté tient à l’accumulation des charges : les économies réalisées peuvent être absorbées par les intérêts supplémentaires à payer. Emmanuel Moulin met ainsi en garde contre un « risque d’étranglement » de l’économie française.

« Chaque fois qu’on fait des économies, elles sont mangées par la hausse de la charge d’intérêts », souligne-t-il. Une dynamique qui rend le redressement des comptes plus difficile et limite progressivement la capacité de l’État à financer ses priorités.

Pour le gouverneur, réduire le déficit doit permettre de retrouver une trajectoire de dette soutenable. L’enjeu dépasse donc le seul vote du budget : il concerne à la fois les marges de manœuvre de l’État et les conditions de crédit proposées aux Français.

Questions fréquentes

Pourquoi les taux immobiliers pourraient-ils augmenter ?

Selon Emmanuel Moulin, la dégradation des finances publiques risque de se transmettre aux crédits bancaires. Les taux immobiliers, autour de 3,30 %, peuvent augmenter fortement, d'où l'intérêt de faire jouer la concurrence.

Combien coûtera la charge de la dette en 2027 ?

Le gouverneur chiffre la charge d'intérêts à 92 milliards d'euros en 2027, en augmentation de plus de 10 milliards, absorbant une part croissante des recettes fiscales.

Quel déficit prévoit le budget 2027 ?

Le PLF 2027 du gouvernement Lecornu prévoit de ramener le déficit public à 5 % du PIB, avec un effort de 43 milliards d'euros. Moulin juge cette cible réaliste mais peu ambitieuse.

Qu'est-ce que le risque d'étranglement évoqué par la Banque de France ?

Pour Emmanuel Moulin, les économies réalisées sont absorbées par la hausse de la charge d'intérêts, ce qui complique le redressement des comptes et limite la capacité de l'État à financer ses priorités.

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La Rédactionhttps://echosplus.com
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