- Malgré une croissance de 22 % de ses revenus, Oracle annonce la suppression de 30 000 postes dans le monde.
- Une décision brutale qui illustre la transformation accélérée du géant américain vers l’intelligence artificielle, sur fond d’endettement massif.
Une annonce brutale qui secoue des milliers de salariés. « Aujourd’hui est votre dernier jour de travail. » C’est par cette phrase lapidaire que 30 000 employés d’Oracle ont appris leur licenciement. Envoyé à 6 heures du matin (heure américaine), ce mail marque l’une des décisions les plus radicales de l’histoire de l’entreprise.
Selon Business Insider, il s’agit de la plus vaste vague de suppressions de postes jamais engagée par le groupe. Le 31 mars, des salariés basés aux États-Unis, en Inde, au Canada, au Mexique et dans plusieurs autres pays ont reçu un message identique annonçant la fin immédiate de leur contrat : « Après mûre réflexion et compte tenu des besoins actuels d’Oracle, nous avons décidé de supprimer votre poste dans le cadre d’une restructuration plus large. »
Le message se conclut par des remerciements pour le « travail acharné et l’impact » des employés « pendant [leur] séjour » dans l’entreprise.
Des résultats solides… mais une pression financière croissante
Cette décision intervient pourtant dans un contexte financier favorable. D’après The Independent, Oracle a enregistré une hausse de 22 % de ses revenus au dernier trimestre, des performances qualifiées d’ »exceptionnelles » par la direction.
Mais derrière ces résultats, la réalité boursière est plus contrastée. L’action du groupe a chuté de près de 25 % sur la même période, une baisse plus marquée que celle des autres géants technologiques.
Fondée par Larry Ellison, l’entreprise comptait environ 162 000 employés en mai 2025. Avec 30 000 suppressions de postes, près de 18 % des effectifs sont concernés.
Le virage stratégique vers l’intelligence artificielle
Au cœur de cette restructuration : un virage massif vers l’intelligence artificielle. Oracle a engagé des investissements colossaux dans la construction de datacenters destinés à soutenir ses ambitions dans le cloud et l’IA. Après une levée de fonds de 50 milliards de dollars en dette et en actions en janvier, Bloomberg estimait que la trésorerie du groupe resterait dans le rouge au moins jusqu’en 2030.
Ces choix stratégiques pèsent lourdement sur les finances de l’entreprise, qui cherche désormais à réduire ses coûts pour maintenir sa compétitivité.
Oracle ne se contente pas d’investir dans l’IA : l’entreprise l’utilise déjà pour remplacer certaines fonctions internes. Des programmes pilotes ont été menés avec des agents capables d’assurer des tâches d’administration de bases de données, jusqu’ici réalisées par des ingénieurs.
Une évolution qui s’inscrit dans une tendance globale du secteur technologique. En 2025, Microsoft, Meta et Intel ont eux aussi supprimé des dizaines de milliers d’emplois pour accélérer leur transition vers l’intelligence artificielle.
