À la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, Emmanuel Macron a plaidé pour une relance du multilatéralisme. Le chef de l'État a réaffirmé son soutien à la solution à deux États pour Gaza, proposé un double moratoire sur les frappes en Ukraine et appelé à une coalition pour une IA indépendante des États-Unis et de la Chine.
Emmanuel Macron appelle à redonner aux Nations unies leur « vitalité ». Dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, le chef de l’État a exhorté la communauté internationale à « ne rien céder » à « l’esprit de défaite » et à « l’abus de pouvoir », dénonçant une fragmentation progressive de l’ordre mondial.
« Ne rien céder à ce qui est en train de s’installer, qui est au fond une lente division du monde, un esprit de défaite (..) qui laisserait quelques-uns dans l’abus de pouvoir », a-t-il déclaré. Il a notamment visé les « empires qui menacent la souveraineté» des autres et « quelques-uns » qui voudraient « concentrer les richesses ».
Le multilatéralisme face aux rapports de force
Pour le président français, la défense de l’Organisation des Nations unies engage la capacité des États à faire prévaloir des règles communes sur la seule puissance.
« La question qui nous est posée de manière très simple consiste à savoir si nous voulons vivre dans cet état de nature, avec une forme de retour de la loi de la jungle ou dans une société internationale civilisée », a-t-il affirmé.
Face à cette alternative, Emmanuel Macron a défendu une relance de l’action collective : « Nous devons retrouver ce qu’est la vitalité de notre Organisation, ce multilatéralisme qui est la défense d’un intérêt commun, d’une justice pour tous. »
Gaza : la solution à deux États au cœur du plaidoyer français
Sur le Proche-Orient, le chef de l’État a réaffirmé son soutien à une solution à deux États pour les Palestiniens et les Israéliens. Il a jugé inacceptable de « contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous » à Gaza et en Cisjordanie sans agir.
« Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? », a-t-il lancé. Selon lui, la construction d’une solution à deux États constitue une condition de la « sécurité d’aujourd’hui et de demain pour Israël et son peuple ».
Emmanuel Macron a également critiqué les agissements israéliens en Cisjordanie, en affirmant que le Hamas n’était pas actif sur ce territoire où siège l’Autorité palestinienne. Cette affirmation a provoqué une vive réaction du bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou : « L’absurdité grotesque des propos d’Emmanuel Macron est sidérante », a-t-il déclaré.
Ukraine : des moratoires sur les frappes et en mer Noire
Concernant la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a soutenu « un double moratoire » sur les frappes visant les sites énergétiques et les infrastructures civiles en Russie et en Ukraine.
Le président français a également relié la situation en mer Noire aux enjeux d’approvisionnement alimentaire. Il a appelé à « un moratoire sur la mer Noire qui permettra de libérer les céréales et d’apporter une réponse à la question de sécurité alimentaire ô combien cruciale pour tant de pays émergents et en développement ».
Ces propositions visent ainsi à protéger les infrastructures et à faciliter la circulation des céréales, dont dépendent les approvisionnements de nombreux pays.
Intelligence artificielle : une coalition pour réduire les dépendances
Le discours a aussi porté sur la souveraineté technologique. Emmanuel Macron a exhorté les États « attachés à leur indépendance » à développer une intelligence artificielle alternative afin de ne dépendre ni des États-Unis ni de la Chine.
Il a appelé à ce que « cette coalition des indépendants (…) qui ne veulent pas devenir les vassaux de l’un ou l’autre des deux grandes puissances mondiales » se rassemble pour développer un modèle d’IA de pointe « open source ».
Cette coopération reposerait sur le partage des moyens technologiques et financiers : « en mutualisant les capacités de calcul qui sont à leur disposition, en mutualisant leurs capacités d’investissement », a-t-il précisé. L’objectif serait de construire un modèle partagé entre les pays participants.
Questions fréquentes
Que propose Macron sur Gaza à l'ONU ?
Emmanuel Macron réaffirme son soutien à une solution à deux États pour les Palestiniens et les Israéliens, jugeant inacceptable de rester inactif face à Gaza et à la Cisjordanie.
Quelle est la proposition de Macron sur l'Ukraine ?
Il soutient un double moratoire sur les frappes visant les sites énergétiques et infrastructures civiles, et un moratoire en mer Noire pour libérer les céréales et répondre à la sécurité alimentaire.
Que veut Macron pour l'intelligence artificielle ?
Il appelle les États attachés à leur indépendance à former une coalition pour développer une IA de pointe open source, indépendante des États-Unis et de la Chine, en mutualisant leurs capacités.
Comment Netanyahou a-t-il réagi aux propos de Macron ?
Le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a dénoncé « l'absurdité grotesque » des propos de Macron affirmant que le Hamas n'était pas actif en Cisjordanie.
