Le décret du 23 octobre 2026 encadre la libération des stocks stratégiques de gazole pour réduire le coût d'approvisionnement des distributeurs. Le gouvernement vise une baisse de 12 à 18 centimes par litre, étalée de novembre à janvier, soit 6 à 9 euros d'économie sur un plein de 50 litres.
| Baisse attendue du gazole | 12 à 18 centimes par litreobjectif moyen annoncé par le gouvernement, de novembre à janvier |
|---|---|
| Volume de stocks libérés | 1,6 million de mètres cubessoit environ 10 millions de barils, cession jusqu'au 31 janvier 2027 |
| Hausse du gazole depuis janvier | près de 49 %de 1,596 euro le 1er janvier à 2,373 euros le 25 octobre 2026 |
| Économie pour un plein de 50 litres | 6 à 9 eurossi la baisse était intégralement appliquée |
| Aide au gazole agricole (GNR) | 15 centimes par litreguichet prolongé jusqu'en décembre |
La mobilisation des réserves stratégiques de gazole entre dans sa phase de mise en œuvre. Annoncée début octobre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, cette opération doit réduire le coût d’approvisionnement des distributeurs, avec l’obligation de transmettre intégralement cet avantage aux consommateurs.
L’exécutif entend ainsi alléger la facture des automobilistes face à des prix qui oscillent, depuis début octobre, entre 2,30 et 2,40 euros le litre en moyenne. Selon la présentation du dispositif par le gouvernement, la baisse attendue doit s’étaler de novembre à janvier et concerner l’ensemble des distributeurs.
Jusqu’à 10 millions de barils mis sur le marché
Le décret du 23 octobre 2026 relatif aux conditions économiques de libération des stocks stratégiques de gazole encadre la cession d’un volume maximal de 1,6 million de mètres cubes, soit environ 10 millions de barils. Ces ventes pourront intervenir jusqu’au 31 janvier 2027.
Les volumes seront proposés aux opérateurs au prorata de leurs mises à la consommation de produits pétroliers réalisées en France en 2025, selon des modalités précisées par arrêté. Les quantités qui ne seraient pas acquises pourront être proposées de nouveau aux opérateurs.
Le mécanisme retenu repose sur une vente des stocks de la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité (Sagess) au coût moyen pondéré d’acquisition. Il se distingue du fonctionnement habituel, fondé sur des prêts de carburant avec restitution sous un mois. L’objectif est de faire bénéficier les distributeurs d’un approvisionnement moins coûteux, puis de transmettre cet écart au client final.
Une répercussion intégrale, soumise à contrôle
Les distributeurs devront répercuter intégralement l’avantage économique obtenu et informer les consommateurs avant la vente. « Cette répercussion peut également avoir lieu par anticipation à compter du 1er novembre », précise le décret.
Le dispositif prévoit également la transmission régulière aux autorités de bilans portant sur les ventes et sur les baisses appliquées. Ces remontées doivent permettre de contrôler que l’avantage accordé se retrouve effectivement dans les prix payés par les consommateurs.
La baisse de 12 à 18 centimes par litre constitue l’objectif moyen annoncé par le gouvernement. Pour un plein de 50 litres, elle représenterait une économie de 6 à 9 euros, si elle était intégralement appliquée à ce niveau. Le prix final restera néanmoins tributaire de l’évolution du marché pétrolier.
Un gazole près de 49 % plus cher qu’au début de l’année
Cette intervention intervient après une forte hausse des carburants. Selon les moyennes journalières communiquées, calculées à partir des relevés des stations-service publiés sur prix-carburants.gouv.fr, le litre de gazole est passé de 1,596 euro le 1er janvier à 2,373 euros le 25 octobre 2026. Cela représente une augmentation de 77,7 centimes, soit près de 49 %.
Les essences ont également renchéri, dans des proportions moins importantes. Sur la même période, le SP95-E10 est passé de 1,654 à 2,137 euros le litre, soit une hausse d’environ 29 %. Le SP98 a progressé de 1,750 à 2,252 euros, soit près de 29 % également.
Les trois carburants ont atteint leur maximum de la période le 20 septembre : 2,409 euros pour le gazole, 2,178 euros pour le SP95-E10 et 2,281 euros pour le SP98. La baisse recherchée par le gouvernement ne compenserait donc qu’une partie du renchérissement du diesel depuis janvier.
L’aide au gazole agricole prolongée jusqu’en décembre
Un dispositif distinct concerne les exploitants agricoles. Un autre décret publié samedi prolonge jusqu’en décembre le guichet d’aide à l’achat de gazole non routier (GNR) destiné aux travaux agricoles, à hauteur de 15 centimes par litre.
Un texte supplémentaire doit rouvrir le guichet pour les achats effectués d’avril à juin, afin de permettre aux agriculteurs retardataires de déposer leur demande. Cette réouverture est prévue alors que l’enveloppe consacrée au dispositif, supérieure à 50 millions d’euros par mois, n’a pas été intégralement consommée.
Questions fréquentes
De combien va baisser le prix du gazole ?
Le gouvernement vise une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre, étalée de novembre à janvier, soit une économie de 6 à 9 euros pour un plein de 50 litres.
Comment fonctionne la libération des stocks stratégiques ?
La Sagess vend un volume maximal de 1,6 million de mètres cubes (environ 10 millions de barils) au coût moyen pondéré d'acquisition, les distributeurs devant répercuter intégralement l'avantage.
De combien le gazole a-t-il augmenté en 2026 ?
Le litre de gazole est passé de 1,596 euro le 1er janvier à 2,373 euros le 25 octobre 2026, soit une hausse de 77,7 centimes, près de 49 %.
Quelle aide pour le gazole agricole ?
Un décret prolonge jusqu'en décembre le guichet d'aide à l'achat de gazole non routier (GNR) pour les travaux agricoles, à hauteur de 15 centimes par litre.
Retrouvez cet article dans notre dossier : OPEP+ et marché pétrolier
