- Lors de l’assemblée générale de TotalEnergies, Patrick Pouyanné a défendu le plafonnement des prix à la pompe comme une forme de redistribution directe aux automobilistes.
- Le PDG du groupe pétrolier rejette une nouvelle fois l’idée d’une taxe sur les profits exceptionnels, estimant que les Français préfèrent des rabais immédiats sur les carburants.
TotalEnergies assume une stratégie de soutien direct aux automobilistes. Face à la flambée des prix des carburants, TotalEnergies entend défendre son choix de plafonner les tarifs dans ses stations-service. Lors de l’assemblée générale du groupe, vendredi, Patrick Pouyanné a présenté cette mesure comme une réponse concrète au pouvoir d’achat des Français.
Depuis mars, le groupe applique un plafonnement des prix dans ses stations. L’essence est limitée à 1,99 euro le litre, tandis que le diesel est plafonné à 2,25 euros le litre. L’opération, prolongée jusqu’à fin juin, prévoit également une baisse ponctuelle du diesel à2,09 euros le litre durant les week-ends de la Fête des mères et de la Fête des pères.
Patrick Pouyanné rejette une taxe sur les profits exceptionnels
Interrogé sur l’hypothèse d’une nouvelle taxe sur les profits de TotalEnergies, Patrick Pouyanné a réaffirmé son opposition. Selon lui, les Français privilégient le bénéfice direct à la pompe plutôt qu’une taxation supplémentaire de l’entreprise.
« Ce que répondent les Français dans la grande majorité des sondages, c’est qu’ils préfèrent avoir le bénéfice direct à la pompe des rabais de TotalEnergies (…) plutôt que d’avoir une taxe qui alimentera en France, peut-être pas la transition énergétique ou la protection des consommateurs, mais plus sûrement le déficit de l’État », a-t-il déclaré.
Le dirigeant estime que cette perception a pesé dans l’évolution de la position du gouvernement. « C’est pour cela d’ailleurs, je pense, que le gouvernement a changé un peu d’avis sur la question », a-t-il ajouté.
« Ce n’est pas une opération gratuite »
Patrick Pouyanné présente le plafonnement des prix comme un effort financier assumé par le groupe. « Nous avons proposé de nous-mêmes une politique visant à protéger les Français par le partage, quelque part, de nos profits », a-t-il expliqué.
Le PDG insiste sur le coût de cette mesure pour TotalEnergies. « Parce que quand on met un plafond sur le prix de l’essence et du diesel, cela a un coût pour l’entreprise. Ce n’est pas une opération gratuite », a-t-il poursuivi.
Des profits déjà fortement taxés, selon le groupe
Le dirigeant a également contesté l’idée selon laquelle TotalEnergies échapperait à une fiscalité élevée sur ses bénéfices. Selon lui, une grande partie des profits supplémentaires générés par la hausse des prix de l’énergie est déjà captée par les pays producteurs.
« La vérité c’est qu’aujourd’hui ceux qui captent la plus grande partie des profits, ce sont les pays producteurs », a-t-il affirmé.
Patrick Pouyanné a précisé que le taux d’imposition mondial du groupe allait fortement progresser. « Notre taux d’imposition, comme en 2022, au niveau mondial va passer de 40 à 50 %. Cela veut dire que la taxation de nos profits supplémentaires est largement captée par les pays producteurs », a-t-il conclu.
Serge Papin salue le geste de TotalEnergies
Dans un contexte de défiance vis-à-vis des grandes entreprises énergétiques, le ministre du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a apporté son soutien à la démarche du groupe. Sur Sud Radio, il a tenu à « saluer le travail » de TotalEnergies et de son PDG.
« Je veux saluer le travail que fait Total, que fait Monsieur Pouyanné. On a la chance d’avoir une major qui est dans les trois premières majors mondiales », a déclaré le ministre.
Serge Papin a également rappelé que TotalEnergies ne se limitait pas aux énergies fossiles. Le groupe est aussi présent « sur les énergies alternatives, sur l’éolien, le photovoltaïque », a-t-il souligné.
Une image plus « sociétale » pour TotalEnergies
Pour le ministre, le plafonnement des carburants participe à une évolution de l’image du groupe. « Total qui était une enseigne qui passait pour climaticide, est en train de devenir une enseigne avec une dimension un peu sociétale », a estimé Serge Papin.
Le ministre a salué un geste ciblé sur la France, alors que TotalEnergies opère sur un marché mondial. « Il fait un focus sur la France pour nous aider, aider les citoyens, les automobilistes… Moi je trouve qu’il fait le job », a-t-il martelé.
Avant de nuancer : « Je ne vais pas l’encenser non plus mais en tant que ministre du Pouvoir d’achat j’apprécie ».
En prolongeant le plafonnement des prix à la pompe, TotalEnergies cherche à se positionner comme un acteur du pouvoir d’achat, tout en évitant le retour d’un débat politique sur la taxation des superprofits. Pour Patrick Pouyanné, le message est clair : mieux vaut, selon lui, une baisse visible et immédiate pour les automobilistes qu’une contribution fiscale dont l’usage resterait incertain.
