Le BHV Marais a annoncé le 27 octobre demander son placement en redressement judiciaire pour sécuriser son plan de relance et préserver l'activité et l'emploi. L'enseigne, qui emploie quelque 700 personnes, reste ouverte malgré un conflit immobilier avec Brookfield et des impayés fournisseurs.
| Effectif du BHV Marais | quelque 700 personneschiffres communiqués en septembre |
|---|---|
| Nouvelles marques prévues | 37 marquesplan de relance présenté en juillet |
| Ouverture du capital aux salariés | 40 % |
| Arriérés réclamés par Flowerret | 30 000 eurosspécialiste des fleurs séchées |
| Arriérés déclarés par Culture Vintage | plus de 50 000 euros |
Le BHV Marais devait célébrer ses 170 ans. C’est désormais son avenir qui se joue devant la justice. L’enseigne historique située face à l’Hôtel de Ville de Paris a annoncé, mardi 27 octobre, demander son placement en redressement judiciaire «pour sécuriser son plan de relance» et «préserver l’activité et l’emploi».
Son président, Karl-Stéphane Cottendin, présente cette démarche comme un moyen de poursuivre la réorganisation du magasin. L’établissement reste ouvert, a précisé la direction, alors que l’entreprise emploie quelque 700 personnes, selon les chiffres communiqués en septembre.
Un conflit avec Brookfield au cœur des difficultés de trésorerie
Le différend immobilier constitue l’un des principaux obstacles invoqués par la direction. Propriétaire des murs depuis janvier, Brookfield devait, selon le BHV, verser des indemnités en contrepartie de la restitution de plus de la moitié des surfaces du magasin.
Ces fonds devaient contribuer au financement de la relance, notamment au réassortiment des rayons et au réaménagement des espaces conservés. La direction affirme que leur absence a empêché le redémarrage prévu pendant l’été.
Brookfield conteste cette présentation. Le fonds canadien affirme ne devoir aucune somme à l’enseigne à ce stade : le versement des indemnités serait conditionné à une restitution conforme des locaux, impliquant des travaux à la charge du BHV. Selon le bailleur, ces obligations n’ont pas été remplies. Le désaccord porte donc autant sur le paiement que sur les conditions contractuelles permettant de le déclencher.
Un plan de relance fondé sur de nouvelles marques
Repris en juin par une nouvelle équipe dirigeante, le BHV Marais avait présenté en juillet un projet destiné à remettre le grand magasin sur pied, dans un périmètre commercial réduit.
Ce programme prévoyait l’arrivée de 37 marques, parmi lesquelles Ligne Roset, Cinna et Madura, ainsi que l’installation de Boulanger et de Rougier & Plé. La direction avait également annoncé l’ouverture de 40 % du capital aux salariés.
Autre décision emblématique : la fin du partenariat avec Shein. L’enseigne chinoise avait ouvert en novembre 2025 son premier magasin physique permanent au sein du BHV, suscitant une vive controverse. Ce changement devait accompagner le repositionnement commercial du grand magasin.
Des fournisseurs confrontés à l’accumulation des impayés
Les tensions financières étaient déjà apparues au grand jour avant la demande de redressement judiciaire. L’inspection du travail avait signalé à la justice une possible cessation de paiements, contestée par la direction.
Plusieurs fournisseurs avaient, de leur côté, dénoncé des retards de règlement. Flowerret, spécialiste des fleurs séchées, réclamait ainsi 30 000 euros.
«Les factures s’accumulent mois après mois, les impayés augmentent et on a aucune visibilité fiable sur des dates éventuelles de paiement», confiait en février à Franceinfo son cogérant, Vincent Morio.
La marque Culture Vintage faisait état de plus de 50 000 euros d’arriérés. Ces témoignages illustrent les difficultés de trésorerie auxquelles le plan de relance devait apporter une réponse.
Une étape judiciaire décisive pour l’avenir du magasin
La direction a demandé la protection du tribunal des activités économiques de Lyon. Une audience est parallèlement prévue le 30 octobre devant celui de Paris, sur saisine du procureur. La question de la juridiction compétente doit donc être clarifiée avant que la procédure ne puisse suivre son cours.
Pour le BHV Marais, l’enjeu est désormais de disposer d’un cadre permettant de traiter son passif tout en poursuivant son activité. La relance commerciale reste, elle, suspendue à la capacité de l’entreprise à financer ses approvisionnements, à réaménager ses espaces et à rétablir la confiance de ses fournisseurs.
Questions fréquentes
Pourquoi le BHV Marais demande un redressement judiciaire ?
La direction veut sécuriser son plan de relance et préserver l'activité et l'emploi, face à des difficultés de trésorerie liées notamment à un conflit immobilier avec Brookfield et à des impayés fournisseurs.
Le BHV Marais est-il toujours ouvert ?
Oui, l'établissement reste ouvert, a précisé la direction, alors que l'entreprise emploie quelque 700 personnes selon les chiffres communiqués en septembre.
Quel est le conflit entre le BHV et Brookfield ?
Brookfield, propriétaire des murs depuis janvier, devait verser des indemnités en contrepartie de la restitution de plus de la moitié des surfaces. Le fonds conteste devoir une somme, le versement étant conditionné à une restitution conforme des locaux.
Le BHV garde-t-il son partenariat avec Shein ?
Non, le plan de relance prévoit la fin du partenariat avec Shein, dont le premier magasin physique permanent avait ouvert en novembre 2025 au sein du BHV.
