- L’agence américaine S&P Global n’a pas modifié, vendredi 29 mai, la note souveraine de la France, maintenue à A+ avec perspective stable.
- Une décision attendue par les économistes, dans un contexte où le gouvernement met en avant sa discipline budgétaire face à la dégradation des finances publiques et aux tensions géopolitiques.
S&P Global opte pour le statu quo. L’agence de notation américaine a choisi de ne pas modifier la note de la dette française, actuellement évaluée à A+, correspondant à une dette de qualité « moyenne supérieure », avec une perspective stable. L’agence de notation n’a publié aucun commentaire détaillé, laissant inchangée son appréciation de la trajectoire financière de la France.
Dans une déclaration à la presse, Roland Lescure, ministre de l’Economie, a indiqué qu’il « prend acte de la décision de l’agence S&P de maintenir la note de la France ».
« Le gouvernement reste pleinement mobilisé pour poursuivre la réduction du déficit public et de la dette, afin de garantir dans la durée la solidité financière et la compétitivité de l’économie française », a-t-il ajouté.
Une décision attendue par les marchés
Les économistes anticipaient largement ce statu quo. Après la dégradation intervenue en octobre, lorsque S&P avait abaissé la note française d’un cran à A+, l’agence avait assorti sa décision d’une perspective stable, laissant peu de place à une nouvelle sanction immédiate.
Moody’s maintient pour sa part la France un cran au-dessus, à Aa3, tandis que Fitch avait également abaissé sa notation de la dette française un mois avant S&P.
Pour Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à l’institut Rexecode, un nouveau changement de note aurait été peu probable dans le contexte actuel. « Dans le choc géopolitique qu’on est en train de traverser, c’est rarement une bonne idée d’amplifier un problème alors qu’on est déjà en période de tension », expliquait-il à l’AFP.
Le gouvernement Lecornu mise sur la rigueur budgétaire
La décision de S&P intervient alors que l’exécutif cherche à rassurer sur sa capacité à contenir les comptes publics. Selon Anthony Morlet-Lavidalie, le gouvernement Lecornu « est très sérieux sur sa copie budgétaire ».
« Là, on a bien compris que les caisses étaient vides, et on est quasiment les moins-disants en Europe en termes d’aides accordées » face à la hausse des prix du carburant, souligne l’économiste. Selon lui, il aurait été « un peu le monde à l’envers de sanctionner la France au moment où elle est plus vertueuse que la moyenne ».
Six milliards d’euros d’économies pour absorber le choc
Le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel, a détaillé jeudi un plan d’économies de six milliards d’euros destiné à faire face au coût du conflit au Moyen-Orient.
L’Etat prendra à sa charge environ quatre milliards d’euros, avec 3,2 milliards d’euros de crédits gelés et 847 millions d’euros annulés. La Sécurité sociale contribuera, elle, à hauteur d’environ deux milliards d’euros, notamment via le gel des allègements de charges patronales sur les bas salaires.
Cette décision intervient malgré la hausse automatique du Smic de 2,4 % au 1er juin, déclenchée par une inflation désormais supérieure à 2 % sur un an.
Une stabilité fragile pour la dette française
Le maintien de la note française constitue un répit pour le gouvernement, mais il ne dissipe pas les interrogations sur la trajectoire budgétaire du pays. La dette publique et le déficit restent sous surveillance étroite des agences de notation, dans un environnement marqué par la hausse des dépenses contraintes, les tensions énergétiques et le ralentissement économique.
Pour l’exécutif, l’enjeu est désormais de démontrer que les annonces d’économies peuvent se traduire durablement dans les comptes publics, sans fragiliser davantage la croissance.
