Après les tirs meurtriers du vendredi 23 octobre à Trappes et à La Verrière, le maire Ali Rabeh dénonce un « attentat à connotation raciste, probablement islamophobe ». Dans un communiqué, l’Institut d’études et d’actions citoyennes demande un accompagnement durable des victimes et alerte sur la banalisation des discours racistes.
| Bilan humain de l'attaque | un mortfusillade à Trappes et La Verrière, Yvelines |
|---|---|
| Âge d'une victime blessée | une enfant de 12 ansparmi les blessés |
| Âge du suspect interpellé | un homme de 39 ans |
| Saisine du Pnat | vendredi 23 octobreParquet national antiterroriste |
La fusillade survenue à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, a fait un mort et plusieurs blessés, parmi lesquels une enfant de 12 ans. Un homme de 39 ans a été interpellé après cette attaque, dont le Parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi vendredi 23 octobre.
Pour Ali Rabeh, maire de Trappes, la question des motivations racistes doit être clairement posée. Sur LCI, l’élu a dénoncé un « attentat à connotation raciste, probablement islamophobe ».
« L’enquête précisera tout cela, mais je crois que j’ai peu de risques d’être démenti dans ce que je vous indique là en disant que c’est probablement l’une des premières tentatives de crime de masse à connotation islamophobe et raciste », a-t-il déclaré. Cette dernière appréciation demeure celle du maire : l’enquête doit établir précisément les motivations du suspect et les circonstances des faits.
Une enquête antiterroriste intégrant la dimension raciste
Le Pnat a ouvert une enquête notamment pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Les investigations intègrent la circonstance que les faits auraient été commis en raison de l’origine ou de la religion, réelle ou supposée, des victimes, selon les éléments du parquet.
Dans sa première réaction sur BFMTV, Ali Rabeh avait pris soin de ne vouloir « rien dire de définitif et de certain », tout en indiquant que le tireur avait « tiré de façon relativement aléatoire ».
« J’observe que ces deux victimes sur la ville de Trappes présentent un profil particulier en effet », avait-il ajouté, avant de préciser : « La personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine. »
Invité ensuite sur franceinfo, le maire a affirmé que le suspect « n’a ciblé que les personnes arabes, noires, ou qu’il supposait de confession musulmane ». « C’était une tentative de tuerie de masse. Le bilan aurait pu être bien plus dramatique », a-t-il estimé, réclamant que les investigations permettent de faire rapidement la lumière sur les faits : « Je veux vraiment que la vérité soit dite très rapidement sur les motivations de cet auteur. »
Ali Rabeh met en cause les discours visant les populations arabo-musulmanes
Au-delà des circonstances de l’attaque, le maire de Trappes alerte sur le climat dans lequel elle s’inscrit. Après sa rencontre avec Laurent Nuñez, il a mis en cause les discours désignant les populations arabo-musulmanes comme responsables des difficultés du pays. Selon lui, les propos selon lesquels « tous les maux de notre société sont de la responsabilité des arabo-musulmans (…) font des morts ».
Sur France Inter, l’élu a décrit l’inquiétude des habitants. « La peur est présente », a-t-il souligné, évoquant « de la tension dans notre pays, de la violence, de la haine qui se diffuse et des boucs-émissaires sont pointés du doigt ».
« Le feu couvait, précise-t-il, (…) on ne peut pas dire qu’on est surpris aujourd’hui que ce genre d’actes surviennent dans nos villes et dans une ville populaire. » Pour Ali Rabeh, « il faut que l’on mesure que cette dérive raciste fera des morts tôt ou tard ».
L’IEAC dénonce un « attentat raciste »
Dans son communiqué, l’Institut d’études et d’actions citoyennes (IEAC) exprime sa solidarité avec les victimes, leurs proches et les habitants des deux communes.
« Nos premières pensées vont à eux. À la famille de ce jeune homme, dont la vie a été volée. Aux blessés et à ceux qui les veillent. Aux témoins qui ont vu ce qu’on ne devrait jamais voir », écrit l’IEAC.
Tout en affirmant respecter le travail de la justice, l’institut défend une qualification explicite des faits : « Il ne s’agit pas d’un “drame” ou d’un “fait divers” : c’est un attentat raciste. »
L’organisation insiste aussi sur les conséquences de l’attaque pour l’ensemble de la population. « Les balles ont touché quelques personnes, mais la peur, elle, atteint tout le monde », souligne-t-elle. Elle décrit notamment l’angoisse des parents qui hésitent désormais à laisser leurs enfants jouer dehors et celle des habitants craignant d’être pris pour cibles en raison de leur apparence ou de leur religion supposée.
Un accompagnement psychologique et juridique dans la durée
Face à cette peur, l’IEAC demande que la prise en charge se poursuive au-delà des premiers jours. « C’est pourquoi nous demandons que les victimes, les témoins et les familles, et en premier lieu les enfants, soient accompagnés psychologiquement dans la durée, pas seulement dans l’urgence », indique le communiqué.
L’institut réclame également une aide permettant aux personnes touchées de faire valoir leurs droits. Il appelle enfin à cesser de banaliser les discours qui désignent une partie des Français comme des étrangers dans leur propre pays : « Si les mots ne tirent pas, ils préparent le terrain. »
De son côté, Ali Rabeh avait annoncé la mise en place d’une cellule psychologique à l’hôtel de ville de Trappes dès vendredi à 14 heures. Sur France Inter, il a également salué les policiers intervenus pour arrêter le suspect : « Je ne sais pas où on en serait s’il avait pu continuer son parcours. »
L’IEAC remercie lui aussi les forces de l’ordre, les secours, les soignants et les élus mobilisés. L’institut se dit à la disposition des familles, des associations et des pouvoirs publics pour contribuer à l’accompagnement des personnes touchées.
Questions fréquentes
Que s'est-il passé à Trappes et La Verrière ?
Une fusillade a fait un mort et plusieurs blessés, dont une enfant de 12 ans. Un homme de 39 ans a été interpellé et le Parquet national antiterroriste s'est saisi de l'affaire.
Pourquoi parle-t-on d'attentat raciste à Trappes ?
Le maire Ali Rabeh évoque un attentat « à connotation raciste, probablement islamophobe ». Le suspect aurait ciblé des personnes arabes, noires ou supposées musulmanes. L'enquête intègre la circonstance liée à l'origine ou la religion des victimes.
Que demande l'IEAC après l'attaque de Trappes ?
L'IEAC qualifie les faits d'« attentat raciste » et demande un accompagnement psychologique et juridique dans la durée pour les victimes, témoins et familles, en premier lieu les enfants.
Quelle aide a été mise en place pour les habitants ?
Ali Rabeh a annoncé une cellule psychologique à l'hôtel de ville de Trappes dès vendredi à 14 heures. L'IEAC se dit à disposition des familles et des pouvoirs publics.
