- Face au rebond des cours du pétrole et aux nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz, le gouvernement prévoit de maintenir les dispositifs destinés aux secteurs les plus pénalisés par la hausse des carburants.
- Les modalités et la durée de ces soutiens doivent encore être négociées avec les entreprises concernées.
Le gouvernement français entend prolonger les aides accordées aux entreprises fortement dépendantes des carburants. Invitée de BFMTV-RMC lundi 31 août, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie, a confirmé que les dispositifs existants ne seraient pas interrompus dans l’immédiat.
Cette annonce intervient après une nouvelle poussée des tensions dans le détroit d’Ormuz, dans la nuit de dimanche à lundi. La dégradation de la situation fait craindre une nouvelle envolée des prix à la pompe, alors que le baril de Brent a franchi le seuil des 90 dollars.
Des aides ciblées pour les secteurs les plus exposés
« Nous souhaitons poursuivre les aides sectorielles pour les entreprises les plus touchées », a déclaré Maud Bregeon. Le gouvernement doit désormais engager des discussions avec les représentants des professions concernées afin de déterminer les conditions de leur prolongation et le calendrier retenu.
Malgré la forte dégradation des comptes publics, l’exécutif privilégie des soutiens concentrés sur les activités dont les coûts sont particulièrement sensibles aux fluctuations des prix de l’énergie.
La ministre a ainsi défendu des « aides ciblées à destination de ceux qui en ont réellement besoin », citant notamment les pêcheurs et les transporteurs. Les guichets, dont la fermeture était initialement prévue lundi soir, devraient donc rester ouverts, selon les déclarations rapportées par Le Parisien.
L’aide aux gros rouleurs appelée à se poursuivre
Le gouvernement envisage également de maintenir l’aide destinée aux « gros rouleurs ». Lancé en mai, ce dispositif permet aux travailleurs aux revenus modestes qui utilisent quotidiennement leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail de percevoir une aide d’une centaine d’euros.
Son déploiement reste toutefois incomplet. Sur les quelque trois millions de personnes potentiellement éligibles, moins de la moitié ont effectué les démarches nécessaires.
« 1,4 million de Français ont fait cette demande », a précisé Maud Bregeon. « Nous estimons qu’il est légitime qu’il y ait un acte volontaire pour en bénéficier. J’appelle tous les Français à faire cette demande. »
Le chèque énergie reconduit pour 4,2 millions de foyers
L’exécutif prévoit parallèlement de reconduire le chèque énergie, destiné à soutenir les ménages modestes face à leurs dépenses d’électricité, de gaz ou de chauffage.
D’après Maud Bregeon, cette aide représentera « entre 150 et 270 euros pour 4,2 millions de foyers ». Son maintien s’inscrit dans la stratégie gouvernementale consistant à privilégier des mesures ciblées plutôt qu’un dispositif général de baisse des prix ou de la fiscalité sur les carburants.
Le budget 2027 sous la menace d’une censure
Ces nouvelles dépenses sont annoncées dans un environnement économique et budgétaire tendu. Malgré une croissance nulle au deuxième trimestre, la ministre a assuré que « tout sera fait pour atteindre les objectifs fixés » dans le budget 2026.
Les discussions autour du projet de budget pour 2027 doivent débuter en octobre. Elles s’annoncent particulièrement difficiles dans une Assemblée nationale dépourvue de majorité stable.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a déjà menacé de censurer le gouvernement, alors que les députés socialistes avaient permis l’adoption du précédent budget en renonçant à voter la censure. « Si on prive ce pays du budget, il y a un risque financier », a averti Maud Bregeon.
