- Le cyclone Chido a bouleversé Mayotte, laissant une population en détresse et des infrastructures en ruines.
- En visite sur l’archipel, François Bayrou a dévoilé un plan pour relancer l’île et redonner espoir à ses habitants
Le cyclone Chido a ravagé Mayotte, laissant des dégâts colossaux dans son sillage. Ce lundi, le Premier ministre François Bayrou s’est rendu sur place accompagné d’une importante délégation ministérielle pour présenter un plan ambitieux baptisé « Mayotte Debout ».
« Nous croyons qu’on est là précisément pour faire mentir la fatalité », a-t-il déclaré devant le Conseil départemental de l’archipel, ajoutant qu’il fallait « ne pas s’arrêter à ce qui paraît possible ».
Rétablissement des infrastructures essentielles
L’électricité sera rétablie dans chaque foyer d’ici fin janvier, selon le Premier ministre. « Un renfort de 200 agents et l’envoi de 200 groupes électrogènes, soit une dizaine par commune, permettront de faire fonctionner les équipements indispensables », a-t-il annoncé. En outre, vingt techniciens EDF interviendront sur les réseaux basse tension.
Concernant l’eau potable, le gouvernement prévoit un retour aux niveaux de production pré-cyclone d’ici la fin de la semaine, soit 38 000 m³ par jour. « Il y aura une intervention de l’armée pour aider à la remise en état du réseau de distribution », a précisé François Bayrou. L’objectif est d’atteindre une production de 40 000 m³ par jour d’ici le 30 juin 2025.
Pour assurer des communications d’urgence, 200 antennes Starlink seront installées. Le gouvernement investira également 50 millions d’euros sur deux ans pour le déploiement de la fibre optique.
Soutien au logement et à la reconstruction
En matière de logement, 140 tonnes de bâches seront fournies, couvrant une surface de 700 000 m². Des éléments de charpente et des matériaux pour les toitures seront acheminés en urgence. « Les prix de ces matériaux seront bloqués », a affirmé le Premier ministre. De plus, des prêts garantis par l’État seront disponibles pour financer les reconstructions. « L’État et les pouvoirs publics locaux s’accordent pour interdire et empêcher la reconstruction des bidonvilles », a-t-il martelé.

Priorité à l’éducation
La rentrée scolaire, initialement perturbée par les dégâts, se fera de manière adaptée à partir du 13 janvier. Une attention spéciale sera accordée aux élèves préparant des examens nationaux comme le baccalauréat ou le brevet. « Pour les familles qui le souhaiteront, une scolarisation temporaire dans l’Hexagone pourra être organisée », a-t-il précisé. « On l’a fait pour l’Ukraine, on peut le faire pour les enfants mahorais qui seraient en difficulté ».
Pour protéger les établissements scolaires des actes de vandalisme, un « plan vigilance » associant armée et gendarmerie sera déployé. « On ne peut pas laisser les écoles, les collèges et les lycées être chaque jour pillés ou pire encore, brûlés », a-t-il insisté.
Renforcement du système de santé et soutien à l’économie locale
La réserve sanitaire de Santé publique France sera mobilisée pour renforcer les hôpitaux locaux. Par ailleurs, l’hôpital de Mayotte sera parrainé par des centres hospitaliers métropolitains. Les patients pourront renouveler leurs traitements sans ordonnance. Enfin, l’aéroport Marcel-Henry rouvrira aux vols commerciaux le 1er janvier pour faciliter les rapatriements.
Les entreprises locales bénéficieront de la suspension des cotisations sociales jusqu’au 31 mars. Une aide financière d’urgence à hauteur de 20 % du chiffre d’affaires moyen, plafonnée à 20 000 euros, sera mise en place. Les allocations chômage seront prolongées jusqu’en mars 2025. « Un dispositif exceptionnel d’activité partielle sera instauré pour préserver l’emploi », a ajouté le Premier ministre.
Réactions mitigées
Les annonces du gouvernement ont suscité des réactions diverses. Fatihou Ibrahim, président du collectif des citoyens de Mayotte, a qualifié les mesures de « demi-teinte ». « Nous avons compris que ce sera Mayotte qui devra payer elle-même le prix de la reconstruction », a-t-il déploré, tout en saluant certaines avancées comme la suspension des cotisations sociales pour les entreprises.
Le sénateur Saïd Omar Ouali a également réagi positivement à l’idée de collaborer avec les élus locaux. « C’est nous qui connaissons les territoires, la population et les priorités », a-t-il rappelé. Toutefois, il a exprimé des doutes quant à la capacité des entreprises locales, « démolies » par le cyclone, à répondre aux besoins de reconstruction.
De son côté, Marine Le Pen a salué des mesures qui « vont incontestablement dans le bon sens ». Elle a toutefois appelé à une mise en œuvre rigoureuse pour éviter que « les espoirs des Mahorais ne soient trahis ».
