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jeudi, avril 30, 2026
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Airbus pénalisé par les moteurs Pratt & Whitney, bénéfice en recul de 26 % au premier trimestre

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  • Freiné par des livraisons d’avions commerciaux en retrait, Airbus voit ses résultats reculer en début d’année.
  • En cause, des pénuries persistantes de moteurs Pratt & Whitney, tandis que Boeing reprend l’avantage sur les livraisons.

   Le ralentissement était attendu, il se confirme. Airbus a publié un bénéfice net en baisse de 26 %, à 586 millions d’euros au premier trimestre. Le chiffre d’affaires recule dans le même temps de 7 %, à 12,65 milliards d’euros.

En toile de fond, une mécanique bien connue du secteur aéronautique : les livraisons d’appareils conditionnent largement la reconnaissance du chiffre d’affaires. Or, celles-ci ont été freinées en début d’année.

« Ces résultats reflètent un niveau plus faible de livraisons d’avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space », a déclaré Guillaume Faury, directeur général du groupe, en pointant également « la pénurie de moteurs Pratt & Whitney ».

Boeing repasse devant

Le différentiel est net. Depuis janvier, Airbus a livré 114 avions commerciaux, contre 143 pour Boeing. L’avionneur américain, engagé dans une phase de redressement, reprend ainsi l’avantage sur son rival européen.

Un signal observé de près par les marchés : dans ce duopole mondial, le rythme des livraisons constitue un indicateur avancé de performance industrielle et financière, les compagnies aériennes réglant l’essentiel du prix à la réception des appareils.

Une trésorerie sous pression

Conséquence directe de ce trou d’air : la dégradation de la trésorerie. Le flux de trésorerie disponible consolidé avant financement des clients ressort à -2,485 milliards d’euros, contre -310 millions d’euros un an plus tôt.

Airbus précise que cette évolution « reflète principalement le faible niveau de livraisons d’avions commerciaux », confirmant l’effet immédiat de ces retards sur la génération de cash.

L’A320 contraint par la chaîne d’approvisionnement

La principale fragilité se concentre sur la famille A320, locomotive commerciale du groupe. Les tensions sur les moteurs fournis par Pratt & Whitney continuent de perturber la montée en cadence. « Pratt & Whitney reste le principal facteur limitant du rythme de montée en cadence, avec un impact sur 2026 et 2027 », souligne Airbus.

Dans ce contexte, l’avionneur maintient un objectif de production compris entre 70 et 75 appareils par mois d’ici fin 2027, une trajectoire déjà ajustée à la baisse en début d’année.

À l’inverse, la branche défense et spatial confirme sa bonne orientation. Le chiffre d’affaires d’Airbus Defence and Space progresse de 7 %, à 2,8 milliards d’euros.

« Dans la défense, notre priorité reste de répondre à la demande mondiale en augmentant la production sur l’ensemble de notre portefeuille de produits et de services. Dans ce contexte, nos perspectives pour 2026 restent inchangées« , a indiqué Guillaume Faury.

 Des objectifs maintenus malgré les tensions

Malgré ces difficultés conjoncturelles, Airbus ne revoit pas ses ambitions à moyen terme. Le groupe vise toujours 870 livraisons d’avions commerciaux en 2026, au-delà du record de 2019.

L’avionneur peut s’appuyer sur un carnet de commandes robuste, avec 9.037 appareils, soit plus de dix années de production au rythme actuel — un matelas de visibilité rare dans l’industrie.

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