Marine Le Pen fixe un objectif de 140 milliards d'euros nets d'économies en 2032 par rapport à 2026. La candidate du RN associe réduction des dépenses, au moins 30 milliards de baisses d'impôts et une règle d'or budgétaire soumise à référendum, visant un déficit sous 3 % en 2030.
| Objectif d'économies en 2032 | 140 milliards d'eurosnets, par rapport à 2026 |
|---|---|
| Économies annoncées précédemment | 125 milliards d'eurosà l'horizon 2030 |
| Économies issues des retraites | entre 15 et 20 milliardsà terme, corrections du système |
| Baisses d'impôts prévues | d'au moins 30 milliards d'euros netsdont 20 milliards sur les impôts de production |
| Objectif de déficit public | inférieur à 3%en 2030 ; moins de 2,5 % du PIB en 2032 |
Marine Le Pen place la réduction des dépenses publiques au cœur de son projet présidentiel. Lors de la présentation de ses orientations budgétaires, la cheffe de file du Rassemblement national (RN) a défendu une rupture avec la politique économique de l’exécutif. « Si les Français ne choisissent pas une rupture politique, la France court vers le défaut », a-t-elle mis en garde.
Dénonçant la « gabegie macroniste », elle entend associer économies budgétaires, allègements fiscaux et nouvelle règle d’encadrement du déficit. Une trajectoire dont plusieurs leviers, notamment en matière de retraites, doivent encore être précisés.
Un objectif porté à 140 milliards d’euros en 2032
Après avoir annoncé 125 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2030, Marine Le Pen fixe désormais un objectif de 140 milliards en 2032, par rapport au niveau de 2026.
« Compte-tenu de la hausse des taux et du budget indigent que proposent Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron, je vous annonce dès maintenant que nous portons l’ajustement nécessaire à 140 milliards d’euros nets d’économies en 2032 par rapport à 2026 », a-t-elle déclaré.
La candidate laisse toutefois ouverte la possibilité d’un effort supplémentaire. Elle dit espérer « ne pas être obligée d’augmenter encore ce seuil si une nouvelle dégradation de la situation devait survenir avant le 2 mai », échéance présidentielle qu’elle évoque dans son intervention.
Retraites : entre 15 et 20 milliards d’économies annoncées
Le dossier des retraites constitue l’un des volets encore à détailler. Favorable à un retour de l’âge de départ à 62 ans, voire à 60 ans, Marine Le Pen annonce de nouvelles propositions « dans les semaines à venir ».
Elle entend apporter des « corrections de mesures injustes ou inefficaces du système » actuel, « permettant de dégager entre 15 et 20 milliards d’économies à terme, afin de financer notre propre réforme et de baisser le déficit laissé par Emmanuel Macron ».
Ces économies auraient donc une double destination : financer le projet de réforme du RN et contribuer au redressement des comptes. Les mesures concernées et leur calendrier d’application ne sont pas précisés dans les annonces présentées.
Marine Le Pen souhaite également développer l’épargne retraite. Elle annonce « une grande réforme de la capitalisation individuelle et collective » et indique qu’elle « proposerait bientôt la création d’un véritable pilier de capitalisation ».
Au moins 30 milliards d’euros de baisses d’impôts
À cet effort sur les dépenses, le RN entend associer une réduction des impôts « d’au moins 30 milliards d’euros nets ». Les impôts de production concentreraient une part importante de ces allègements, avec une baisse annoncée de 20 milliards d’euros.
Marine Le Pen défend aussi « la baisse des impôts papier », qu’elle relie à « la fin du millefeuille administratif parallèle à la simplification normative ». Elle vise ainsi les contraintes administratives pesant sur l’activité économique.
L’articulation entre économies, financement de nouvelles mesures et baisses de prélèvements sera déterminante pour apprécier la portée de cette trajectoire budgétaire.
Un déficit inférieur à 3 % en 2030
Marine Le Pen promet un redressement rapide du solde public hors intérêts de la dette. « La politique que je mènerai rétablira un équilibre primaire en 18 mois puis atteindra un déficit public inférieur à 3% en 2030 », a-t-elle affirmé. L’équilibre primaire signifie que les recettes couvrent les dépenses publiques avant paiement de la charge d’intérêts.
À l’horizon 2032, elle vise un déficit inférieur à 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) et une dette publique ramenée à 112 % du PIB. Les niveaux de référence avancés dans sa présentation sont respectivement de 5,4 % et de 119 %.
Les dépenses publiques passeraient, selon son projet, « sous la barre des 50% du PIB », contre plus de 57 % actuellement dans les chiffres cités. Ces niveaux constituent des objectifs politiques, dont la réalisation dépendra notamment des mesures effectivement mises en œuvre et de l’évolution de l’économie.
Une règle d’or budgétaire soumise à référendum
Enfin, pour encadrer durablement les comptes publics, Marine Le Pen réaffirme sa volonté de soumettre une règle d’or budgétaire à référendum.
« Je propose aux Français de n’autoriser qu’un déficit public inférieur au seuil stabilisant de la dette française afin que notre pays se libère progressivement de ce poids mort », a-t-elle expliqué. Tant que la dette dépasserait 60 % du PIB, le plafond de déficit devrait se situer « au moins 0,5 point en dessous » de ce seuil de stabilisation.
Le dispositif reposerait ainsi sur un plafond lié au niveau de déficit permettant de stabiliser le ratio de dette publique, plutôt que sur une limite chiffrée immuable.
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