Face à la mobilisation de la jeunesse, le gouvernement annonce une réforme de Parcoursup en 2027 avant son remplacement en 2028, jusqu’à 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, un plafond de 28 élèves en seconde dès 2027 et des bourses indexées sur l’inflation.
| Places supplémentaires dans le supérieur | jusqu’à 15 000 placesdont 10 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 en santé |
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| Plafond d'élèves en seconde | 28par classe de seconde générale et technologique, à partir de 2027 |
| Prêts pour rénover collèges et lycées | 4 milliards d’euroslignes de crédit sur quatre ans, prêts à taux réduit |
| Postes supprimés annulés | 836 suppressions de postesprévues dans le second degré public, désormais annulées |
| Effectif moyen en lycée en 2025 | 30,2 élèvesclasse de lycée général et technologique, source service statistique Éducation nationale |
L’exécutif entend répondre à la mobilisation de la jeunesse par une série d’engagements sur l’orientation, les capacités d’accueil et les conditions d’études. Selon le ministère de l’Éducation nationale, les annonces doivent apporter des réponses « aux attentes exprimées par les lycéens et les étudiants afin d’améliorer leurs conditions d’apprentissage ».
Présentées devant la presse par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et son homologue chargé de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ces mesures s’échelonneront sur plusieurs années. Plusieurs nécessiteront des amendements au budget 2027, tandis que la refonte de l’admission dans le supérieur pourrait imposer une évolution législative.
Parcoursup : une réforme en 2027 avant un remplacement en 2028
C’est l’annonce centrale du gouvernement : Parcoursup connaîtra une « évolution forte » en 2027, avec davantage de « lisibilité » et de « facilité d’usage », a déclaré Philippe Baptiste, avant « un remplacement en 2028 ». La plateforme d’admission post-bac concentre les critiques de lycéens qui dénoncent un dispositif anxiogène, opaque et inégalitaire.
Cette transformation se fera « en deux temps », a précisé le ministre de l’Enseignement supérieur. Parcoursup « est adossé à la loi » et certaines modifications ne pourront intervenir « que si la loi elle-même évolue », a-t-il expliqué.
Le futur système, destiné à être « plus simple », doit être défini « d’ici à fin novembre » par un comité de réforme réunissant notamment des lycéens et des enseignants « autour des ministres », selon le gouvernement. Un débat sans vote sur « l’avenir du processus d’orientation » des lycéens est également prévu mercredi à l’Assemblée nationale, à la demande de l’exécutif.
Jusqu’à 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur
Pour répondre aux demandes de nouvelles capacités d’accueil, le gouvernement annonce la création de jusqu’à 15 000 places dans l’enseignement supérieur. L’effort portera principalement sur les formations techniques : 10 000 places en sections de brevet de technicien supérieur (BTS), 4 000 dans les instituts universitaires de technologie (IUT) et 1 000 dans les formations de santé.
L’exécutif entend engager cette création « dès maintenant », avec une priorité accordée à l’Île-de-France, « où le nombre de jeunes augmente le plus ». La mesure doit être concrétisée par un amendement au projet de loi de finances pour 2027.
Ce volume reste toutefois très inférieur aux 250 000 places réclamées par le syndicat Union étudiante. Il privilégie par ailleurs les filières courtes et professionnalisantes, qui concentrent l’essentiel des capacités supplémentaires annoncées.
Un plafond de 28 élèves en seconde à partir de 2027
Dans les lycées, le gouvernement prévoit de plafonner à 28 le nombre d’élèves par classe de seconde générale et technologique. Une première étape concernera, dès la rentrée 2027, les 50 % des lycées les moins favorisés, avant une généralisation en 2028.
À titre de comparaison, une classe de lycée général et technologique comptait en moyenne 30,2 élèves en 2025, selon le service statistique de l’Éducation nationale. Édouard Geffray a également promis de limiter « considérablement » les effectifs des groupes de spécialité en première et en terminale, sans préciser de plafond à ce stade.
Pour accompagner ces changements, les 836 suppressions de postes prévues dans le second degré public par le projet de loi de finances « seront annulées », a annoncé le ministre. Le gouvernement prévoit, à l’inverse, la création de 500 postes dans les lycées et de 1 200 postes pour les BTS.
Quatre milliards d’euros de prêts pour rénover les collèges et les lycées
Autre chantier : la vétusté des établissements, dénoncée par les élèves et les enseignants. L’État prévoit de mettre à disposition 4 milliards d’euros de lignes de crédit supplémentaires sur quatre ans, sous forme de prêts à taux réduit.
Ces financements doivent aider les départements et les régions à rénover les collèges et les lycées. Il s’agit donc de prêts destinés aux collectivités, et non de subventions directement versées aux établissements.
L’enseignement supérieur bénéficiera d’un volet distinct : un milliard d’euros supplémentaire doit être mobilisé pour plus de 50 sites universitaires, dans le cadre d’un plan d’investissement pluriannuel.
Des bourses étudiantes indexées sur l’inflation dès la rentrée 2027
Sur le pouvoir d’achat, l’exécutif annonce l’indexation des bourses étudiantes sur critères sociaux à compter de la rentrée 2027. Leur montant évoluera en fonction de l’inflation, un mécanisme qui n’était jusqu’ici pas automatique, selon le gouvernement.
Un amendement au projet de loi de finances doit inscrire cette mesure dans le budget. L’objectif affiché est d’éviter que les étudiants boursiers voient leur pouvoir d’achat « fondre d’une année sur l’autre ».
La traduction budgétaire et législative de ces engagements constituera désormais une étape décisive, tant pour les recrutements et les nouvelles places que pour la revalorisation des aides étudiantes.
Questions fréquentes
Quand Parcoursup va-t-il être remplacé ?
Parcoursup connaîtra une évolution forte en 2027 avec davantage de lisibilité, avant un remplacement en 2028. Le futur système, plus simple, doit être défini d’ici à fin novembre par un comité de réforme.
Combien de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur ?
Le gouvernement annonce jusqu’à 15 000 places : 10 000 en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 en formations de santé, avec une priorité accordée à l’Île-de-France.
Quel sera le plafond d’élèves en classe de seconde ?
Le gouvernement prévoit de plafonner à 28 élèves les classes de seconde générale et technologique, dès la rentrée 2027 pour les 50 % des lycées les moins favorisés, puis en 2028 partout.
Les bourses étudiantes vont-elles augmenter ?
Les bourses sur critères sociaux seront indexées sur l’inflation à compter de la rentrée 2027, afin d’éviter que le pouvoir d’achat des boursiers fonde d’une année sur l’autre.
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