- Depuis Bruxelles, en marge du sommet européen, Emmanuel Macron a plaidé pour une désescalade au Moyen-Orient.
- Le président français a défendu une ligne diplomatique fondée sur le respect du droit international, tout en évoquant une possible mission sous mandat de l’ONU pour sécuriser le détroit d’Ormuz.
En déplacement à Bruxelles ce jeudi soir, Emmanuel Macron a appelé à une “désescalade” du conflit au Moyen-Orient, insistant sur l’urgence d’une accalmie dans une région sous haute tension.
Le chef de l’État a rappelé que la position de la France s’inscrivait dans une logique strictement défensive : protéger ses intérêts sans alimenter l’escalade militaire. Il a également réaffirmé l’importance du respect du droit international comme cadre incontournable de toute action.
Au cœur des préoccupations françaises figure le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce énergétique mondial où transite près de 20 % du pétrole mondial. Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de mettre en place une mission internationale pour sécuriser la navigation dans cette zone stratégique, une fois les combats terminés. Il a notamment avancé l’idée d’un “cadre onusien”, estimant que cela “pourrait aider”.
Devant la presse, il a précisé : « La France entend tester les principaux partenaires, et en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité » des Nations unies, « sur l’opportunité d’avoir un cadre onusien sur ce que nous voulons faire sur Ormuz ».
Le président a souligné le caractère encore exploratoire de cette initiative : « Il y a une démarche exploratoire que nous avons commencée et nous verrons dans les prochains jours si elle a une chance d’aboutir ».
Le chef de l’État a indiqué avoir déjà échangé sur ce sujet avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, le Premier ministre indien Narendra Modi, ainsi qu’avec plusieurs dirigeants européens.
Paris se dit prêt à participer à une mission d’escorte de navires, mais refuse toute implication dans une opération de guerre. Emmanuel Macron a ainsi affirmé que « la France était prête, avec d’autres nations, à prendre la responsabilité d’un système d’escorte de navires dans le détroit, dans le cadre d’une mission qui n’a pas vocation à être une action de vive force ».
« En revanche, nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours », a-t-il affirmé
Liban-Israël : Macron dément toute proposition française de reconnaissance
Concernant les tensions entre Israël et le Liban, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de négociations directes, conditionnées à un accord israélien. Le président libanais Joseph Aoun a, lui, déjà exprimé sa disponibilité. Le chef de l’État a fermement démenti l’existence d’un plan français incluant une reconnaissance d’Israël par le Liban : « Il n’y a absolument pas de proposition française qui met dans la balance une reconnaissance » d’Israël par le Liban, « ça n’existe pas ».
“Notre rôle n’est pas d’imposer un plan”, insiste le président
Emmanuel Macron a précisé la posture diplomatique de la France, qui entend accompagner le Liban sans imposer de solution. « Notre rôle n’est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers, mais c’est d’être aux côtés du président, du Premier ministre, de leur gouvernement », a-t-il expliqué, « pour les aider à construire une proposition de solution, un chemin, et d’aider à ce qu’il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens« .
Il s’est montré prudemment optimiste : « J’espère que cela pourra se faire dans les prochains jours ou les prochaines semaines, mais en tout cas le plus vite possible ».
Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est rendu jeudi au Liban et doit poursuivre sa mission diplomatique en Israël. Le président français a également abordé la question du Hezbollah, estimant que son désarmement devait être pris en charge par l’armée libanaise, et non par Israël. Il a réitéré ses critiques à l’égard des opérations militaires en cours : « Nous pensons que l’opération militaire terrestre israélienne, comme les bombardements, ne sont pas adaptés et même sont inacceptables au regard du droit international ».
