En marge de l'Assemblee generale de l'ONU, Emmanuel Macron s'est dit pret a renforcer l'engagement militaire francais pour assurer le transit dans le detroit d'Ormuz. Le president exclut toutefois de participer a la guerre contre l'Iran et appelle Washington a debloquer la situation.
La France pourrait renforcer son engagement pour rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Dans un entretien accordé à ABC News, mardi 22 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, Emmanuel Macron a ouvert la voie à une implication militaire accrue, tout en réaffirmant les limites de l’action française.
« Je ne souhaite entrer en confrontation avec aucun pays, mais nous sommes prêts à nous impliquer davantage afin de préserver certaines capacités permettant d’assurer ce transit, oui », a déclaré le président de la République, interrogé sur une éventuelle contribution des armées françaises à la réouverture du détroit.
Cette disponibilité ne s’accompagne, dans les propos rapportés, ni d’un calendrier ni de précisions sur les moyens qui pourraient être mobilisés. Elle traduit la volonté de Paris de contribuer à la sécurité du passage maritime, sans rejoindre la guerre contre l’Iran.
Macron appelle Washington à débloquer la situation
La réouverture du détroit d’Ormuz figurait au cœur de la rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump, lundi 21 septembre à New York. Selon le chef de l’État français, le « principal objectif » de cet échange était de « trouver le bon accord pour rouvrir » ce passage stratégique.
Interrogé sur une éventuelle sous-estimation de la capacité de nuisance de Téhéran, Emmanuel Macron a assuré ne vouloir « pas blâmer qui que ce soit ici ». Il a néanmoins estimé que la situation « a probablement été sous-estimée, et nous devons aujourd’hui remédier à ce problème ».
« Le régime iranien s’est rendu compte qu’il avait cet atout en main » lorsque la guerre a éclaté, a-t-il observé sur ABC News. Le président français considère désormais l’intervention diplomatique américaine comme déterminante pour sortir de l’impasse.
« Nous en sommes là où nous en sommes. Je pense que les États-Unis sont les seuls à pouvoir régler ce problème, et nous avons besoin de vous », a déclaré Emmanuel Macron.
Paris maintient son refus de participer à la guerre
L’hypothèse d’un engagement français accru dans le détroit ne modifie pas la position de Paris sur le conflit. Emmanuel Macron a réitéré ses critiques à l’égard de la stratégie consistant à obtenir un changement de régime par la force militaire.
« Je ne pense pas qu’il soit envisageable de provoquer un changement de régime en bombardant un pays. Pour moi, ce n’est pas une bonne option, car cela ne fonctionne pas. Et nous avons commis cette erreur à plusieurs reprises au cours des dernières décennies », a-t-il affirmé à la télévision américaine.
Le chef de l’État a également défendu le choix français de rester à l’écart des hostilités : « Nous avons décidé de ne pas prendre part à cette guerre car nous estimions, et j’estime toujours, que ce n’était pas la bonne solution ».
Paris entend ainsi distinguer une contribution à la liberté de navigation d’une participation aux opérations contre l’Iran. Cette distinction constitue le cadre posé par le président français à toute implication supplémentaire des armées.
La liberté de navigation, une priorité défendue à l’ONU
Emmanuel Macron a également porté ce message devant l’Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre. À la tribune, il a présenté la réouverture du détroit d’Ormuz comme « une priorité » afin de « restaurer le droit de liberté ».
« Celle-ci ne doit pas être un outil de chantage, c’est un principe cardinal du droit international et il est dans l’intérêt de tous que les navires passent le détroit en toute sécurité et que l’approvisionnement énergétique soit assuré », a-t-il déclaré à propos de sa réouverture.
Au-delà du différend avec Téhéran, le président français place ainsi la sécurité des navires et la continuité de l’approvisionnement énergétique au centre des efforts diplomatiques. Reste à définir les conditions d’un accord et la forme que pourrait prendre la contribution française à sa mise en œuvre.
Questions fréquentes
La France va-t-elle intervenir militairement dans le detroit d'Ormuz ?
Macron s'est dit pret a s'impliquer davantage pour preserver certaines capacites assurant le transit, sans calendrier ni precisions sur les moyens, et sans rejoindre la guerre contre l'Iran.
Pourquoi le detroit d'Ormuz est-il un enjeu ?
Macron le presente comme une priorite pour restaurer la liberte de navigation, principe cardinal du droit international, et garantir la securite des navires et l'approvisionnement energetique.
Que demande Macron aux Etats-Unis ?
Selon lui, les Etats-Unis sont les seuls a pouvoir regler ce probleme. La reouverture du detroit etait au coeur de sa rencontre avec Donald Trump le 21 septembre a New York.
La France participe-t-elle a la guerre contre l'Iran ?
Non. Macron reaffirme le refus francais de prendre part aux hostilites et rejette l'idee d'un changement de regime par des bombardements.
