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À Djerba, le festival Kotouf fait entendre les voix plurielles des littératures du Sud

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Du 14 au 17 octobre, la deuxième édition du festival Kotouf réunit à Djerba écrivains, philosophes et cinéastes autour du thème « Littératures et indépendances ». Le Festival des Littératures du Sud entend faire dialoguer les récits du Maghreb, du monde arabe et de l'Afrique subsaharienne, sans détour par les capitales occidentales.

Faits clés
Édition du festival deuxième éditionFestival des Littératures du Sud, Kotouf
Ouverture des rencontres 15 octobrepoème d'Aboul Kacem Chebbi lu par un élève
Ateliers pour élèves dès le 14 octobreà Midoun, Houmt Souk et Ajim
Contes en mer 17 octobreactivité destinée aux 12-15 ans, à Midoun
Langues des échanges arabe, en français et en anglaisà Djerba

   Tout commencera par la voix d’un élève. Le 15 octobre, à Djerba, un poème d’Aboul Kacem Chebbi ouvrira les rencontres de Kotouf. Avant les conversations d’écrivains, les débats de philosophes et les signatures, cette place donnée à une voix jeune dit quelque chose du rendez-vous : la littérature s’y transmet autant qu’elle se discute.

Pour sa deuxième édition, le Festival des Littératures du Sud a choisi un thème qui laisse de l’espace à la pensée : « Littératures et indépendances ». Au pluriel. De quoi interroger les héritages, les ruptures, mais aussi la liberté de raconter depuis son propre lieu. La romancière tunisienne Amira Ghenim, l’écrivain palestinien Mouadh Jihed et le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne ouvriront cette conversation.

Le Sud prend la parole, sans détour

Dans « Kotouf », il y a l’idée de cueillir. Le mot arabe renvoie aux « cueillettes », aux « récoltes ». Le festival en fait une invitation à rassembler les récits du Maghreb, du monde arabe et de l’Afrique subsaharienne, puis à les laisser résonner les uns avec les autres.

L’intention est aussi de bousculer certaines habitudes : celles qui voudraient qu’un texte fasse le détour par une capitale occidentale pour trouver des lecteurs ou une reconnaissance.

« Les littératures du Maghreb, du monde arabe et de l’Afrique n’ont pas besoin de passer systématiquement par les grandes capitales occidentales pour dialoguer, circuler et être reconnues », écrivent les organisateurs dans leur communiqué.

À Djerba, les échanges se dérouleront en arabe, en français et en anglais. La poétesse et traductrice algérienne Lamis Saïdi et le cinéaste burkinabè Dani Kouyaté comptent parmi les invités de cette édition, où le roman côtoiera la philosophie, le cinéma et les arts du récit. Porté par Fatma Bouvet de la Maisonneuve, Mounira Dhaou et Sourour Barouni, Nadia Hathroubi Safsaf et Houda Haj Yedder, Kotouf entend faire de l’île un lieu durable de ces conversations.

À Djerba, le festival Kotouf fait entendre les voix plurielles des littératures du Sud

Que reste-t-il à écrire des indépendances ?

« Indépendance : rupture ou continuité ? » La question donnera son titre à un échange entre Moha Harmel et Lamis Saïdi, le 15 octobre. Elle pourrait aussi servir de fil à ces deux journées. Comment les récits portent-ils les héritages ? Quelle place laissent-ils aux voix qui arrivent après ? Le programme propose plusieurs chemins pour aborder ces interrogations, des rencontres en duo « Hikayet Kotouf » au dialogue intergénérationnel du lendemain.

Le 16 octobre, le cinéma prolongera les discussions avec la projection du film « Fanon », suivie d’un échange avec son réalisateur Abdennour Zahzah. Plus tard, Ghazi Ghérairi et Inès Senghor participeront à une rencontre intitulée « Comment le Sud écrit ses indépendances ». Dans les jardins, d’autres rendez-vous feront place à l’écriture des libertés et à l’oralité vivante.

Cette diversité de formes donne au programme son mouvement. Une idée peut se discuter dans une salle, se poursuivre dans un livre, puis trouver une autre cadence dans une voix ou une musique.

Des salles de classe aux contes en mer

Les premières pages s’écriront dès le 14 octobre. À Midoun, Houmt Souk et Ajim, des ateliers accueilleront les élèves autour de l’écriture en français et en arabe, du scénario de bande dessinée ou du son. À la bibliothèque publique de Houmt Souk, un atelier « Mots et Mets » proposera même de passer par l’écriture d’une recette.

Leurs travaux seront présentés le 16 octobre au matin. Ce temps de restitution donne une place concrète à la transmission : les enfants et les adolescents auront eux aussi quelque chose à faire entendre.

L’aventure se prolongera le 17 octobre, à Midoun, avec les « Marines de Kotouf – Contes en mer ». Chérif Alaoui et Nadia Hathroubi accompagneront cette activité destinée aux 12-15 ans, accessible sur inscription via la page Facebook du festival, dans la limite des places disponibles. Les histoires quitteront alors la terre ferme.

Quand les récits prennent le large à Djerba

Djerba sera davantage qu’un décor. Le festival souhaite faire découvrir une « terre de patrimoine, de mémoire, de transmission et de création », précisent les organisteurs. Cette ambition se lit dans le choix de faire sortir une partie des rencontres des salles.

Le 15 octobre, des lectures musicales sont prévues au coucher du soleil au fort Borj Ghazi Mustapha. La soirée se poursuivra au Caravansérail avec le stand-up de Mehdi Bachtarzi. Le lendemain, l’orchestre ElManar accompagnera un rendez-vous consacré aux danses et aux indépendances.

Du poème lu par un élève aux contes emportés en mer, Kotouf dessine ainsi un parcours à travers l’île. Une autre façon de la découvrir : en prêtant l’oreille aux histoires qui s’y rencontrent.

Questions fréquentes

Quand a lieu le festival Kotouf à Djerba ?

Les ateliers commencent dès le 14 octobre, les rencontres s'ouvrent le 15 octobre et l'activité « Contes en mer » se tient le 17 octobre à Midoun.

Quel est le thème de Kotouf 2025 ?

Pour sa deuxième édition, le Festival des Littératures du Sud a choisi le thème « Littératures et indépendances », au pluriel, pour interroger héritages, ruptures et liberté de raconter.

Qui sont les invités du festival Kotouf ?

Amira Ghenim, Joumana Haddad, Souleymane Bachir Diagne, Lamis Saïdi, Dani Kouyaté, Moha Harmel, Ghazi Ghérairi, Inès Senghor et le réalisateur Abdennour Zahzah figurent parmi les invités.

Que signifie le mot Kotouf ?

Le mot arabe « Kotouf » renvoie aux « cueillettes » et aux « récoltes », une invitation à rassembler les récits du Maghreb, du monde arabe et de l'Afrique subsaharienne.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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