- Deux semaines après le passage du cyclone Chido, François Bayrou est arrivé à Mayotte pour évaluer les dégâts et apporter des solutions.
- Une visite marquée par l’urgence humanitaire et les premiers pas vers une reconstruction d’une île meurtrie.
Le Premier ministre François Bayrou est arrivé ce lundi à Mayotte à 05h40 locales (03h40 heure de Paris) pour une visite cruciale. Deux semaines après le passage dévastateur du cyclone Chido, cette visite vise à répondre aux besoins immédiats des habitants et à poser les bases d’une reconstruction durable. « C’est tellement énorme, tellement grave, tellement déstabilisant, il y a tellement de problèmes à traiter en même temps, c’est un défi qui mérite d’être relevé », a déclaré le Premier ministre.
Accompagné de plusieurs ministres d’État, dont Elisabeth Borne (Education), Manuel Valls (Outre-mer), Valérie Létard (Logement), Yannick Neuder (Santé) et Thani Mohamed Soilihi (Francophonie et Partenariats internationaux), François Bayrou a pour mission de rassurer une population durement touchée. « Nous croyons qu’on est là précisément pour faire mentir la fatalité », a-t-il affirmé, en soulignant l’importance d’agir face aux conséquences du cyclone Chido.
Une priorité : les urgences humanitaires
Le cyclone Chido, le plus destructeur depuis 90 ans, a fait 39 morts et plus de 4 000 blessés. Bien que des rumeurs de milliers de morts aient circulé, François Bayrou a confirmé : « Les rumeurs de milliers de morts ne sont pas fondées. Quelques dizaines ou quelques centaines, c’est dans ces zones-là qu’on se trouve, disent les observateurs de terrain. »
Pour répondre aux besoins immédiats, 2,5 tonnes de matériel humanitaire ont été acheminées par avion. Ce lot comprend des pastilles de purification d’eau, du matériel médical et des équipements pour les patients sous dialyse. L’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux réseaux de communication reste une priorité pour les autorités.
La visite a commencé par une inspection de l’usine de dessalement de Petite Terre à 07h15 locales, suivie de celle du collège de Kaweni 2 à Mamoudzou et de l’hôpital de campagne installé après le cyclone. Plusieurs rencontres ont été organisées avec des acteurs économiques, des élus locaux et les forces de sécurité. La journée s’est également ponctuée par une cérémonie d’hommage au capitaine de gendarmerie Florian Monnier, décédé en intervention.
La crise humanitaire a également exacerbé les tensions sociales. Au micro de franceinfo Estelle Youssouffa, députée de Mayotte, a déclaré : « L’effort n’est pas à la hauteur des besoins et il est sous-dimensionné. » Elle a aussi souligné une montée des actes de pillage : « Les bandes de jeunes viennent maintenant dans les maisons et les établissements publics pour piller et prendre de quoi reconstruire les bidonvilles. »
De son côté, François Bayrou a promis de proposer des solutions concrètes tout en affirmant que l’objectif était de « faire mentir la fatalité ».
« Mayotte debout » : un plan pour l’avenir de l’île
Dans la soirée, le Premier ministre présentera le plan « Mayotte debout ». Ce programme, conçu en deux phases, prévoit des mesures rapides pour répondre aux besoins immédiats, suivies d’un plan à long terme pour transformer l’île. « Il ne s’agit pas seulement de reconstruire Mayotte comme elle était. Il s’agit de dessiner un avenir différent », a expliqué François Bayrou.
Manuel Valls, ministre des Outre-mer, a renchéri : « Nous avons deux ans pour reconstruire Mayotte, mieux et différemment.» Ce plan inclura la modernisation des infrastructures et des solutions durables aux problèmes chroniques, notamment en matière d’immigration et de sécurité.
Le Premier ministre poursuivra son déplacement à La Réunion, une base logistique essentielle pour l’aide à Mayotte, avant de regagner la métropole. Cette visite restera un moment marquant dans la gestion de l’après-cyclone Chido, et pourrait redéfinir l’avenir de Mayotte.
