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mercredi, avril 29, 2026
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Commerce UE-Chine : Pedro Sánchez met Pékin face au défi du rééquilibrage

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  • En visite officielle en Chine, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez appelle Pékin à ouvrir davantage son marché aux produits européens.
  • Face à un déficit commercial jugé « intenable », Madrid veut rééquilibrer ses échanges avec la deuxième économie mondiale, dans un contexte de tensions commerciales internationales.

   En déplacement en Chine pour une visite de trois jours, Pedro Sánchez a lancé un message clair aux autorités chinoises : l’Europe attend davantage d’ouverture commerciale de la part de Pékin. Depuis l’université Tsinghua, à Pékin, le chef du gouvernement espagnol a insisté sur la nécessité d’un rééquilibrage des relations économiques.

« L’Union européenne fait sa part (…) Nous avons besoin que la Chine fasse de même. Qu’elle s’ouvre pour que l’Europe n’ait pas à se replier sur elle-même », a-t-il déclaré devant un parterre d’étudiants et de responsables académiques.

Cette intervention marque le coup d’envoi officiel de sa visite, la quatrième en Chine en quatre ans, signe du poids stratégique accordé par Madrid à ses relations avec Pékin.

Un déficit commercial « intenable » pour l’Europe

Au cœur des préoccupations : l’ampleur du déficit commercial entre l’Union européenne et la Chine. Une situation que Pedro Sánchez juge préoccupante, voire dangereuse à moyen terme. « L’UE a besoin que la Chine nous aide à corriger le déficit commercial que nous avons avec elle, un déficit non équilibré, qui a encore augmenté de 18% l’an dernier, et qui est intenable pour nos sociétés à moyen et long terme », a-t-il affirmé.

Le dirigeant espagnol a illustré cette réalité par les chiffres nationaux : le déficit commercial avec la Chine représente à lui seul 74%du déficit total de l’Espagne. Selon lui, ce déséquilibre alimente des tensions internes croissantes. « Cette situation est intenable en raison des mouvements isolationnistes qu’elle nourrit et des ressentiments et des souffrances sociales qu’elle engendre », a-t-il souligné.

La visite de Pedro Sánchez intervient dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes. Plusieurs dirigeants occidentaux multiplient les déplacements en Chine afin de sécuriser leurs relations économiques, alors que les tensions avec les États-Unis persistent.

Le président américain Donald Trump a récemment menacé de rompre ses échanges commerciaux avec l’Espagne après le refus de Madrid de mettre à disposition ses bases militaires pour des opérations contre l’Iran. Une pression supplémentaire qui pousse les Européens à diversifier leurs partenariats.

Dans ce contexte, Pedro Sánchez a également défendu le rôle central de l’Union européenne sur la scène internationale, appelant Pékin à ne pas sous-estimer son poids économique. Il a rappelé que l’UE constitue le premier bloc commercial mondial, la deuxième économie de la planète et le premier bénéficiaire d’investissements directs étrangers.

Un plaidoyer pour le multilatéralisme et la stabilité

Adoptant un ton diplomatique en phase avec les attentes chinoises, le Premier ministre espagnol a présenté l’Europe comme un acteur clé de la stabilité mondiale. Il a plaidé en faveur d’un multilatéralisme renforcé et d’une réforme des institutions internationales, notamment de l’ONU, dans un monde marqué par les tensions géopolitiques et les rivalités économiques.

Au-delà des discours, Madrid attend des avancées concrètes. L’un des principaux objectifs de cette visite est d’obtenir un meilleur accès au marché chinois pour les produits espagnols, notamment dans les secteurs agricole et industriel.

Le gouvernement espagnol souhaite également développer des partenariats technologiques et attirer davantage d’investissements chinois en Espagne, quatrième économie de la zone euro. Autre enjeu stratégique : l’accès aux matières premières chinoises, essentielles pour plusieurs filières industrielles européennes.

Des relations commerciales en progression, mais déséquilibrées

Les échanges entre les deux pays restent dynamiques, mais profondément asymétriques. En 2025, l’Espagne a enregistré un déficit commercial de 42,3 milliards d’euros avec la Chine. Dans le même temps, les exportations espagnoles vers le marché chinois ont progressé de 6,8%, une hausse que Madrid attribue à la solidité de ses relations bilatérales avec Pékin.

Lors de sa précédente visite en avril 2025, Pedro Sánchez avait déjà obtenu des avancées, avec l’élargissement de l’accès au marché chinois pour plusieurs produits espagnols, notamment le porc et les cerises.

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