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Budget 2027 : Lecornu annonce 54 milliards d’euros d’effort pour viser 5 % de déficit

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   Le gouvernement précise les contours de son effort budgétaire. Dans un entretien au Figaro publié jeudi 17 septembre, Sébastien Lecornu annonce un ajustement d’« environ 54 milliards d’euros » pour 2027. L’objectif : contenir le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB), malgré une nouvelle hausse des dépenses de défense. 

Derrière ce montant, plusieurs mesures restent toutefois à arbitrer, notamment pour les retraites. Et les éléments présentés ne permettent pas encore de reconstituer l’intégralité des économies et des recettes attendues.

Un déficit attendu à 5,4 % en 2026

La trajectoire des comptes publics est revue. « En tenant compte d’un nouvel effort sur les dépenses militaires en 2027 que nous proposons, la cible de déficit atteint 5% pour 2027 », indique le Premier ministre au Figaro.

Le retour à 5 % initialement prévu dès cette année est, lui, abandonné. « Et la guerre en Iran et la sécheresse feront hélas que nous ne serons pas à 5% en 2026, comme cela était prévu par le budget voté. Nous poursuivons donc le serrage cette année pour bien rester en dessous des 5,5%. »

Bercy a précisé que le déficit visé pour 2026 s’établissait désormais à 5,4 % du PIB. Sur les 0,4 point de dérapage par rapport à la cible initiale, le ministère attribue 0,3 point aux chocs qui ont freiné la croissance et réduit les recettes publiques. Le dixième de point restant serait lié au retour de l’inflation et à la hausse des taux d’intérêt.

Les 54 milliards ne constituent pas une baisse des dépenses sur un an

Les 54 milliards d’euros annoncés ne correspondent pas à une diminution équivalente des dépenses publiques entre 2026 et 2027. L’effort est mesuré par rapport à leur évolution spontanée, en l’absence de mesures correctrices, et comprend également des recettes supplémentaires.

Selon les éléments présentés, les dépenses de la Sécurité sociale progresseraient ainsi de 22 milliards d’euros en 2027 sans intervention. La charge de la dette augmenterait de 10 milliards, tandis que les dépenses de fonctionnement des collectivités gagneraient 7 milliards.

« Si ce budget ne contenait aucune mesure d’économies, le déficit 2027 tutoierait les 6,5% du PIB », affirme Sébastien Lecornu dans son entretien. Le gouvernement entend donc freiner cette dynamique, tout en finançant certaines priorités.

Dépenses de l’État gelées, crédits militaires en hausse

Premier levier : un gel en valeur des dépenses de l’État, hors augmentation de la charge de la dette et du budget des Armées. Les montants concernés resteraient stables en euros courants, ce qui réduirait leur pouvoir d’achat en présence d’inflation. Les crédits militaires augmenteraient, eux, de 6,4 milliards d’euros.

Le point d’indice des fonctionnaires serait également gelé. Le Premier ministre chiffre à 2 milliards d’euros l’économie attendue et promet des discussions avec les syndicats pour protéger les agents publics les moins bien rémunérés.

L’effort ne serait pas réparti uniformément entre les ministères. La Justice, l’Intérieur, la Recherche et l’Écologie seraient préservés. Le ministère du Travail devrait, en revanche, dégager 2,5 milliards d’euros, notamment en réexaminant des dispositifs renforcés pendant la crise sanitaire et en ciblant davantage le compte personnel de formation (CPF). Les crédits des opérateurs et des agences de l’État seraient aussi réduits.

Arrêts maladie et ruptures conventionnelles mis à contribution

Dans la sphère sociale, le gouvernement prévoit environ 2 milliards d’euros d’économies sur les arrêts maladie. La réforme des ruptures conventionnelles devrait procurer 100 millions d’euros dès 2027, puis 800 millions en année pleine.

L’exécutif attend par ailleurs un milliard d’euros supplémentaire de la lutte contre les fraudes fiscale et sociale. Ces rendements annoncés devront encore se traduire dans les dispositions du projet de budget.

Sébastien Lecornu écarte cependant une « année blanche totale », qui gèlerait l’ensemble des prestations sociales. « Il est hors de question pour moi de geler les filets de protection des plus pauvres », assure le Premier ministre, en citant le minimum vieillesse, l’allocation aux adultes handicapés (AAH), le revenu de solidarité active (RSA) et les petites pensions.

Retraites : une contribution inférieure à 6 milliards d’euros

Les retraités seraient sollicités, mais leur contribution resterait « inférieure à 6 milliards d’euros », selon Sébastien Lecornu. Deux pistes demeurent à l’étude : une réduction de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions ou un gel partiel de leur revalorisation.

Un gel reste ainsi « possible » pour les pensions les plus élevées, comme pour les aides personnalisées au logement (APL). Les modalités et les seuils ne sont pas encore précisés.

« Aucune pension ne diminuera », s’engage le Premier ministre au Figaro. « Le débat sur le rythme d’augmentation sera tranché au Parlement. En attendant, je déplore que le débat public de ces derniers jours ait pu donner l’impression que les retraités seraient les seuls mis à contribution, c’est faux et injuste. »

Cet engagement sur le montant des pensions n’exclut donc pas une moindre revalorisation. En période d’inflation, un gel se traduirait par une perte de pouvoir d’achat pour les retraités concernés.

Impôts : le barème des ménages préservé, la surtaxe des entreprises allégée

Sur le terrain fiscal, Sébastien Lecornu promet de ne pas augmenter globalement les impôts. Il exclut notamment le gel du barème de l’impôt sur le revenu, qui aurait accru la pression fiscale sur les ménages dont les revenus suivent l’inflation.

Le rendement de la surtaxe d’impôt sur les sociétés acquittée par les grandes entreprises serait ramené de 7,5 à 5 milliards d’euros, après l’exonération des entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Le Premier ministre assure également que le pacte Dutreil, qui facilite la transmission des entreprises familiales, ne sera pas modifié. Il souhaite parallèlement favoriser les reprises d’entreprise par les salariés grâce au « pacte Papin ».

Une trajectoire budgétaire encore à documenter

Malgré ces annonces, le gouvernement n’a pas encore fourni de tableau permettant de reconstituer intégralement les 54 milliards d’euros d’effort. Les arbitrages sur les retraites et certaines prestations restent ouverts, tandis que les modalités des économies devront être détaillées.

Selon la trajectoire présentée, le déficit public atteindrait 4,8 % du PIB en 2027 hors nouvelle hausse des crédits militaires. L’effort supplémentaire consacré à la Défense porterait cette cible à 5 %, objectif autour duquel devra se construire le débat parlementaire.

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