- Le géant sud-coréen Samsung étudie la possibilité d’une cotation indirecte à Wall Street via un American Depositary Receipt (ADR), selon Bloomberg.
- Si aucune décision n’a été prise et que le groupe dément examiner activement cette option, le succès historique de SK Hynix sur le marché américain relance les spéculations autour d’une telle opération.
Samsung Electronics pourrait prochainement renforcer sa présence auprès des investisseurs américains. Selon des informations de Bloomberg, le groupe sud-coréen mène des réflexions préliminaires sur une éventuelle émission d’American Depositary Receipts (ADR), un mécanisme permettant aux investisseurs américains d’acheter des certificats représentant des actions de sociétés étrangères sans que celles-ci soient directement cotées aux États-Unis.
D’après des sources proches du dossier citées par l’agence, Samsung aurait déjà engagé des discussions exploratoires avec plusieurs banques d’affaires. Aucune décision n’aurait toutefois été arrêtée à ce stade.
Le groupe suivrait avec attention l’évolution du marché des semi-conducteurs, notamment celui de la mémoire vive, dont la forte volatilité pourrait influencer le calendrier d’une éventuelle opération.
Samsung a toutefois tenu à tempérer ces informations. Interrogé par Bloomberg, un porte-parole de l’entreprise a déclaré que « la société n’était pas actuellement en train d’examiner la possibilité d’émettre des ADR ».
Le précédent SK Hynix change la donne
Cette réflexion intervient quelques jours seulement après le spectaculaire succès de son rival sud-coréen SK Hynix. Le fabricant de semi-conducteurs a lancé vendredi dernier son ADR à Wall Street, levant 26,5 milliards de dollars, un montant record pour une entreprise étrangère sur la place américaine.
L’enthousiasme des investisseurs s’est immédiatement traduit en Bourse, l’ADR de SK Hynix s’envolant de 13 % dès sa première séance. Ce succès pourrait inciter Samsung à reconsidérer sa stratégie de financement et de visibilité internationale, alors que les deux groupes dominent largement la Bourse de Séoul.
Deux géants portés par la révolution de l’intelligence artificielle
Samsung et SK Hynix représentent à eux seuls près de 60 % de la capitalisation boursière de la place sud-coréenne. Cette année, les deux entreprises ont franchi le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars de valorisation boursière, illustrant l’engouement des marchés pour les fabricants de puces liés à l’intelligence artificielle.
Samsung affiche aujourd’hui une capitalisation d’environ 1.161 milliards de dollars, tandis que SK Hynix atteint près de 913 milliards de dollars.
La progression des deux groupes est alimentée par la forte demande mondiale en composants destinés à l’IA et par la pénurie persistante de mémoires vives, qui a entraîné une hausse des prix et dopé les revenus du secteur.
Les puces HBM au cœur de la croissance
Samsung profite particulièrement de son expertise dans les mémoires HBM (High Bandwidth Memory), des puces à très haute bande passante devenues indispensables pour les infrastructures d’intelligence artificielle.
Plus complexes à produire que les mémoires traditionnelles, ces composants sont essentiels pour l’entraînement et surtout l’inférence des grands modèles de langage (LLM), c’est-à-dire leur déploiement à grande échelle.
Selon Citi, cette technologie constitue désormais un élément clé de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle générative, soutenant durablement la demande mondiale.
Des performances financières record malgré quelques incertitudes
L’environnement reste néanmoins contrasté pour Samsung. Outre les fluctuations du marché de la mémoire, les tensions sociales pourraient également peser sur une éventuelle opération boursière.
Selon Bloomberg, la diversité des activités du groupe et ses relations parfois tendues avec ses salariés pourraient compliquer un projet d’ADR. L’an dernier, Samsung avait notamment accepté de verser l’équivalent de 290.000 euros de primes à chacun de ses employés de la division semi-conducteurs afin d’éviter une grève.
Sur le plan financier, le groupe enchaîne toutefois les records. La semaine dernière, Samsung a publié des résultats préliminaires particulièrement solides pour le deuxième trimestre, anticipant une envolée de 1.810,3 % de son résultat d’exploitation, à 51 milliards d’euros, un niveau inédit sur un trimestre.
En Bourse, le titre poursuit également son ascension avec une progression de 119,35 % depuis le début de l’année et de 313 % sur les douze derniers mois, porté par la dynamique exceptionnelle du marché mondial de l’intelligence artificielle.
