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Recettes fiscales : une hausse de 3,7 % qui ne suffira pas à contenir le déficit

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  • Les recettes fiscales françaises ont progressé de 3,7 % au premier semestre 2026, pour atteindre 275,4 milliards d’euros, selon la Direction générale des Finances publiques.
  • Une embellie portée par la TVA, mais aussi par des hausses de taux et des effets de calendrier qui invitent à la prudence.

    L’atonie de l’économie française n’a pas empêché les recettes fiscales de progresser au premier semestre. Selon les dernières données de la Direction générale des Finances publiques, l’administration a collecté 275,4 milliards d’euros entre janvier et juin 2026, soit 3,7 % de plus qu’au cours de la même période en 2025.

Cette évolution contraste avec une activité économique quasiment à l’arrêt. Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,2 % au premier trimestre, avant de rester stable au deuxième trimestre, selon l’Insee.

La TVA résiste mieux que prévu

« La progression de ces recettes budgétaires est portée principalement par les autres impôts et taxes, comprenant notamment les taxes sur les assurances et celle sur les transactions financières, les impôts sur la consommation ou encore les impôts sur le revenu des ménages et des sociétés », souligne la DGFiP.

Premier poste de recettes, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a rapporté 120,5 milliards d’euros au premier semestre. Sa collecte a augmenté de 3,2 % sur un an, soit un rythme plus de deux fois supérieur à celui retenu dans la dernière prévision gouvernementale.

Les recettes de l’impôt sur le revenu ont, de leur côté, atteint 44,5 milliards d’euros, en progression de 2,7 %. La publication synthétique de la DGFiP fait toutefois apparaître une hausse de 1 % pour le périmètre des impositions sur le revenu des ménages, une différence qui peut résulter du recours à des périmètres ou à des agrégats distincts.

Des hausses de taux derrière une partie du rebond

Cette bonne tenue des recettes ne traduit toutefois pas une accélération générale de l’activité. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, appelle ainsi à ne pas tirer de conclusions trop rapides de ces résultats.

Hormis la TVA, où « il y a eu un dynamisme plus important qu’attendu, sur le reste, ce sont plutôt soit des augmentations de taux, soit des effets de base. Donc il ne faut pas trop surinterpréter cette bonne surprise », explique-t-il à BFM Business.

La taxe sur les transactions financières illustre cette situation. Ses recettes ont bondi de 53,7 %, à 1,5 milliard d’euros. Cette envolée tient principalement au relèvement du taux de la taxe, passé de 0,3 % à 0,4 % à compter du 1er avril 2025, rappelle la DGFiP.

Les taxes spécifiques appliquées aux assurances ont également rapporté 500 millions d’euros de plus qu’un an auparavant, soit une hausse de 6,2 %. L’administration fiscale estime que cette évolution peut être partiellement liée à la progression de 4,2 % de l’indice moyen des prix des assurances entre les premiers semestres 2025 et 2026.

À l’inverse, les recettes provenant des accises sur les tabacs et les alcools ont reculé. La DGFiP chiffre précisément cette baisse à 11,6 % sur un an.

Des recettes d’entreprises soutenues par le calendrier

Du côté des entreprises, les impôts de production ont généré 19 milliards d’euros, en hausse de 5,6 %. Les recettes liées à l’imposition des bénéfices ont, quant à elles, atteint 32 milliards d’euros, soit une progression de 2,3 %.

Ces évolutions doivent néanmoins être interprétées avec précaution. Les recettes de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) ont augmenté de 28,6 %, mais cette hausse est « pour partie en trompe-l’œil », prévient la DGFiP.

Le budget 2025 avait en effet instauré une contribution complémentaire de CVAE, attendue au 15 septembre de cette même année. Une part plus importante des recettes avait donc été encaissée au second semestre 2025. « Au global, y compris contribution complémentaire, le taux de CVAE est inchangé entre 2025 et 2026 », précise l’administration.

Même prudence concernant l’impôt sur les sociétés. La hausse observée demeure « à ce stade de l’année encore essentiellement brute », car les comptes intègrent deux acomptes et une partie du solde. Des restitutions de trop-versés et des remboursements de crédits d’impôt doivent encore intervenir au cours des prochains mois.

Un déficit toujours attendu au-dessus de 5 %

La progression des recettes constitue une amélioration bienvenue pour les finances publiques, mais elle paraît insuffisante pour permettre au gouvernement de respecter sa cible de déficit.

« Le 5 % n’est toujours pas un scénario central à date. Il est plutôt probable qu’on finisse autour de 5,2 %, 5,3 %. Peut-être, si on est optimiste, autour de 5,1 %, mais on sera en deçà de la cible du gouvernement. Ça paraît difficile à atteindre aujourd’hui en l’état », prévient Anthony Morlet-Lavidalie.

La hausse des encaissements du premier semestre ne règle donc pas l’équation budgétaire. Une partie de la progression repose sur des mesures fiscales, des effets de base ou un calendrier de perception favorable, dont la contribution aux recettes ne pourra être pleinement évaluée qu’à la clôture de l’exercice 2026.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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