17.9 C
Paris
mercredi, octobre 7, 2026
AccueilActualitéBoissons énergisantes : un rapport parlementaire préconise l’interdiction aux moins de 16...

Boissons énergisantes : un rapport parlementaire préconise l’interdiction aux moins de 16 ans

Date:

6 min de lecture

Un rapport parlementaire, porté par Sandrine Runel (PS) et Yannick Neuder (LR), préconise d'interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Les députés visent aussi les cocktails alcoolisés en canette via la taxation, les contrôles et la publicité, avec des amendes jusqu'à 50 000 euros.

Faits clés
Âge minimum proposé pour la vente 16 ansinterdiction de vente des boissons énergisantes aux mineurs de moins de 16 ans
Amende proposée en cas de vente à un mineur 50 000 eurosen s'inspirant du modèle allemand
Titre alcoométrique d'une canette de Vody 22 %renfermerait plus de quatre unités standard d'alcool
Seuil pour l'extension de la taxe prémix supérieur à 12 %boissons alcoolisées prêtes à boire concernées
Seuil pour message sanitaire obligatoire plus de 18 %sur tous les contenants de boissons alcooliques

    Les boissons énergisantes et les cocktails alcoolisés en canette sont dans le viseur des députés. La socialiste Sandrine Runel et Yannick Neuder, député Les Républicains, proposent de durcir les règles entourant ces produits, dont le marketing vise particulièrement les jeunes. Leur mission d’information fait l’objet d’un examen ce mercredi 7 octobre en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Au cœur de leurs recommandations figure une interdiction de vente des boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Les deux corapporteurs souhaitent aussi agir sur les contrôles, la taxation et la publicité des boissons alcoolisées prêtes à consommer. Ces propositions doivent encore trouver une traduction législative.

Des produits stimulants particulièrement présents auprès des jeunes

Popularisées notamment par Red Bull et Monster Energy, les boissons dites « énergisantes » revendiquent des propriétés stimulantes sur les plans physique et intellectuel. Cette appellation commerciale ne correspond toutefois pas à une définition réglementaire spécifique, comme le rappelle l’Assurance maladie.

Ces sodas contiennent, selon les formulations, de la caféine, de la taurine, du sucre, des vitamines ou des extraits de plantes. Ils se distinguent des boissons énergétiques destinées à accompagner l’effort sportif.

La mission parlementaire s’est également intéressée aux boissons alcoolisées prêtes à boire. Vendues notamment sous les marques Cody’s Drinks, Lavish, Damoiseau, Féfé ou Smirnoff, elles associent généralement un spiritueux à un soda, un jus de fruits ou, pour certaines, une boisson énergisante.

Sucre et caféine au centre des préoccupations sanitaires

Les corapporteurs alertent sur les risques liés à la composition de ces produits et à leur consommation répétée. « Outre les édulcorants, arômes ou autres substances, les boissons énergisantes contiennent une importante quantité de sucre, dont les effets sur la santé humaine ne sont plus à démontrer », écrivent Sandrine Runel et Yannick Neuder dans leur rapport.

Les substances excitantes constituent un autre point de vigilance. Les députés citent une étude allemande dans laquelle près de la moitié des adolescents suivis et consommateurs de ces boissons ont déclaré des effets indésirables : « des palpitations, des accélérations du rythme cardiaque, des troubles du sommeil, des maux de tête ou des sensations d’oppression dans la poitrine ».

Ces observations rejoignent les préoccupations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). L’organisme indique que la caféine peut avoir des effets indésirables à court terme sur le système nerveux central, notamment sur le sommeil, l’anxiété et le comportement.

Des cocktails en canette concentrant plusieurs verres d’alcool

Les boissons alcoolisées prêtes à boire suscitent une inquiétude particulière. Derrière un conditionnement individuel, certaines peuvent contenir l’équivalent de plusieurs verres d’alcool.

Les rapporteurs prennent l’exemple d’une canette de Vody titrant à 22 %, qui renfermerait « plus de quatre unités standard d’alcool ». Selon leur comparaison, « dans une seule canette de Vody se trouve autant d’alcool pur que dans quatre doses de vodka, quatre demis de bière blonde – soit un litre de bière – ou encore quatre verres de vin rouge standards à 12 % ».

À cette concentration s’ajoute, pour certaines formulations, l’association avec des substances stimulantes. « Les produits excitants, avec lesquels elles peuvent être associées, réduisent la perception d’ivresse », soulignent Sandrine Runel et Yannick Neuder.

Cette moindre perception peut favoriser une consommation excessive. Dans ses travaux sur les boissons énergisantes, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) indique que la caféine peut atténuer la sensation d’intoxication alcoolique sans corriger, ou seulement partiellement, les perturbations cognitives provoquées par l’alcool.

Une interdiction avant 16 ans et des sanctions renforcées

Pour réduire l’exposition des jeunes, les deux députés proposent d’« interdire la vente de boissons énergisantes aux mineurs de moins de 16 ans et, par voie de conséquence, la vente de boissons énergisantes dans des distributeurs automatiques ».

Concernant les produits alcoolisés, leur objectif est de « faire véritablement respecter l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs en renforçant les contrôles et la responsabilité des vendeurs ». Ils préconisent une amende pouvant atteindre 50 000 euros en cas de vente à un mineur, en s’inspirant du modèle allemand.

Les recommandations combinent ainsi une nouvelle restriction pour les boissons énergisantes et un renforcement de l’application des règles relatives à l’alcool.

Fiscalité et publicité également visées

Le volet fiscal repose sur un élargissement de la taxe dite « prémix ». Les corapporteurs souhaitent l’étendre à l’ensemble des boissons alcoolisées prêtes à boire concernées présentant un titre alcoométrique supérieur à 12 %.

Ils proposent également de rendre obligatoire un message indiquant que l’alcool est dangereux pour la santé sur tous les contenants de boissons alcooliques titrant plus de 18 %. Autre levier avancé : mettre fin à l’autorisation de publicité en ligne au bénéfice de ces boissons.

Plusieurs recommandations devraient être défendues par voie d’amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Sandrine Runel et Yannick Neuder comptent aussi déposer une proposition de loi spécifique pour limiter l’exposition des mineurs et des jeunes adultes à ces produits.

Questions fréquentes

À quel âge les boissons énergisantes seraient-elles interdites ?

Le rapport préconise d'interdire la vente de boissons énergisantes aux mineurs de moins de 16 ans, et par conséquent leur vente dans les distributeurs automatiques.

Quelle amende est proposée pour la vente d'alcool aux mineurs ?

Les députés préconisent une amende pouvant atteindre 50 000 euros en cas de vente à un mineur, en s'inspirant du modèle allemand.

Pourquoi les cocktails en canette inquiètent-ils ?

Certaines canettes peuvent contenir plusieurs verres d'alcool : une canette de Vody à 22 % renfermerait plus de quatre unités standard d'alcool, soit l'équivalent de quatre verres de vin.

Quelles mesures fiscales sont proposées ?

Les corapporteurs veulent étendre la taxe prémix aux boissons alcoolisées prêtes à boire titrant plus de 12 % et imposer un message sanitaire au-dessus de 18 %.

Retrouvez Echos Plus en priorité dans vos recherches Google.

Retrouvez cet article dans notre dossier : Déficit, dette et finances publiques

La Rédactionhttps://echosplus.com
La Rédaction d’Echos Plus propose une information indépendante, rigoureuse et accessible sur l’actualité économique, financière et géopolitique en France, au Maghreb, en Europe et à l’international. À travers des analyses, décryptages et mises en perspective, nous couvrons les grands enjeux qui transforment les économies et les sociétés : énergie, finance, entreprises, marchés, innovation et commerce international. Signés « La Rédaction », nos articles reflètent l’engagement d’Echos Plus en faveur d’un journalisme de qualité, au service de la compréhension des mutations du monde et du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

Les plus populaires