L'AIE anticipe désormais une chute de 2,5 mb/j de la demande mondiale de pétrole en 2026, contre 1,6 mb/j un mois plus tôt. En cause, des prix des carburants exceptionnellement élevés et une offre du Golfe amputée par le conflit entre les États-Unis et l'Iran.
| Demande mondiale de pétrole 2026 | 102,44 mb/jcontre 103,29 mb/j dans la précédente estimation |
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| Recul de la consommation mondiale en 2026 | 2,5 millions de barils par jourcontre 1,6 mb/j prévu un mois plus tôt |
| Offre saoudienne de brut en août | 6 mb/jplus bas niveau depuis plus de trente ans, après une chute de 2,3 mb/j |
| Prix du diesel aux États-Unis | 6 dollars le gallontandis que le brut se rapproche de 110 dollars le baril |
| Prélèvements sur stocks depuis février | 507 millions de barilssoit une moyenne de 2,8 mb/j |
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) assombrit une nouvelle fois ses perspectives pour le marché pétrolier mondial. Dans son rapport sur le marché pétrolier de septembre 2026, publié vendredi 11 septembre, l’organisation estime que la consommation mondiale de pétrole devrait reculer de 2,5 millions de barils par jour (mb/j) cette année.
Un mois plus tôt, l’agence tablait encore sur une contraction limitée à 1,6 mb/j. La demande mondiale devrait ainsi s’établir à environ 102,44 mb/j en 2026, contre 103,29 mb/j dans sa précédente estimation.
Cette baisse plus prononcée s’explique notamment par le niveau exceptionnellement élevé des prix des carburants, qui pèse sur la consommation mondiale. L’AIE prévoit toutefois un rebond de la demande de 2,6 mb/j en 2027. À l’inverse, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) anticipe encore une progression de 380 000 barils par jour en 2026, selon les données rapportées par Reuters.
Plus de 10 millions de barils par jour indisponibles dans le Golfe
Le marché reste surtout confronté à une sévère contraction de l’offre. La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran depuis la fin août a aggravé les risques pesant sur les voies maritimes du Moyen-Orient.
Des pétroliers et des installations énergétiques ont été visés dans la région, tandis que les conditions de sécurité continuent de perturber la navigation dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge. Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage du commerce pétrolier mondial, avec environ 20 % des flux internationaux de pétrole.
Plus de 10 mb/j de capacités demeurent à l’arrêt dans le Golfe. En août, l’offre pétrolière mondiale a ainsi reculé de 1,6 mb/j. La production de l’Opep et de ses alliés a, de son côté, diminué de 1,8 mb/j, à 38,8 mb/j.
L’Arabie saoudite figure parmi les pays les plus touchés. Son offre de brut a chuté de 2,3 mb/j en août, à 6 mb/j, son plus bas niveau depuis plus de trente ans. Cette baisse s’explique notamment par les attaques contre les infrastructures énergétiques saoudiennes et les routes maritimes de la région, selon une analyse distincte publiée par Reuters.
Le retour à la normale repoussé à 2027
Sur l’ensemble de l’année, la production pétrolière mondiale devrait diminuer de 5,7 mb/j, soit environ 6 %, pour s’établir autour de 100,7 mb/j. La précédente prévision de l’agence faisait état d’un recul proche de 4 %.
L’impasse persistante des discussions destinées à mettre fin au conflit au Moyen-Orient éloigne la perspective d’une normalisation rapide. Le rétablissement complet des capacités pétrolières du Golfe, initialement envisagé en 2026, ne serait désormais pas attendu avant 2027.
Les exportations pétrolières totales des pays du Golfe se sont établies à environ 13 mb/j en août, soit près de la moitié de leur niveau d’avant-guerre. Les tentatives de réorientation d’une partie des flux vers d’autres terminaux régionaux n’ont donc compensé que partiellement les perturbations du transport maritime.
Une tension plus forte sur le diesel
Les difficultés se révèlent encore plus aiguës sur les produits raffinés que sur le pétrole brut. Aux États-Unis, le diesel a franchi la barre des 6 dollars le gallon, tandis que les prix du brut se sont rapprochés de 110 dollars le baril au cours de la semaine.
Le diesel et le gazole représentent près de 30 % de la demande pétrolière mondiale. La hausse plus rapide des prix des carburants par rapport à ceux du brut a propulsé les marges de raffinage à des niveaux record dans le bassin atlantique.
Cette tension était déjà visible au début du mois de septembre. Le prix moyen du diesel aux États-Unis avait alors atteint 5,82 dollars le gallon, dépassant son précédent record de juin 2022, selon les données de GasBuddy citées par Reuters.
Les débits mondiaux des raffineries ont atteint 81,4 mb/j en août, en hausse de 960 000 barils par jour par rapport à juillet, mais en baisse de 4,2 mb/j sur un an. Pour l’ensemble de 2026, l’AIE prévoit un recul de 2,6 mb/j des volumes de brut traités, à 81,5 mb/j.
Les stocks mondiaux jouent leur rôle d’amortisseur
Face à une offre insuffisante, les stocks pétroliers ont jusqu’à présent permis d’équilibrer le marché. Les réserves mondiales observées ont diminué d’environ 95 millions de barils supplémentaires en août, soit un rythme proche de 3,1 mb/j. Elles sont revenues à un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2023.
Les prélèvements cumulés depuis février atteignent 507 millions de barils, correspondant à une moyenne de 2,8 mb/j. Dans les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les stocks ont néanmoins progressé de 23 millions de barils en août.
Cette augmentation a été portée par les réserves commerciales, qui ont plus que compensé un prélèvement de 19 millions de barils dans les stocks publics. Mais l’amenuisement des réserves réduit progressivement la capacité du marché à absorber de nouvelles perturbations.
La combinaison d’une offre du Golfe durablement amputée, de stocks en baisse et d’un système mondial de raffinage sous tension pourrait ainsi maintenir les prix des produits pétroliers à des niveaux élevés, malgré la contraction attendue de la demande.
Questions fréquentes
De combien la demande mondiale de pétrole va-t-elle baisser en 2026 ?
L'AIE prévoit un recul de 2,5 mb/j de la consommation mondiale en 2026, portant la demande à environ 102,44 mb/j, avant un rebond de 2,6 mb/j attendu en 2027.
Pourquoi l'offre pétrolière du Golfe s'effondre-t-elle ?
La reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran depuis fin août a visé pétroliers et installations. Plus de 10 mb/j de capacités restent à l'arrêt dans le Golfe.
Combien coûte le diesel aux États-Unis ?
Le diesel a franchi les 6 dollars le gallon. Début septembre, son prix moyen atteignait déjà 5,82 dollars le gallon, dépassant le record de juin 2022, selon GasBuddy.
Quand les capacités pétrolières du Golfe reviendront-elles à la normale ?
Le rétablissement complet, d'abord envisagé en 2026, n'est désormais pas attendu avant 2027, l'impasse des discussions sur le conflit éloignant une normalisation rapide.
